Julien Stifer est lieutenant à la SPCUM. Il y a deux ans, sa fille, Chloé, a mystérieusement disparu. Depuis, le lieutenant a remué ciel et terre pour la retrouver tout en redoutant, chaque fois que le service signalait la mort d’une adolescente, que ce ne soit sa fille. C’est encore l’angoisse du père qui étreint Stifer lorsqu’il se rend dans le quartier Côte-des-Neiges, où une adolescente et son amant, un petit trafiquant de drogues, ont été sauvagement assassinés. Sanguine avait seize ans à peine et Julien voit en elle Chloé, sa fille, qui a peut-être subi un sort analogue sans qu’il le sache. Stifer se lance à corps perdu dans l’enquête. Il privilégie d’abord la piste de la drogue, mais la découverte d’inquiétantes photos mettant en vedette Sanguine l’amène à croire qu’il fait fausse route, que les meurtres ont peut-être plus à voir avec certaines déviations sexuelles qu’avec un simple règlement de compte. Mais au fur et à mesure que le lieutenant Stifer découvre de nouveaux indices et qu’il s’approche de son but, son angoisse de père cède la place à l’horreur la plus abjecte, puis à une terrible rage…
3.5/5. J'avais lu ce roman lorsque j'étais adolescente, et j'en avais gardé un souvenir marquant. J'ai eu du plaisir à le revisiter maintenant; je me souvenais partiellement de l'intrigue, mais ça n'a rien enlevé à mon appréciation.
Globalement, c'est un bon polar. J'ai un faible pour les romans policiers où l'action se déroule avant l'ère des téléphones intelligents. Ici, on voit le lieutenant Stifer qui doit se connecter à Internet, qui fait des requêtes d'impression de documents; on mentionne des cassettes et un magnétoscope; on malmène les suspects pour leur arracher des informations pertinentes... Bref, ça diffère des romans policiers où l'enquête repose sur des technologies ultra-sophistiquées et ça apporte pour moi un charme indéniable.
Après, malgré l'intrigue qui est très sombre et très percutante, l'écriture manque de viande - c'est une écriture utilitaire et efficace, mais elle ne laisse pas suffisamment de place aux ambiances, aux ressentis.