Simon Roy a amorcé l’écriture de ce livre précisément le 22 février 2022, soit un an pile après avoir reçu un diagnostic de cancer au cerveau incurable qui attaque agressivement la partie de sa tête dédiée au langage. Il fait néanmoins encore une fois le pari de l’écriture, pour se prouver qu’il est toujours vivant, et peut-être aussi un peu pour mettre la mort à l’écart. Passant de l’univers macabre de Stanley Kubrick (The Shining) à celui alarmiste d’Orson Welles (dans son adaptation radiophonique de La Guerre des mondes) , il continue, dans ce quatrième roman, de lier ses obsessions personnelles à celles d’œuvres marquantes qui enfoncent la réalité au risque d’effrayer l’être humain. S’il dévoilait une fêlure familiale funeste dans Ma vie rouge Kubrick, il lie ici une vieille frousse collective et chimérique (une invasion de Martiens) à une peur hélas réelle, celle que provoque la perspective du passage vers un autre monde. Si, dans Fait par un autre, il explorait les châteaux en Espagne échafaudés par un faussaire patenté, il réfléchit dans Ma fin du monde au mensonge, blanc ou noir, qui peut parfois se cacher derrière ces deux petits mots à l’allure innocente : « Au revoir. » Enfin, il nous rappelle le devoir de léguer à ceux qui nous suivront le secret du bonheur, ou du moins le peu que notre séjour sur terre, toujours trop bref, nous aura permis d’en deviner. Fidèle à son style fait de fragments, entre fiction et réalité, entre alarme et vacarme, sa plume file entre les mailles de la peur, qu’elle soit forte, feinte, fine, fameuse, fantastique ou fatidique, mais qui lui sera, à lui qui signe ici son dernier livre, fatale.
Simon Roy est professeur de littérature au Collège Lionel-Groulx. Il signe avec cet original et troublant témoignage un premier livre absolument remarquable, un essai fascinant qui ne plaira pas qu’aux amateurs de Kubrick mais également aux lecteurs qui sont sensibles aux malheurs de la vie et à ce qu’il faut de force pour les surmonter.
Pour ceux qui l'ignorent, Simon Roy est atteint d'un cancer du cerveau incurable. Ma fin du monde est son tout dernier livre mais aussi son livre ultime, son cancer affectant la zone du langage dans son cerveau. J'ai toujours aimé comment Simon combine, en histoires parallèles, la fiction à sa propre vie. Ici, il compare l'interprétation radio du roman La Guerre des Mondes de H.G. Wells faite par Orson Welles en 1938 à son cancer et à sa propre mort. Je m'attendais à avoir le coeur en miettes du début à la fin de ma lecture mais le tout s'est plutôt bien passé. Par contre, le dernier chapitre m'a achevé et vous fera également verser quelques larmes. Merci Simon de nous laisser ta plume en héritage.
Impossible de réellement donner une critique à ce livre écrit en fin de vie d’un gliome stade 4. C’est loin d’être larmoyant, c’est intelligent et vif et rempli de lumière - sauf la fin, mais tsé. Un hommage à la vie et un magnifique testament.
Ouf! Si le début a attisé ma curiosité, sans plus, la fin m’a complètement bouleversée. C’est instructif, brillant et émouvant, tout à la fois. J’ai versé des larmes…
Je dois commencer en soulignant que je suis une lectrice fan; j’ai lu tous les romans de Simon Roy. Ce dernier livre est drôle, triste, mais surtout inspirant. Merci pour ce dernier cadeau.
Malheureusement, j'ai senti que cette lecture n'était pas pour moi et je n'ai pas réussi à connecter avec le récit. Le roman, très fragmenté, m'a tout de même touchée compte tenu du contexte. Les liens entre les références fictives et l'émotion indescriptible d'un homme qui attend la mort sont forts, mais parfois difficile à saisir. J'ai bien aimé les termes abordés de la peur, le surnaturel et différents morceaux de l'expérience humaine et, malgré que j'ai trouvé la forme intéressante, j'y ai trouvé une certaine longueur. Peut-être que les autres oeuvres de l'auteur m'auraient plu davantage, qui sait, mais je n'ai pas accroché à celui-ci, même si j'y tenais beaucoup.
J'ai lu les 4 romans/récits de Simon Roy et j'en ai aimé la moitié. Owen Hopkins, esquire était oubliable et, après le chef-d'œuvre qu'était Ma vie rouge Kubrick, assez décevant. Je dois avouer que celui-ci, son dernier avant sa mort tragique, qui en parle justement, est l'autre livre qui m'a déçu. Peut-être qu'il a manqué de temps pour le retravailler ou peut-être est-ce parce qu'il a perdu l'usage du langage et qu'il ne l'a retrouvé qu'au niveau d'un "mauvais étudiant de secondaire cinq" (ses propres mots). Pourtant la qualité du français de ce livre ne m'a pas paru détonner par rapport à ses précédents, à par quelques mauvais dialogues. Toujours est-il qu'on se montre évidemment indulgent envers ce livre testament. Malheureusement il se perd en thématiques. Ça commence comme une réflexion sur le genre de l'horreur, de Stephen King à la panique qu'aurait causée le feuilleton radio la Guerre des mondes par Orson Welles. L'horreur, liée bien sûr à la peur de mourir, a toute sa place dans ce récit d'un homme qui se sait condamné et qui connait d'avance la date fatale. Puis, on parle de surnaturel, de vie après la mort, thème alimenté par des anecdotes familiales que ce soit des expérience de morts imminentes ou des histoires de son oncle qui avait, parait-il, des dons. Ces deux thèmes, assez riches pour chacune constituer un livre à part, se complètent mal et créent une sorte d'amalgame un peu étrange. Toujours est-il qu'il est fascinant et troublant de lire les pensées de quelqu'un qui voit sa mort venir.
Repose en paix Simon Roy. Désolé pour la critique quelque peu négative, je me souviendrais néanmoins de toi comme d'un auteur mémorable.
Je n'ai pas lu les autres livres de l'auteur alors je n'ai pas de comparaison à faire avec l'ensemble de ses oeuvres. J'ai passé un bon moment à lire cet essai et il y a quelque chose de touchant à tenir ces pages entre nos mains, en sachant les épreuves que Simon Roy a traversées et celles à venir.
Le parallèle entre la Guerre des mondes et l’experience de décéder d’un cancer est intéressant et constituent une base intéressante. Cela dit, j’ai eut l’impression que l’éditeur aurait pu faire un meilleur travail afin de serrer le texte et le ton. Il y a un tres bon livre de 90 pages qui se trouvent au sein des 125 publiées.
Ayoye de ayoye! Je ne savais pas ce qui m’attendrais dans ce roman trouvé dans une boîte à livre, preuve que la vie réserve de magnifiques surprises, même dans toute sa noirceur
Brillamment construit, avec une tournure intéressante sur l’histoire pour revenir à sa propre fin du monde. J’ai tenu jusqu’à la dernière page puis j’ai craqué. Bravo.