'La France des années 70 est un banquet gaulois où l'on boit et mange en parlant fort sous le regard magnanime de nos hommpolitiques punaisés au mur comme on place un patriarche en bout de table. Moi je suis à l'autre bout, disposé à imiter ce qui passe, à devenir un adulte comme ceux qui me nourrissent, me servent des grenadines, me reprennent si je jure, me déposent à l'école publique. Bientôt je prendrai leur place, puis celle du patriarche. Une vie se sera passée et dedans il y aura eu de la politique, dès le début et jusqu'à la fin. Elle ne s'est pas passée comme ça.'
Ni manuel de conduite, ni texte prosélyte, ni justification complaisante, ni examen de conscience, ni autoportrait générationnel, Deux singes ou ma vie politique emprunte à l'ensemble de ces registres, tout en les détournant de leurs lieux communs.
He was born in Luçon, Vendée and was first a member of the 1990s punk rock group Zabriskie Pont. After receiving his degree in Literature, he taught high school in Dreux and in an inner city middle school in Paris. He published his first novel, Jouer juste in 2003. In 2005, he published Dans la diagonale and Un démocrate, Mick Jagger 1960-1969, a fictionalized account of the life of Mick Jagger.
In 2006, his third novel entitled Entre les murs earned him the Prix France Culture/Télérama.
François Bégaudeau is a movie critic for the French version of Playboy, having previously worked for the Cahiers du cinéma. He also was a regular contributor for several French magazines, including Inculte, Transfuge and So Foot. Since September 2006, he is a columnist for La Matinale and Le Cercle on Canal+ television.
He worked on the screenplay of Entre les murs, a film based on his 2006 novel, in collaboration with Laurent Cantet. He also starred in the film, which received the Palme d'Or at the 2008 Cannes Film Festival, and an Academy Award nomination for Best Foreign Language Film in 2009 (though it lost to Japan's Departures). The English language version of Entre les murs was published in April 2009 by Seven Stories Press under the title The Class.
« L’hiver 2006 j’assiste impuissant à l’absorption sociétale du roman Entre les murs. A sa vampirisation politique. »
« Le terme populiste tombe à pic pour nommer/condamner la mauvaise part du vote populaire, la part fumeuse de la convocation du peuple dans les discours –flatter les bas instincts est l’expression disponible pour soutenir cette idée. »
« Chouchou croît à son discours officiel : je suis de gauche parce que je suis sensible, je suis d’extrême gauche parce que je suis extrêmement sensible (…) Je suis un grand cœur qui se blinde, un mélange inédit de bonté et de force. Je suis un peu l’homme idéal. »
« Je n’entrevois pas encore qu’une droite gaulliste cohabite mal avec une droite libérale, ou que sa branche souverainiste ne souhaite rien tant que la disparition de sa branche atlantiste. Je me contente de l’arsenal d’insultes de base : bourgeois, oppresseurs, nantis, bien-nés, capitalistes, sangsues, spoliateurs. »
« Ma sensibilité croissante aux minorités me rend-elle plus attentif à la revendication paritaire ? »
« Plus tard je prendrai en flagrant délit de machisme pas mal d’intellectuels radicaux, passés sans doute par des groupuscules d’extrême gauche où la version extrême d’une passion viriliste fabriquait de la domination masculine au kilo. L’extrême politique est tendue vers la réalisation d’un absolu moral qui pardonne par anticipation, au futur antérieur, tous les manquements à la morale."
Begaudeau prétend nous réunir autour du banquet français : bouffe, blagues, idées, bons mots et surtout Politique.
Mais à son banquet, peu d'invités. Le style exclus la plupart de ses lecteurs par sa densité et son manque de pédagogie revendiqué. Begaudeau est écrivain, artiste et ne cherche ni la clarté ni à expliquer. Tout ce qui est trop voyant, trop évident, trop expliqué "irrite" l'auteur.
Le style reste bluffant : le verbe est beau, la phrase parfaite. La complexité syntaxique s'aggrémente d'un recours fréquent au trivial. L'auteur satisfait de lui-même brise régulièrement par une fausse ironie ses raisonnements passées.
Le livre ne parle pas des idées politiques mais plutôt de comment on y adhère (la famille, la classe sociale, les amis proche, la proximité justement beaucoup plus que les grands événements), pourquoi on s'y investie (par gout de la confrontation, de la domination intellectuelle et rhétorique) comment on la vit (par les mots, les idées plus que par le corps, le vécu : de façon désincarnée). Le problème de Begaudeau c'est que cette thèse butte devant son parcours et son incapacité à décliner opérationnellement son positionnement à gauche : par exemple via son incapacité à aider les gilets jaunes qui lui demandent de l'aide.
On retrouve ici l'autre force de Begaudeau, partir du réel et du corps pour raconter les idées qui en découlent et sa faiblesse : on retrouve des phrases tirées d'une expérience unique écrites comme si elles avaient valeurs statistiques.
Un livre dont j'aurais apprécié les quelques stimulations intellectuelles que j'aurai été capable de distinguer mais dont la portée globale m'aura largement échappé. La lecture des critiques de lecteurs m'indique que je suis loin d'être le seul, le (relatif) succès public est donc surprenant.
Il y a quelque chose d'aburde et pathétique pour un lecteur semi-habile dans mon genre à lire ce type de livre dont je n'ai ni les armes intellectuelles ni le bagage culturel nécessaire pour le comprendre.
Deux singes permet d'apprécier la culture extensive, la capacité de mémorisation et les capacités analytique de l'auteur : sa vie, sa pensée parait tellement différente de la notre que je me suis peu identifié.
Au final un livre que j'ai globalement peu compris, dont la vie du narrateur ne m'a passionnée et à laquelle je ne me suis pas identifiée. Peu de plaisir dans cette lecture donc mais sauvé par quelques idées à recycler.
J’aime écouter Bégaudeau dans ses podcasts, conférences, interviews. Mais j’ai du mal à apprécier son écriture décousue. Le livre m’a malgré tout intéressé, et m’a donné envi de lire d’autres auteurs qu’il cite ici.