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Hotel Saint Georges

Jean est ebeniste. Appele en Algerie, il est charge de fabriquer les cercueils pour les soldats tombes pour la France. Apres sa mort, quelques annees plus tard, sa fille, Jeanne, curieuse d'en savoir plus sur ce pere secret et blesse, part sur ses traces. Avec Rac, qui lui sert de guide, elle ira a la rencontre d une Algerie magnifique et tourmentee. Roman polyphonique, Hotel Saint-Georges est un texte de bruit et de fureur, de tendresse et de compassion. Rachid Boudjedra continue d'explorer les mysteres, les souffrances, parfois aussi les eclats de splendeur, d'un passe qui ne passe pas."C est une seule et meme douleur qui s eleve de ce roman celle d hommes et de femmes ballottes par les flux et reflux de l Histoire." Christine Rousseau, Le Monde des livres."

Paperback

First published February 2, 2011

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About the author

Rachid Boudjedra

57 books82 followers
Rashid Boudjedra, رشيد بوجدرة, (born September 5, 1941, Aïn Beïda, Algeria) prolific and revolutionary Algerian writer whose first novel, La Répudiation (1969; The Repudiation), gained notoriety because of its explicit language and frontal assault on Muslim traditionalism in contemporary Algeria. Because of that work, Boudjedra was hailed as the leader of a new movement of experimental fiction.

Boudjedra was given a traditional Muslim upbringing in Algeria and Tunisia, then continued his education in Spain, Algeria, and Paris, where he obtained a degree in philosophy at the Sorbonne. He later taught philosophy in Paris and at Rabat, Morocco, before returning to Algeria and working for the Algerian Bureau of Cinematography.

La Répudiation drew upon Boudjedra’s difficult youth. Conventional values and the smug complacency of the established powers in newly independent Algeria were rejected by Boudjedra, whose unorthodox sexual fury and lyrical savagery defied traditional morality. Boudjedra’s next novel, L’Insolation (1972; “Sunstroke”), evoked experimental states of mind, confounding dream with reality. His later works employed different styles. Topographie idéale pour une agression caractérisée (1975; “Ideal Topography for a Specific Aggression”) took as its protagonist an illiterate Berber peasant drawn to the city by the prospect of work; lost in the capital’s subway, he is bombarded by a host of bewildering scenes and events. In L’Escargot entêté (1977; The Obstinate Snail), a petty bureaucrat exposes his mediocre life and values, symbolizing the incompleteness of the Algerian revolution. With Les 1001 Années de la nostalgie (1979; “1,001 Years of Nostalgia”), Boudjedra created a satire of an imaginary Saharan village confronted with what he viewed as the newest symbol of contemporary cultural imperialism, an American film company. After writing his first several novels in French, Boudjedra switched to Arabic, often translating his own work into French. He returned to writing in French in the 1990s. His later works include Le Démantèlement (1982; “The Dismantling”); Greffe (1984; “Graft”), a collection of poems; Le Désordre des choses (1991; “The Disorder of Things”); Les Figuiers de barbarie (2010; The Barbary Figs); and Printemps (2014; “Spring”).

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Profile Image for adicie ☁️.
137 reviews2 followers
August 7, 2023
Je suis ravie d’avoir donné une chance à ce livre qui traînait dans ma cave depuis plusieurs années, car j’ai pu découvrir une histoire vraie et un auteur d’exception. Je recommande ce roman à toutes les personnes qui s’intéressent à l’histoire de l’Algérie, ou plus généralement aux personnes qui s’intéressent à ce qui se passe pendant et après une guerre du point de vue des populations directement touchées par un conflit et qui doivent apprendre à se construire une identité après un tel événement.

L’histoire débute lorsque Jeanne reçoit plusieurs lettres de son défunt père dans lesquelles il lui demande de se rendre en Algérie pour y répandre ses cendres. Jean, le père de Jeanne, a un lien spécial avec ce pays, puisqu’il a dû s’y rendre pour confectionner des cercueils en tant qu’ébéniste. Il en est revenu blessé et renfermé sur lui-même. Ce qui est bien normal, avec le recul, quand on pense qu’on a utilisé sa passion au profit d’une guerre d’une cruauté sans pareille. Pour répondre au dernier vœu de son père, Jeanne se rend en Algérie en prenant Rac comme guide et y découvre un pays magnifique et tourmenté.

L’auteur a su écrire tout ce que les personnes qui habitent ou qui ont habité en Algérie ressentent par rapport à l’histoire de ce pays. Que ces personnes soient algériennes ou françaises, qu’elles aient vécue la guerre d’Algérie ou non, l’auteur a réussi à montrer en quoi l’histoire de ce pays a eu et a toujours un impact sur ces personnes. Je ne me suis jamais sentie autant comprise en lisant un livre.

Dans ce roman, dans lequel nous suivons le point de vue de douze personnages tourmentés à leur manière, les passages qui adoptent le point de vue de Kader, le seul harki de l’histoire, sont particulièrement difficiles à lire, car nous pouvons y découvrir des scènes de tortures détaillées. Ces passages sont difficiles à lire, mais ils permettent de se rendre compte de la cruauté de cette guerre. Kader est un personnage tellement complexe, tous ses actes devraient nous amener, en tant que lecteur, à ressentir une aversion pour lui, mais en réalité ils nous font ressentir de la pitié. Kader est une victime de cette guerre au même titre que le sont les personnes qu’il a torturé.

Les personnages de Sidi Mohammed et de Hamid me touchent particulièrement. Sidi Mohammed mène sa vie avec un réel détachement. Cette manière de vivre me fait penser à la mienne d’une certaine façon. La plupart de ses réflexions me parlent également, ce personnage est plein de sagesse. De même, les prises de décision de Hamid sont pleines de bienveillance, il traite sa famille avec un respect sans égal.

Le personnage de Mic me touche également, mais d’une toute autre manière. Cette femme qui a dédié sa vie à l’Algérie alors qu’elle n’a aucune réelle attache pour ce pays montre l’impact que ce dernier peut avoir sur les personnes qui n’y sont pas nées, sur les personnes comme moi finalement.

Sans surprise, les passages que j’ai décidé de retenir adoptent leur point de vue :

« Ce pays a une histoire terrible. Toujours envahi. Toujours pillé. Toujours colonisé. Mais résistant toujours, contre vents et marée. Contre hordes et invasions. En fait, l’Algérie me touchait. M’émouvait. Et puis je pensais moi aussi qu’un pays qui n'a pas de malheurs est un peu malheureux, ennuyeux et fade… C’est de Sidi Mohammed, ça… J’en pleure des fois quand j’y pense. Dans ce pays, j’ai passé toute une vie. Toute ma vie. » p.98

« En apprenant le chinois, je sus qu’il en allait de même pour toutes les langues du monde. Parce que tous les pays ont été à un niveau ou un autre des dominateurs ou des dominés ou les deux à la fois. Comme ce fut le cas pour l’Algérie. J’ai compris aussi que la barbarie est le véritable patrimoine commun de l’Humanité. J’avais fini par comprendre que le propre de l’homme, c’est la cruauté. » p.221

« J’avais partagé mon héritage en trois parties égales. Une pour mon épouse. L’autre pour Kamel. La troisième pour Leïla. Je ne voulais pas partager cet héritage à la façon de la jurisprudence musulmane qui lésait d’une façon criante les femmes. J’ai toujours été un bon croyant, au plus profond de moi-même. Mais je ne croyais pas aux dogmes ni aux pratiques religieuses. Ma façon de respecter Dieu consistait à être honnête. À gagner ma vie en trimant comme un pauvre esclave. » p.244
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