Pour beaucoup aujourd'hui, les dépenses de l'État-providence (retraites, assurance-maladie...) sont un coût qu'il s'agit sinon de réduire, en tout cas de contenir. Et si elles devenaient un investissement ? Un investissement dans l'avenir, non seulement pour protéger les individus contre les aléas de la vie, mais pour les aider à rester maîtres de leur destin tout en répondant aux défis économiques de demain ? C'est à cette révolution sociale et politique que nous invite le grand sociologue Gøsta Esping-Andersen.
Gøsta Esping-Andersen est sociologue, spécialiste de l'État-Providence. Il est actuellement Professeur à l'université Pompeu Fabra de Barcelone. Il a notamment publié Les Trois Mondes de l'État-Providence (PUF, 2007) qui s'est imposé comme une référence internationale.
Bruno Palier, chercheur du CNRS et enseignant à Sciences-Po Paris, est spécialiste des réformes des systèmes de protection sociale en Europe. Il présente ces " Trois leçons ".
Je ne me rappelle plus vraiment du livre en détail, mais voici ce que j'en avais noté dans une fiche de lecture en 2017 :
A l'heure où l’État-providence est remis en doute, du fait de ses dépenses publiques, notamment à cause du vieillissement de la population, qui sont souvent considérées comme des coûts qu'il faudrait réduire, Gøsta Esping-Andersen veut montrer que ces dépenses peuvent être pensées comme des investissements.
Le vieillissement de la population entraîne une augmentation de la part des personnes âgées ayant besoin d'aide, souvent prodiguée par la famille, et en particulier par les femmes. Or, il faut permettre au plus de femmes possible de pouvoir travailler le plus longtemps possible en interrompant le moins de temps possible leur carrière, et cela non pas uniquement par soucis de justice sociale mais aussi car afin d'augmenter les recettes fiscales de l’État. Ainsi faciliter la mise en place de garde d'enfants peut apparaître comme une solution. Pour être certain que la plupart des familles puissent profiter de ce service il faut qu'il soit accessible, et donc faisant appel à l’État, «d'après une étude de chercheurs américains, la diminution des frais de garde produit une augmentation de 14% de l'emploi des mères mariées et des effets plus puissants encore sur les mères célibataires». Ces dépenses publiques seront remboursées par les recettes fiscales engendrées par les carrières des femmes, devenues plus longues et plus nombreuses. Gøsta Esping-Andersen met également en évidence l’importance de la petite enfance sur le futur niveau d'éducation des individus. Une population possédant un niveau d'éducation plus élevé aura davantage de chances d'obtenir un revenu plus élevé. Ainsi, augmenter le niveau d'éducation des individus semblent être un véritable enjeu, or, les mesures concernant l'éducation, par exemple pour faciliter l'accès aux études longues des milieux les plus défavorisés ont obtenu des résultats nuancé, insatisfaisants. Pour éviter une simple reproduction des classes sociales et maximiser les chances d'augmenter le capital culturel des individus il faudrait stimuler les capacités cognitives des enfants de moins de 3 ans, car c'est dès cet âge que les enfants sont inégaux face à l'école. A la fin des années 60, la Suède et le Danemark ont ainsi crée des établissements pré-scolaires. Cela était principalement dans le but de pouvoir faire concilier maternité et vie professionnelle pour les femmes, rejoignant la première idée. Les retraites représentent un défi pour l’État-providence dans un contexte de vieillissement. Pour le relever, l'allongement de la durée de travail semble inévitable mais cela amplifie encore les inégalités, entre ceux bénéficiant d'un revenu élevé qui en bénéficieront plus longtemps et qui disposeront d'une retraite, elle-aussi plus importante, et ceux à faibles revenus. Une solution peut-être trouvée en soutenant l'emploi des femmes et en homogénéisant à la hausse, le niveau d'apprentissage. Ainsi Gøsta Esping-Andersen énonce : "une bonne politique des retraites commence par les bébés."
Une lecture pour mon cours de politiques sociales qui complète bien son premier ouvrage sur les trois types de l'État-providence. En fait, la note générale me surprend un peu, car même si ce n'est pas une lecture palpitante, elle m'a servit maintes fois pour mes essais.