Depuis la Révolution française, la peine capitale a été l'objet de prises de position politiques très fortes. Lorsqu'en 1981, après de nombreux rebondissements, un projet de loi sur l'abolition de la peine de mort est enfin débattu devant l'Assemblée nationale, Robert Badinter, garde des Sceaux et orateur de talent, fait un discours qui marquera les annales de la Ve République. Le discours de Maurice Barrès, en 1908, vient rappeler combien le sujet fut polémique et anima les passions tant dans la population française qu'au sein des hémicycles.
Avocat, universitaire, essayiste et homme politique français, Robert Badinter s’inscrit au barreau de Paris en 1951, il débute sa carrière d’avocat comme collaborateur d’Henry Torrès. Il soutient une thèse sur les conflits de droit aux États-Unis et réussit l’agrégation de droit en 1965. Le procès le plus célèbre où il intervient est certainement celui de Patrick Henry, meurtrier d’un garçon de sept ans en 1976. Grâce à sa plaidoirie contre la peine de mort en 1977, il sauve la tête de Patrick Henry, ce dernier étant condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. C’est le commencement de la fin pour la peine capitale. Ancien président du Conseil constitutionnel, il est principalement connu pour son combat contre la perpétuité réelle et la peine de mort dont il obtient l’abolition en France le 30 septembre 1981 en tant que Garde des Sceaux, pour la dépénalisation des relations homosexuelles entre majeurs de moins de 21 ans, et surtout comme auteur du nouveau Code pénal.
Une lecture intéressante, surtout après avoir lu Le Dernier Jour d'un Condamné de Victor Hugo. J'ai apprécié m'attarder sur la rhétorique de chacun. Celle de Badinter me semble mieux travaillée, bien que certaines arguments m'ont paru un peu malhonnêtes. J'ai moins apprécié la rhétorique de Barrès, j'ai trouvé qu'il y avait de bons arguments, mais qui aurait souvent pu être mieux traités.
D’un côté nous avons une homme favorable à la peine de mort mais qui désire cependant la réformer. Tandis que le l’autre un homme qui prêt d’un demi-siècle plus tard va demander son abolition stricte. Deux discours prenant à lire absolument !
J'ai acheté ce livre lors de ma visite au Panthéon. J'ai trouvé ça enrichissant d'avoir accès à deux points de vue contrastants qui reflètent aussi les contextes historiques, et démontrent l'importance de ceux-ci dans la construction des opinions publiques.