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Sous la tonnelle

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Pour garder vive la mémoire de sa grand-mère tout juste disparue, la narratrice se réfugie dans son boudoir, où se sont entassés au fil des ans lettres, dessins et carnets. Elle y retrouve la fantaisie, la liberté et la générosité de la vieille dame qui, pendant toute la guerre du Liban, a refusé, malgré les objurgations de sa famille, de quitter sa maison et son jardin, situés sur la ligne de démarcation entre Beyrouth Est et Beyrouth Ouest. Veuve à trente et un ans, cette encore jeune femme d’origine arménienne avait décidé de consacrer sa vie aux autres, après avoir juré fidélité à son défunt mari. Pour sa petite-fille, en instance de divorce, déchirée entre sa quête de liberté et son besoin d’amour, elle était un point d’ancrage et un modèle inatteignable.

Au fil du roman apparaît pourtant, derrière la figure idéalisée, une femme plus complexe et plus mystérieuse aussi. S’arrachant à son isolement, la narratrice finit par rejoindre dans le salon les visiteurs venus présenter leurs condoléances, ceux qu’elle appelle les « corbeaux ». Elle y croise un inconnu, dépité d’être arrivé trop tard pour remettre à l’occupante des lieux l’épais dossier qu’il lui destinait.

Pendant une longue conversation sous la tonnelle, la narratrice médusée va découvrir tout un pan caché de l’existence de sa lumineuse grand-mère. Car le visiteur que nul n’attendait n’est autre que le fils d’un homme épris d’absolu et d’archéologie, Youssef, que rencontra la jeune veuve lors d’une croisière en 1947.

Construisant son deuxième roman comme une invocation à cette grand-mère disparue, tissant la trame de son intrigue dans celle des déchirements de l’Histoire, Hyam Yared dresse là un très beau portrait de femme, hanté par ses propres obsessions sur la passion, le désir et la violence.

288 pages, Paperback

First published October 1, 2009

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About the author

Hyam Yared

17 books7 followers
Hyam Yared est née en 1975 à Beyrouth où elle vit avec ses trois filles.
Poète et nouvelliste, elle a publié trois recueils de poésie qui lui ont valu des prix et de nombreuses invitations dans des festivals de poésie, notamment au Canada, au Portugal, au Mexique et en Suède.

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23 reviews
April 19, 2020
Je saurais maintenant que répondre à la question « Quel est ton auteur préféré ». Ce livre est sublime du début à la fin. Si l’intrigue est très prenante, les personnages forts et bien développés, ce qui a retenu mon admiration est bien le style. Plein de malice et de jeux de mots, j’ai noté des pages entières de citations et autres idées. J’ai déjà envie de le relire tant il m’a plus. Une merveille.
Profile Image for olgamatylda.
26 reviews
October 17, 2026
Poszukiwania korpusu do doktoratu #2

La grand-mère : portrait

—> Veuve à l’âge de 30 ans, elle ne se remariera jamais, mais vivra une histoire d’amour
—> Femme érudite, elle lit de grands auteurs classiques, notamment Rilke, Pessoa et Éluard
—> D’origine arménienne, elle vit toujours au Liban. Sa famille a fui la Turquie pour échapper aux massacres des Arméniens
—> Elle refuse de quitter le Liban pendant la guerre civile
—> Femme mystique (p. 98)
—> Convaincue de l’importance de l’indépendance des femmes, elle ouvre une bouteille de champagne lorsque la narratrice lui annonce qu’elle va divorcer de son mari

Le récit : structure et procédés narratifs

—> Le récit commence par l’évocation des obsèques de la grand-mère, mais cette narration est rapidement interrompue par des souvenirs de la narratrice
—> Le récit se construit à partir de la relecture de lettres, de journaux intimes et de carnets de voyage, qui permettent de reconstituer progressivement la vie de la grand-mère
—> La narratrice, que l’on peut identifier à l’autrice, s’adresse directement à sa grand-mère, qui devient la destinataire du récit. L’emploi de la deuxième personne du singulier (« tu ») instaure une relation intime et personnelle avec la défunte
—> Une conversation « sous la tonnelle » entre la petite-fille et le fils du seul autre homme que la grand-mère ait aimé, en dehors de son mari, mort prématurément
Profile Image for Zeina.
41 reviews
December 1, 2020
Qu’est-ce qu’une femme libanaise d’aujourd’hui peut apprendre de sa grand-mère ? Elle est peut-être humble, élégante et amoureuse comme ses ancêtres .... révoltée par sa condition ...et pleine de gratitude envers les poètes !
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