J'étais devenu un fantôme. Une sorte de mort-vivant. J'ai trouvé un ultime sursaut d'énergie pour avaler une poignée de tranquillisants avec un fond de vodka. Je me suis assis dans mon fauteuil club et j'ai regardé une série sur HBO. Je me suis réveillé en pleine nuit. Non. Le cauchemar était bien réel. Joséphine n'était plus amoureuse de moi. Si l'amour est la plus forte, la plus dangereuse et la plus répandue des addictions, voici le roman de l'impossible désintoxication, le roman du chagrin d'amour.
Mon Nicolas l'intranquille, tu m'inquiètes. Tu es trop sensible (comme moi) et radical pour ne pas souffrir. Ça doit faire le treizième roman de toi que je range sur mon étagère après l'avoir dévoré, et je n'en ressors jamais indemne, pour plein de raisons égocentrées que je vais taire ici. Depuis toutes ces années, lectrice fidèle, je t'observe (avec inquiétude et un certain sentiment d'impuissance) te balancer avec plus ou moins d'équilibre au-dessus du vide, à me demander si tu as seulement envie de rejoindre la terre ferme. Prends soin de toi. Tes lecteurs égoïstes t'aiment et refusent de te perdre.