Tout le monde connaît Pierre Falardeau ou, du moins, croit le connaître. Si l'on sait que le cinéaste a réalisé plusieurs films importants, trop peu de gens, par contre, ont pu lire le polémiste et l'auteur engagé. Dans ce recueil de textes, qui emprunte son titre à Ho Chi Minh et qui regroupe, pour l'essentiel, ses collaborations des dix dernières années au mensuel satirique Le Couac et à la revue Le Québécois, il fait partager au lecteur ses indignations et ses enthousiasmes, ses coups de gueule et ses coups de cœur. Pierre Falardeau se penche sur l'actualité politique et culturelle avec, pour boussole, sa conviction inébranlable de la nécessité de faire l'indépendance du Québec. Qu'il commente des livres qu'il aime ou qu'il n'aime pas, qu'il parle de cinéastes ou d'amis qu'il admire, il garde toujours le même ton inimitable, direct et informé, à mille lieues de la langue de bois. En ces temps où règne la rectitude politique, voici l'exemple revigorant d'un auteur qui ne met pas de gants blancs pour user de sa liberté d'expression.
Difficile de trouver une plume capable de mélanger les registres de langue de manière aussi efficace, intéressante et divertissante que Falardeau. Une lecture étonnamment rafraichissante, authentique, dans un monde où les influences d’information préfèrent malheureusement l’insignifiance branchée à la signifiance. L’article qui devait être éponyme, « Comment rester assis dans sa marde en se donnant bonne conscience à peu de frais et passer pour un intellectuel profond mais inoffensif », est particulièrement captivant et met bien la table au reste de l’ouvrage.