Au centre de ce que nous appelons couramment " stoïcisme ", il y a une " fermeté d'âme " qui a son fondement théorique dans le système des stoïciens de l'Antiquité. En effet, la doctrine de l'âme n'est pas seulement une des plus originales du stoïcisme. C'est aussi un thème central, qui se rattache aux trois parties de la philosophie stoïcienne : la physique, par le biais de la physiologie de l'âme, la logique par la théorie épistémologique de la représentation et de la raison, l'éthique par la théorie des impulsions et des passions. Or, chacune de ces parties doctrinales a aussi une fonction pratique. Il n'y a guère de " commandements " dans le stoïcisme, mais qu'une maîtrise rationnelle de soi qui suppose une connaissance des processus psychiques. Analyser la façon dont les stoïciens comprenaient ces processus permet de saisir comment ils pensaient pouvoir donner à l'homme les moyens de cette sérénité devant les passions, la souffrance et la mort qui caractérise leur philosophie. Paradoxalement, c'est dans le cadre d'une soumission à l'ordre de l'univers qu'ils ont ébauché l'une des premières théories de la volonté et du libre arbitre. Qu'est-ce qu'une représentation ? une passion ? la raison ? On découvrira l'originalité des réponses des stoïciens à ces questions dans cette présentation synthétique de leur doctrine.
Jean-Baptiste Gourinat est chercheur au CNRS, où il est le directeur-adjoint du Centre de recherches sur la pensée antique (Université de Paris-IV et Ecole normale supérieure). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le stoïcisme.