On aimera ou on détestera ce Chant pour enfants morts, dernier volet de la trilogie sinistre; de Patrick Brisebois, amorcée avec Que jeunesse trépasse et Trépanés. Car cet auteur peu connu ne connaît ni la tièdeur ni la pudeur et s'il écrit, c'est sans doute pour ne pas mourir. Isidore Malenfant est un mauvais garçon, un écrivain cynique et sans scrupules, qui passe sa vie à essayer d'écrire en se tuant doucement à coup de beuveries et de soirs de galère. Isidore Malenfant porte en lui une douleur immense qui l'envahit tout entier et qui se révèle peu à peu à la lecture alors que le récit s'emballe et la typographie aussi. Car Isidore Malenfant est un enfant qui a mal: sa petite soeur est morte. Depuis, sa mère fait pousser des choux pour y voir naître des bébés et les piscines de banlieue sont remplies du sang des enfants. Isidore Malenfant cherche le réconfort entre les cuisses des filles, mais la trahison triomphe toujours de ses amours avortées. "Deux, trois araignées tissant leur toile au plafond, deux romans, une quantité de poèmes et nous voilà rendu grand, homme, trente ans, vieux sans aucune passion, ne croyant plus à toi, aux autres, ne voulant plus rien voir, jours néfastes et plants morts, desséchés." Ce cri d'un jeune homme mal aimé qui a appris à survivre au milieu des trépassés et des fous est porté par une poésie noire et cruelle, une langue élégante où la mort, le sexe, la folie et le désespoir n'en résonnent que davantage. Pascale Millot
J'ai lu ce livre sans savoir qu'il était le dernier d'une trilogie.... Ouais... Cela explique peut-être la confusion que j'ai ressenti par moment, mais je ne crois pas que cela a brimé mon plaisir de lecture. Un roman moins abouti que Le modèle de Nice, normal il fut écrit avant, mais on y reconnaît tout de même le style de l'auteur et ce que semble être ses thèmes de prédilections, angoisse, mal de vivre, incompréhension, isolement. J'ai bien aimé, pas certain d'avoir tout compris, mais quand même! Un auteur qui me rejoint. Je relirai certainement!
J'ai vraiment l'impression de ne pas avoir tout compris... L'écriture est très portante, mais le récit manque-t-il de cohérence? Chose certaine, j'ai aimé mieux Trépanés, qui était moins décousu.
C'était bon mais c'était un peu confus. Satisfaisait malgré tout, mais j'aurais pris quelques chapitres de plus. Me rappelle un peu David Lynch pour la structure. Horreur très littéraire.