De tous les actes inachevés, de tous les gestes que nous n'avons pas menés jusqu'au bout, de tout cet à peu près dont nous tissons nos jours et nos nuits, de toutes les rencontres avortées avec soi-même et les autres, naît un jour la crise. Une femme vit cette « nuit de l'âme » au coeur de l'hiver dans la solitude d'une maison retirée. Elle l'explore, la pénètre et la retient en des lignes brèves, justes, fatales qui touchent droit au coeur. Traversée du miroir, récit initiatique, Histoire d'âme évoque au plus profond et au plus simple le mystère, la difficulté et le bonheur d'être, avec des éclats de diamant noir.
Christiane Singer is a French writer, essayist and novelist.
Her father was of Hungarian Jewish descent and her mother was half Russian and half Czech. Because of the persecution of the Jews, her parents fled Hungary, then Austria, and settled in France, in Paris, in 1935.
She was a high school student at the conservatory of diction and drama in Marseille, then studied literature at Aix-en-Provence (1961-1968), where she obtained a doctorate in Modern Literature.
Encore une merveilleuse lecture, je suis décidément touchée par l’écriture de Christiane Singer. Dans ce roman initiatique, nous suivons Liliane dans sa « nuit noire de l’âme ». Après avoir tout perdu, et puis tout lâché, elle regagne finalement tout, enfin peu, mais l’essentiel : elle-même. J’ai l’impression, au travers de ce livre, de revoir toute la philosophie de Christiane Singer mais sous la forme d’un roman, narrée. Un petit bijou !
« Ne te préoccupe que du pied que tu es en train de poser ! »P.65 « Tout, sur terre, est porté par nos visions. Toute guerre a son début dans les yeux d’un vivant. Le premier tir d’artillerie ne crépite pas aux frontières d’un pays, mais dans une conscience d’homme. Et chaque paix sur terre commence par se poser dans une main ouverte."93
J’ai beaucoup aimé ce petit livre que je décrirai comme un “ journal de dépression”. On suit les errances mentales puis physique de la narratrice jusqu’à sa renaissance. C’est très introspectif; ce qui est habituellement pour moi en tant que lectrice une source assez rapide d’ennui mais ici le format (150 pages d’une typographie large) est idéal. J’ai corné beaucoup de pages, l’écriture de Christiane Singer est magnifique.
“Nuit de mensonge - nuit du ventre - nuit des ongles - nuit des reins - nuit du sang. Nuit. Nuit. J'ai menti - j'ai nui. J'ai nui au ventre. Nuit au cœur - mensonge d'une nuit d'automne - nuit mensongère. Tous ces êtres autour de moi qui applaudissaient à mes feintes, à mes roueries, à mon savoir-faire, à ma virtuosité. Et personne au monde pour me dire le prix des demi-mensonges, des demi-vérités! Je n'ai su que plaire, plaire, plaire. Tous ces hommes qui ne voyaient en moi qu'une patère docile où accrocher leurs rêves! Tous ces êtres réduits à l'état d'allumette qu'il faut frotter pour en faire jaillir une flamme - frotter à n'importe quoi: une mode, une idée, une peau de femme - comme je vous hais! Comme je me hais! J'ai nommé plaisir ces ténèbres. Chaque fois que j'ai ouvert mes jambes, j'ai enfanté pour l'ombre. Je les vois maintenant, alignés en moi, ces fœtus morts - comme des miches de pain sur l'étagère du boulanger. On n'ouvre pas ses jambes impunément, Liliane B. Chaque tir met dans le mille. Chaque tir fait mouche. Te voilà le vaste hangar où sont stockés leurs mauvais rêves. Il n'est rien sur terre qui ne porte à conséquence.”
A beautifully written, awe inspiring book... Singer plunges her readers into the life of its doubting, searching protagonist. It's the journey rather than the conclusion that makes the novel. I'm not sure if an english translation exists of the text so for those seeking inspiration, the following are personal translations of lines worth contemplating.
But where go the tears we haven't cause to shed disappear to? You are not who you believe yourself to be. Of all that was familiar to me, nothing was substantial. I believed I was sad. I could believe that I gave it my all, that I was whole, believed myself enraged...only, there it was, I was a cork. I floated, unthinking, on the surface of things. I sailed life without a shipwreck... I've only ever loved the love that came my way. Real life has yet to begin, I've yet to see the signal. Nothing has ever really seemed worthy of my complete absorption Nearly. Nearly is how I've lived my life. I missed forgetting. I missed loving. I missed being. It's long, an entire life! And so, you are no one but there, in effect, you are. Everything was a lie. I've lied about everything in such a various ways. Singular distress. The only thing in the world you've ever truly owned...
Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre-là. Je pense qu’il faut être dans un état d’esprit particulier pour l’apprécier. C’est littéralement une « histoire d’âme » et il faut s'intéresser et se laisser aller à suivre ses méandres et exaltations parfois déroutantes.
Je voudrais me saouler de toi Christiane mais je mets du temps à te digérer l'immensité alors j'attends toujours j'attends je sens que de toute manière ça fait partie.