Les cendres du père ont été mises en terre. Son nom, gravé sur le tombeau familial. La promesse oratoire des chants démodés se fracasse contre le seuil d’une chambre aux soins palliatifs et d’une maison vidée.
Titubant entre les boulevards de la Capitale du développement et les rues montréalaises, une poète désaffectée écume les nuits restantes, articule une reconstitution séquestrée. Dépossédée d’entre-deux siècles, expulsée hors des lieux de l’enfance, elle vocalise la mémoire érodée d’une figure disparue, grugée par l’alcoolisme héréditaire et le jusqu’au-boutisme de l’abus.
Descendus d’une lignée d’habitants, issus d’une délocalisation documentée, les poèmes de Domaine du Repos se décomposent lentement, à l’aune des compulsions du productivisme bienfaisant et de l’aseptisation de l’ère numérique. L’archivage est peut-être un échec fertile.
J’ai lu ce livre pour deux raisons. D’abord, parce qu’un extrait m’avait accrochée dans un cours universitaire de deuxième cycle en 2023. Une éditrice du Noroît était venue faire une conférence sur son travail et avait apporté quelques-unes de ses publications. L’une d’elles était ce livre : Domaine du repos. En le feuilletant, je suis tombée en amour avec la citation suivante, qui m’a chavirée :
« Demain est un projet à long terme / quand on sait ce que vivre / contient d’arrachement » (Riendeau, 2022, p. 89).
Ensuite, j’ai temporairement oublié l’existence de ce livre et j’ai redécouvert Emmanuelle Riendeau par moi-même en 2025, en lisant son texte dans le collectif Nos hontes vous reviendront armées (Hamac, 2022). J’ai adoré son récit et son écriture, donc je me suis mise en quête de lire tout ce que je pouvais d’elle, y compris son autre nouvelle dans Corps (Triptyque, 2018).
Malheureusement, ce recueuil de poèmes n’était pas pour moi. Il ne me rejoint pas, sauf pour ladite citation plus haut et la suivante : « j’ai toujours été celle / qui fermait les lumières // encore un dernier effort avant le tombeau » (Riendeau, 2022, p. 118). Cela ne me décourage pas de continuer ma quête de lecture de Riendeau. Il me reste à lire Désinhibée et ses courts écrits dans les revues Spirale, Estuaire, Affixe, Filles Missiles et Tristesse, mais je me demande s’il y a plus. Existe-t-il, ailleurs que sur Goodreads et Leslibraires, une bibliographie complète de l’auteure? Peut-être existe-t-il des textes que j’ai manqués. Ne vous gênez pas de commenter cette « critique » pour m’informer de vos découvertes.
Un recueil de poésie très poignant ! Même si mon parcours diverge en plusieurs points de celui de l'autrice, il y a plusieurs réflexions à propos du deuil qui sont venues me rejoindre. Il y a aussi plusieurs petites *perles* de poésie, et le filon est généralement bien construit pour qu'on suive la narratrice des poèmes à travers une certaine évolution tout au long du livre - j'aurais peut-être retighté en coupant à certains endroits, mais c'est minime :)
À certains moments, j'ai eu l'impression qu'on flirtait avec le cliché de l'artiste souffrante aux comportements autodestructeurs. Mais en même temps, ça semble faire partie de la réalité de l'autrice et c'est juste normal que ça soit amplifié par le deuil - ça ne m'a pas empêchée d'apprécier le recueil dans son ensemble !
Trop d’abstraction me fait décrocher. J’ai beau essayer, cette poésie cryptique me laisse de glace. Je serais pourtant curieux de lire la matière de ce livre en prose.
Lu en numérique. Les pages du livre en papier doivent sentir mauvais.
Peut-être aussi que c’est trop sombre pour ces premiers soleils francs du printemps…
« les lieux qui nous ont vues grandir ne nous reconnaissent plus brailler appartient à celles qui se rappellent encore l'origine de leurs sanglots » ❤️