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La mise à nu

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"Je reste quelques minutes interdit devant l'entrée de l'immeuble. Je n'ai pas traversé un tel maelström d'émotions contradictoires depuis des années. Depuis la naissance de mes filles, peut-être. Je marche le long du trottoir. J'ai du mal à revenir au quotidien. Mais je ne pense pas que ce soit un mal. À l'intérieur, dans la cage thoracique, il y a un tambour comme j'en ai rarement connu. Cette impression de cheminer sur la corniche étroite d'une montagne. Et, curieusement, de ne pas avoir peur. Je sais que je vais dire oui."

208 pages, Pocket Book

First published January 4, 2018

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About the author

Jean-Philippe Blondel

45 books86 followers
Jean-Philippe Blondel was born in Troyes, France, in 1964. His mother was a schoolteacher and his father worked for the National Railways. Jean-Philippe still lives in Troyes today after attending university in Paris and travelling around the world, including South and Central America, Nepal, India, and most of Europe.

Writing has always been Jean-Philippe’s way of expressing himself. He started writing poems when he was seven, then moved on to short stories as a teen. He wrote his first novel when he was 19. One book that had a profound effect on him as a child was Alice in Wonderland: he tended to identify with the White Rabbit…

Jean-Philippe’s favorite subjects at school were languages: French, English, and Spanish. He remembers telling his parents, at the age of 12, that he wanted to be an English teacher, which he’s been for the last 20 years in a high school.

Since no one in his family was particularly interested in literature, Jean-Philippe often wonders how reading and writing took on so much importance in his life—and at such an early age. However, books became his life-support when, at the age of 17, he lost his mother and brother in a car crash, and his father in another crash four years later.

His novels—for adults, young adults, or teenagers—are always based on everyday life. He writes in the first person because he wants readers to identify closely with the narrator, whom he tries to portray as the person next door. His novella, A Place to Live (2010), takes place in a high school. It is a very special text for him and reading it aloud always evokes strong emotions. He dedicated it to a class which he taught for three years: he had so enjoyed watching his students grow up and evolve that he wanted to offer them something special when they graduated. He read it to them during their last period together, and even now, several years later, thinking about the moment moves him deeply.
Jean-Philippe writes with the earplugs of his MP3 player in. He carefully selects one song before writing, and it becomes the original soundtrack of the novel. He listens to it over and over, sometimes forgetting everything else, including where he is and what he’s doing there. It gives him the opportunity to live two lives at the same time—a fictitious one (because he so identifies with his narrators) and a real-life one. In the latter, he is married to a primary school teacher and has two daughters, aged 8 and 11. His favorite activities are teaching, writing, reading, and rock music. He is working on his eighth novel for adults, which also explores the boundaries between teenagers and “so-called” grown-ups.

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Profile Image for Henri-Charles Dahlem.
291 reviews14 followers
March 31, 2018
Le professeur modèle
Dans un livre qui fleure bon la nostalgie un professeur retrouve un ancien élève devenu peintre reconnu. Et accepte de poser pour lui.

Alternant entre livres pour la jeunesse et romans pour adultes, Jean-Philippe Blondel alterne les livres pour la jeunesse et les romans pour adultes. Après Un hiver à Paris (2014) et Mariages de saison (2016), il nous offre La mise à nu. On y retrouve l’élégance du style – une langue qui vous emporte dès les premières pages – et cette délicate exploration des souvenirs.
Le narrateur, Louis Claret, est comme l’auteur prof d’anglais dans un lycée de province, mais avec quelques années de plus. Proche de la retraite, désabusé et déçu par ses élèves, il vit désormais seul. Sa femme l’a quittée, ses filles ont grandi. « J’évolue dans une sorte d’ataraxie ponctuée de relations épisodiques. Je vis seul. Je n’en tire aucune fierté, mais je dois bien avouer que c’est bien plus supportable que je ne l’aurais cru. » Plus spectateur de sa vie qu’acteur, il peut se permettre une touche de cynisme ici et là, une remarque empreinte de tristesse.
Pourquoi a-t-il accepté de se rendre au vernissage de l’exposition d’art qui propose une rétrospective de l’œuvre d’Alexandre Laudin, l’un de ses anciens élèves ? L’ennui ? Toujours est-il qu’il se retrouve à promener son spleen en mangeant des petits-fours, car « que peuvent bien se confier un ancien élève et son ex-professeur, une fois émises les banalités d’usage sur leurs carrières respectives et sur l’eau qui, évidemment, a coulé sous les ponts et creusé des rigoles sur les visages? »
Louis va découvrir qu’il a bien davantage marqué son élève qu’il ne l’aurait cru. Il va accepte de le revoir, d’aller dîner avec lui et, à sa propre stupéfaction, de servir de modèle au peintre.
Prendre la pose, ne pas bouger pendant de longues minutes. Et avoir soudain comme une révélation: « Pour la première fois, j’ai besoin de mettre à distance ce qui vient de m’arriver. D’habitude, je me plante dans le sol, je baisse la tête, je tends la nuque, et je fais front. Mais là, dans l’atelier, c’était très différent. Il ne s’agissait pas de problèmes à résoudre ou de manques à pallier. Il y avait cette douceur, partout. Dans les images qui revenaient, comme ces troncs d’arbres enfouis depuis des années au fond des lochs qui, soudain libérés de leur pesanteur, remontent une dernière fois dans un tourbillon de bulles et viennent troubler la surface avant de se désagréger totalement. C’était très étrange. Je savais que j’étais chez Alexandre Laudin. Qu’il dessinait mon visage sous tous ses angles à grands coups de fusain. Que j’avais cinquante-huit ans. Que j’étais divorcé, père de deux filles adultes. Que j’enseignais l’anglais depuis plus de trente-cinq ans. »
Avec beaucoup de délicatesse, Jean-Philippe Blondel nous raconte la métamorphose qui s’opère alors. Quand la concentration, le regard de l’artiste, entraîne à chez son modèle une introspection tout aussi créative. Les souvenirs qui affluent, les images qui réapparaient vont le pousser à prendre la plume. Quand tout s’en va, il reste la culture, l’art et la littérature…
« Je recule ma chaise de quelques centimètres. Je me frotte les yeux. le suis épuisé, tout à coup. Je relis les lignes que je viens de tracer sur ce cahier de brouillon acheté à la va-vite en revenant de chez Alexandre. Je suis éberlué. Cela fait des années que je n’ai rien rédigé d’autre que des préparations de cours et des listes de tâches à effectuer. À l’adolescence, oui. Je me rappelle un ioumal intime qui n’a pas dû dépasser quelques mois et qui s’est perdu dans les déménagements. Deux ou trois nouvelles à l’inspiration vaguement fantastique au moment où je découvrais les dystopies célèbres. Un début de roman, dix ou vingt pages, et puis la certitude, rapidement, que l’histoire ne décollerait jamais et que ce n’était pas ma voie. »
Et tandis que Louis Claret prend la plume, la petite ville bruisse déjà de rumeurs qui vont finir par arriver aux oreilles de son ex-femme, curieuse de savoir quelle relation particulière entretiennent les deux hommes.
Avec la sensibilité qui le caractérise, Jean-Philippe Blondel détaille leur quête respective, ce souci de laisser une trace, par la peinture ou par les mots. Mais avec tout autant de doigté, il nous montre que l’addition de deux solitudes n’efface pas les angoisses et la tristesse. C’est beau comme ces paysages d’Écosse, comme ces routes parsemées de rocailles qui plongent vers la mer.
https://collectiondelivres.wordpress....
Profile Image for Katell BOUALI.
170 reviews2 followers
January 16, 2020
Je ne connaissais pas l'écriture de Jean-Philippe Blondel, auteur que je n'avais encore jamais lu.
Il y des déclencheurs tels un « café lecture » organisé par la médiathèque de ma ville qui nous mettent sur la voie d'une lecture improbable.
En attendant de lire le « dernier Blondel » dont la présentation avait aiguisé ma curiosité, j'ai retenu « La mise à nu ».
La quatrième de couverture m'a parlé, c 'était parti pour l'aventure littéraire.

Un professeur d'anglais vieillissant croise le chemin, lors du vernissage d'une exposition de peintures, d'un de ses anciens élèves, Alexandre Laudin. Ce dernier, reconnu internationalement, a invité son ancien prof et est heureux de le voir assister au vernissage.
Une visite plus tard à son atelier, Louis Claret se retrouve à accepter de devenir modèle du jeune artiste peintre.
Sa vie prendra alors une autre dimension : les souvenirs remontent, s'éclairent à l'aune de la maturité, des expériences et du seuil de la vieillesse.
On suit les rêveries du vieux prof, dont les pensées s'égarent avec délice dans les méandres du passé, heureux ou malheureux, lors des séances de pause, on les suit sur la pointe des pieds, on ne veut surtout pas déranger le déroulement de la pelote d'Ariane.
Une chanson de Charles Trénet s'invite et nous accompagne.... « Que reste-t-il de nos amours... ? » sous la lumière tamisée de la jeunesse enfuie à jamais ? Que nous laisse la vie quand on a parcouru les trois-quart du chemin ? De beaux souvenirs de voyage, de balade avec son meilleur ami, des enfants, des lectures, des musiques, des tabeaux admirés dans les musées... Ces petits riens qui nous fabriquent, patiemment, au cours de notre vie.
Jean-Philippe Blondel peint avec des mots délicats et parfois railleurs un portrait de ses personnages où la tendresse est toujours présente, rehaussée par le filigrane de la dérision, l'arme qui permet d'égratiner et de malmener les acteurs de l'histoire.
La nostalgie marche aux côtés du narrateur, elle fomente des guet-apens, ceux des bilans que l'on dresse, sans pour autant lui ôter le sourire de celui qui continue, vaille que vaille, sur le chemin qu'il se trace : le courage de regarder sans concession ce qui a été fait, vécu, raté ou réussi ; Louis Claret a la noblesse du bravache qui sait que les petits renoncements sont nécessaires pour avancer.
J'ai apprécié l'équivoque de la relation entre l'ancien élève et l'ancien prof : que se trame-t-il entre eux ? Attirance ? Répulsion ? Incompréhension ? Tendresse ? Bienveillance ? Certainement tout cela en même temps.
J'ai souri quand le narrateur ouvre un placard où sont entassés ses souvenirs, les babioles qui devaient marquer un moment particulier dont il ne souvient absolument plus... vanitas vanitatis, tout s'efface peu à peu pour laisser place aux vrais souvenirs, ceux que la chair de l'esprit a gravé dans une oubliette qui n'en est pas une, celle qui s'ouvre au moment le plus inattendu.
Les séances de pauses sont des portes que le narrateur ouvre sur son intimité... une mise à nu de l'âme sans fiel ni vulgarité, bien au contraire la poésie est présente à chaque instant.

La vie ordinaire dans toute sa délicatesse sous la finesse de la plume de Blondel... après cette lecture, la peur de vieillir ne devrait plus avoir court.

« ...Il va me fouiller, creuser, chercher ce qui s'est tapi sous les paillassons de ma mémoire et de mon corps. Il lâche un rire sec et ajoute qu'il y a de quoi prendre ses jambes à son cou quand on l'entend, alors qu'il souhaite tout le contraire. Mon immobilité, ma vérité. Dehors, une bourrasque plus forte que les autres. Les vitres tremblent. Son regard dévie quelques secondes et, quand il revient vers moi, il a perdu son éclat. A la place, de la douceur. Un océan de douceur.
« Je vous dessinais souvent, quand j'étais élèves. »
Il prend le fusain et le carnet sur le bar. Crissement léger du crayon sur le papier. Un frisson naît au bas de mon dos et remonte lentement jusqu'à ma nuque. Va-et-vient des yeux d'Alexandre de mon corps à ses doigts. Il s'absorbe dans sa tâche. Je prends une profonde inspiration. Je voudrais retrouver une sérénité. Je me perds dans la contemplation du mur, par-delà l'épaule d'Alexandre. Peu à peu les angles s'adoucissent. Devant mes yeux, de petits cercles lumineux. Des poussières phosphorescentes. Des couleurs naissent. Le mauve de la bruyère qui s'accroche aux roches. Le lichen qui envahit la pierre et la rend végétale. Au loin, la courbe d'un loch. Le vent siffle en longeant la carrosserie et s'engouffre par rafales dans l'habitacle. Le chuintement des pneus sur la route encore humide. L'averse est passée, rehaussant les teintes. C'est magnifique. J'en ai le souffle coupé. » (pages 68 et 69)
Profile Image for Mangeuse de Livres.
49 reviews
November 7, 2019
J’ai été charmée par ce livre. Pas tout de suite, avant la moitié du livre j’appréciais l’histoire, j’aimais bien les personnages mais sans plus, je ressentais la même chose pour l’écriture. Et à la moitié du livre à peu près, sans aucune raison apparente, sans que l’histoire ne prenne de tournant particulier, j’ai commencé à me délecter de ce livre et à beaucoup aimer Louis Claret en particulier, même s’il est difficile à cerner, en dépit de la narration faite de son point de vue et malgré les passages où il écrit dans son journal on n’arrive jamais trop à comprendre qui il est ou quel genre de personne il est. Notre quête est la même que celle d’Alexandre Laudin: découvrir la profondeur de ce personnage... Continuer de lire
Profile Image for Beatrice.
155 reviews
April 13, 2018
Un homme à la crise de la soixantaine essaie de trouver du sens à sa vie. Joliment écrit.
Profile Image for Ombeline.
497 reviews18 followers
October 6, 2018
J'aime énormément cet auteur. J'aime surtout l'ambiguité et le suggestif qui est présent dans chacun de ses romans.
2 reviews
January 1, 2026
Perturbant mais se lit assez facilement, ne m’a pas transcendé
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