J'adore ce texte de Michel Marc Bouchard. Surtout pour le personnage d'Isabelle qui est perçue comme "mongole", alors qu'au fond, elle n'a juste pas eu droit à une éducation de qualité, surprotégée par sa soeur. Elle dit : "Quand on sait c'que les mots veulent dire, pis comment s'en servir, on est plusse libre (…)" . Cette phrase me parle beaucoup comme enseignante de français.
La pièce créée en 1988, est, à mon sens, une illustration de comment les gens étaient dans ce Québec en transition des années 60. À travers des personnages tantôt conservateurs tantôt avant-gardistes, le dramaturge met en scène le drame d’une famille marginale au Lac-St-Jean, métaphore d’un bras de fer entre un Québec religieux accroché au passé et un Québec transformé par la Révolution tranquille. On se rend compte que ce n'est pas toujours facile de changer... Bien que l’univers dramatique soit truffé de références culturelles propres au Québec, la pièce a une forte portée universelle. Je pense qu'encore en 2022, la pièce nous rappelle qu'il y a toujours un temps de transition avant qu'une idée, un nouveau paradigme rejoigne toute une population.