Présenter une recueil d’aphorismes, de notes, de réflexions ― le genre de choses que Georges Perros rangeait dans ses Papiers collés ― n’est pas un exercice facile. Peut-être mieux vaut-il tout simplement donner quelques extraits : Le drame des types comme moi qui ne veulent pour rien au monde être pris au sérieux, est, justement, qu’on exauce leur vœu. J’aime tellement m’écouter parler, que je rêve de ventriloquer mes contemporains, mes interlocuteurs, mes proches, comme les romanciers ou les dialoguistes le font avec leurs personnages ou leurs interprètes. Le bonheur d’entendre de la bouche des autres, en polyphonie, une pensée unique, la mienne. Tout peuple cherche un guide pour l’égarer dans le sens de l’Histoire. Je ne pardonne qu’après m’être vengé.
Frédéric Schiffter est un philosophe, écrivain et essayiste.
Il revient en France, après la mort de son père, alors qu'il est âgé de dix ans. Il a enseigné la philosophie dans plusieurs lycées du Pays basque dont au Lycée Cantau d'Anglet.
Philosophe et romancier, nourri par Montaigne, les moralistes, Schopenhauer ou encore Cioran, il développe un scepticisme alerte et raffiné, accordant une grande importance au style.
Il a collaboré à des publications éphémères - L’Imbécile dirigée par Frédéric Pajak - et participe ponctuellement aux dossiers et aux numéros hors-série de Philosophie Magazine.
Frédéric Schiffter a obtenu en 2010 le Prix Décembre pour son essai Philosophie sentimentale (Flammarion) et, en 2016, le Prix Rive Gauche pour un récit autobiographique : On ne meurt pas de chagrin (Flammarion).