De 66 à 44 avant J.-C., les crises à Rome se succèdent et s'aggravent jusqu'à embraser le monde méditerranéen tout entier. L'historien grec Appien d’Alexandrie se montre fasciné par le spectacle de ces passions politiques déchaînées, par cette scène perpétuellement changeante sur laquelle défilent des acteurs illustres et consommés, dans toutes sortes de rôles : César l’audacieux, Pompée le rusé, puis le désemparé, Cicéron le vaniteux, Clodius l’impétueux, Caton le vertueux, Antoine le débrouillard, Lépide le maladroit… Le destin se joue de tous les héros et leur réserve une grande diversité de fins tragiques auxquelles se mêlent des épisodes grotesques.
Le deuxième livre des guerres civiles romaines d'Appien décrit la période suivant la dictature de Sylla, dont on découvre qu'elle n'a pas entièrement réduit l'esprit séditieux des ambitieux, mais l'a au contraire enflammé. La conjuration de Catalina, par ailleurs largement décrite par Salluste, et dont les décisifs discours de Cicéron nous sont parvenus, sont évoqués, et replacés dans le contexte global de l'époque. Mais outre Cicéron, la figure qui se détache brusquement est celle de César, le célèbre général qui incarne plus qu'aucun autre l'archétype de l'ambitieux populiste. Moins que ses conquêtes, ce sont les événements qui suivent sa décision de tourner les armes contre sa patrie qui intéressent Appien, et la terrible guerre qui va l'opposer à Pompée. Les dés sont jetés. Les républicains, pressés par l'audace de César vont tout perdre en cédant à la précipitation, malgré une situation bien meilleure. Volant de part et d'autre de l'immense territoire qu'il a lui même augmenté, il met au pas un à uns les adversaires qui se dressent devant lui, faisant preuve d'une chance sans exemple. Veni vidi vici. Appien est un maître psychologue, il redonne vie à ces personnages hors du commun.