Marc-Edouard Nabe a travaillé à Patmos en Grèce, pendant de longs mois, sur l'Apocalypse de Saint-Jean. A peine revenu une autre Apocalypse, réelle celle-là, éclate en Occident. Réelle ? En est-on bien sur ? La pire réalité semble virtuelle auprès du refus de chacun de se remettre en question. Pourtant, oui, le 11 septembre, il s'est passé quelques chose, ici et maintenant. Malgré la confusion et l'émotion générale, Nabe a décidé de prendre la parole après plus d'un an de silence. Il parle de ce qu'il a ressenti. Pour une fois, le scandale ne vient pas de lui. Sa vision n'est pas simplement politique, elle est métaphysique et surtout mystique.
Marc-Edouard Nabe. Une lueur d’espoir (Monaco : Editions du Rocher, fin 2001, 152 p). Ce petit livre au ton alerte, égayé de jeux de mots bien trouvés, n’ennuie pas par le style. Mais les idées qu’il expose sur les attentats du 11 septembre me semblent consternantes. L’auteur a beau émettre habilement quelques réserves quant au terrorisme, il ne s’en déclare pas moins «totalement d’accord avec ceux qui nuisent au système pseudo-démocratique occidental» (p 65), soit avec «ceux qui ont donné leur vie pour la destruction de la connerie» (p 117), et qui sont donc probablement des modèles d’intelligence et de lucidité. Partant du principe commode que «la caractéristique des Américains est que tous les clichés qu’on colporte sur leur compte sont justes» (p 70), Nabe étale à longueur de pages les sophismes haineux les plus répandus. Haro sur les Américains, qui «ont fait énormément de mal» (p 67), contrairement aux non-Américains, qui n’en font pas, ou alors pas énormément. Et haro sur les Occidentaux en général, à qui «des milliards d’hommes ont des raisons supervalables d’en vouloir» (p 130), et qui n’ont eux-mêmes rien à se reprocher. L’on voit ainsi que cet ouvrage peut convenir à l’esprit étroit d’un large public. Nabe aurait pu faire plus fin. (VI 2003)