Schefferville, 1959. Dans le guest house de l'Iron Ore Company of Canada, le vieux Chef se meurt. Attaque cérébrale soudaine. Du moins, c'est ce qu'on prétend. Parce qu'il apparaît vite qu'il se trame quelque chose de louche, à Schefferville. C'est à Paul-Émile Gingras, jeune policier trifluvien pas spécialement doué, que son grand-oncle Jos-D., ministre de la Colonisation et bras droit de Maurice Duplessis, assigne la tâche de démêler tout ça. Alors pas le choix, avec son ami Gégé Godin – oui, ce Godin-là –, Gingras prend la route de la Côte-Nord.
Une quantité faramineuse de personnages. Un manque de liens entre les personnages. Un personnage “principal” aucunement attachant. Je conçois que ce n’est pas une histoire axée sur les personnages, mais ils sont omniprésents et si on n’arrive pas à suivre qui ils sont et à s’attacher, on arrive à rien.
Une intrigue plus ou moins intéressante. On comprend rapidement que Gingras n’a aucune qualification comme détective, donc on ne pourra pas suivre les filons et l’enquête de manière rigoureuse.
Un manque de clarté temporelle. Des dates en début de chapitre auraient aidé. Garder deux moments précis au lieu d’une tonne aurait été bénéfique aussi.
Je l’ai “terminé” parce qu’il faut le lire pour le club, mais c’était assez laborieux comme moments.
Ouf. Beaucoup de personnages, trop de détails historiques qu’on sent parfois insérés de manière forcée. Le premier acte était particulièrement surchargé. Une proposition qui plaira aux férus d’histoire du Québec (j’en suis, mais pas tant que ça non plus)
J’ai aussi trouvé la quatrième de couverture trompeuse. Je m’attendais à un roman ancré dans les profondeurs de la Côte-Nord. Finalement Schefferville arrive tard et ne joue pas un gros rôle, la majorité du livre se passe à Trois-Rivières et Québec.
Difficile de comprendre le Québec sans se pencher sur la figure de Maurice Duplessis, premier ministre conservateur qui dirigea la province d’une main de fer de 1936 à 1959 (avec une pause pendant la WW2). Sa réputation est telle que sa période de pouvoir est surnommée « la Grande Noirceur » et celle qui a suivi, dans les années 60, la « Révolution tranquille ». Un homme qu’on croyait indéboulonnable jusqu’à sa mort lors d’une visite à Schefferville, dans le nord du Québec, d’une hémorragie cérébrale. Du moins, c’est ce qu’on dit…
Car tel est le point de départ du roman de Joël Bégin : que les circonstances entourant la mort de Duplessis, seul dans une ville nordique isolée, sont pour le moins mystérieuses… au point que les services secrets dépêchent un jeune policier de Trois-Rivières pas très futé, Paul-Émile Gingras, pour démêler cette étrange affaire. Il en résulte un roman à saveur historique mâtiné de roman policier, d’une pointe de fantastique et saupoudré d’une belle dose d’humour, dans un mélange joyeux et bordélique. L’enquête de Gingras croise les manigances politiques pour remplacer Duplessis, une guerre commerciale entre deux compagnies de chips, et différents pactes avec le diable, pour ne citer que cela…
Le tout constitue en fait un vibrant hommage à l’histoire du Québec, qui ne se prend pas une seconde au sérieux, et dont la lecture se révèle aussi fraîche que désopilante. La plume en particulier est un vrai régal. C’est peut-être un peu difficile d’accès si vous connaissez mal le contexte socio-historique de l’époque – mais si vous êtes adepte de la lecture avec consultation parallèle de pages Wikipédia, ce roman est définitivement pour vous. Personnellement, j’ai adoré !
Comment dire : décousu, perte récurente du fil directeur, idées vagabondes, plume en cisaille et névrosée. Tout cela issu non pas d'un style littéraire consciemment choisi, mais d'une écriture malhabile. Je suis un assez gros lecteur, j'ai lu des choses assez compliquées, et diable, je n'ai même pas compris l'issue de l'intrigue principale! Rendu là, honnêtement, je ne crois pas que c'est de ma faute.
Cepandant, je vois dans cet auteur un potentiel énorme! Il pourrait certainement écrire un des meilleurs livre du Québec dans les prochaines années s'il réussit à canaliser son écriture et son talent dans une oeuvre concise. Certains chapitres sont magnifiques, uniques et captivants. Ils sont par moments écrits en vieux Français, d'autres fois nous transportent dans la vie d'un prolétariat canadien-français, ou nous immergent dans la pensée intime d'un personnage, toujours de façon habilement artistique. Ces moments nous rendent accros au livre. On se dit "wow en vrai le gars il est fort!" mais il faut malheureusement survivre de très longs passage intermittents difficiles et ennuyants à lire. Chose ridicule, ceux-ci s'avèrent être le récit principal. Malgré tout, Joel Bégin réussit à faire naître en nous le portrait de la politique Duplessiste, le Québec de la grande noirceur, des personnages sortis tout droit des années 50. À surveiller...
La plume est très jolie, soignée et imagée, mais il y a beaucoup trop de personnages, peu attachants et dont l'apport à l'intrigue est discutable. Les rares caméos de figures de l'époque sont délicieux et on aurait aimé que ces personnages historiques soient développés, au lieu de quidams fictifs sans profondeur. (Désolé mon commentaire est rough, j'ai quand même aimé le livre, mais j'ai été déçu qu'un auteur qui écrit si bien construise si mal un univers littéraire).
Roman tissé à partir de faits historiques, dont au premier plan la mort de Maurice Duplessis, qui annonçait la fin du long règne de l’Union nationale. D’autres personnalités font leur apparition, comme Gérald Godin en jeune journaliste.
Sont aussi tirés de l’oubli des acteurs tels que le ministre de la Colonisation Joseph-Damase Bégin, et Walter Duchesnay, garde du corps de Duplessis qui ne rechignait pas à accomplir les jobs de bras. On se rend compte à quel point la corruption avait envahi la politique à l’époque.
Sur un ton plus léger, le lecteur assiste aussi à la naissance de la poutine.
J’ai bien aimé la trame historique, mais j’ai été peu convaincu par la partie inventée du livre. Cependant l’auteur jongle bien entre les registres de langue. J’ai trouvé les dialogues réussis.
Je m'attendais à entendre parler d'épinettes et de Grand-Nord... on est plutôt plongé dans la politique québecoise du milieu des années 1900. Je n'ai pas du tout accroché à l'histoire, malheureusement, parce que le style d'écriture me plaisait!
C'est un livre qui n'est pas fait pour tout le monde, mais personnellement j'ai adoré!
Plessis m'a permis de me plonger dans un univers historico-politique avec lequel j'était peu familière. J'avoue qu'au départ l'abondance de personnages historiques brouille un peu les cartes, surtout si on ne connait pas le paysage politique du Québec des années 50.
Toutefois, chaque personnage est exploré d'une façon unique. Chaque anecdote permet d'ajouter un brin à l'intrigue qui se tisse au fil des chapitres pour enfin former une oeuvre solide et inattendue. J'ai aimé la façon dont le fantastique et l'historique se côtoient dans ce livre qui ne laisse rien au hasard.
La plume de Joël Bégin est délicieuse: on déguste ses mots à la façon dont on boit les paroles d'un conteur.
Voici deux petits extraits que j'ai particulièrement appréciés et qui montrent le ton du roman:
«Une statue de Joseph, voûté, appuyé sur un bâton, dominait le porche central de l'énorme bâtiment de granit surmonté de son dôme verdâtre. Dominer, c'est trop dire. Saint Joseph était dépeint en gardien mélancolique et usé, fatigué d'être l'éternel cocu, ou plutôt le cocu de l'Éternel, le saint patron du Canada et des causes perdues. » p. 153
« Anna était fertile comme les basses terres du Saint-Laurent. On disait en ville que Néré était capable de la mettre enceinte en éternuant. [...] Quand elle avait perdu les eaux de sa sixième grossesse devant un bol de pouding chômeur, Anna n'avait pas eu le temps de se rendre aux toilettes. Elle s'était arrêtée dans le cadre de porte, saisie d'une puissante contraction, et c'est ainsi que, alors que sa mère avait un pied dans la salle de bain et l'autre dans la cuisine, la petite Rose-Aimée s'était écrasée tête première sur le joint de fer aboutant le prélart au plancher de bois cloué. À cause de ça - ou de son maudit caractère -, elle avait passé les premiers jours de sa vie à crier sans arrêt.» p.186-187
Et j'ai bien aimé le petit clin d'oeil ou Gégé Godin crisse son hot-dog dans les vidanges parce que la vie est trop courte pour se contenter d'un hot-dog nature.
Bref, ce roman regorge de petits passages saisissants et de clins d'oeil du genre.
Après «Tout est Ori» en 2021, le prix Robert-Cliche frappe de nouveau dans le mille avec «Plessis».
Si vous aimez l'histoire du Québec et avez ne serait-ce qu'un peu d'intérêt pour la chose politique, vous ne vous tromperez pas avec ce tout premier de Joël Bégin.
On y suit les tribulations policières, politiques et criminelles autour d'un événement aussi weird que fascinant: la mort de Maurice Duplessis dans le fin fond du Québec à Schefferville, mais dans sa version la plus intéressante, drôle et divertissante possible...c'est à dire fictive.
L'auteur joue avec l'Histoire avec un grand «H» pour mettre à profit son histoire. C'est super bien construit. C'est comme prendre le gâteau à la vanille parfois sec des faits et lui crisser une bonne couche de crémage dessus.
Malgré quelques rebondissements burlesques ou surnaturels, on est plus souvent qu'autrement plongé dans le décor super bien rendu des années 50, de cette Grande Noirceur à laquelle Bégin a rendu toutes ses couleurs. Excellent.
Difficile d'approche au début. Ribambelle de personnages pêle-mêle qu'on nous a garroché au début du livre et qui revient parfois vraiment plus tard. Le tout est enchevêtré avec un peu d'histoire du Québec et surtout de la ville de Trois-Rivières. Je ne suis pas assez au courant de l'histoire de la période de l'Union Nationale et de Duplessis pour savoir si certains faits sont réels. Après quelques chapitres, j'ai réussi à embarquer dans le bateau un peu fantaisiste et tragicocomique de l'auteur. Le policier un peu nono, la femme insatisfaite de sa condition et qui cherche à monter les échelons (avec des relations bien placées...) et les clichés typiques du Canadien français travailleur sont tous réunis pour ce roman très rocambolesque.
J'ai apprécié la fresque historique de l'époque Duplessis, une période qu'on connaît peu, comme si on voulait l'effacer de la mémoire collective.
Le récit va cependant un peu trop dans tous les sens à mon goût. On y saupoudre du surnaturel inutilement et on n'arrive pas à s'attacher aux personnages, qui sont trop nombreux. C'est un peu comme si l'auteur avait voulu intégrer plusieurs bonnes idées sans mortier pour les tenir ensemble.
Je m’enlignais pour donner une meilleure note, mais le dernier chapitre était si différent et éparpillé dans de longues tirades que j’en ai perdu le fil. Dommage, car je trouvais les chapitres précédents rythmés et je m’y retrouvais plutôt bien malgré la multitude de personnages et je prenais plaisir à suivre leur histoire.
Plaira sans doute aux amateurs de politique et histoire du Québec.
J’ai adoré! Un de mes romans préférés. J’avais essayé plus tôt (à sa sortie) de le lire, mais le timing n’était pas bon. Je me sentais un peu étourdie par le nombre de personnages. En vacances, je me suis re-essayé et je l’ai dévoré, même si j’ai dû être ralentie par mes recherches pour décortiquer le vrai du faux. Ce mélange entre fiction et réalité m’a particulièrement plu. L’auteur ne fait pas de cadeau au lecteur; il faut être prêt à chercher dans son dictionnaire pour apprendre de nouveaux mots ou sur Wiki pour en savoir plus sur ces personnages historiques qui ont marqué le Québec. Le rythme est rapide avec des chapitres plutôt courts, mais qui font des sauts dans le temps. Encore une fois, pas de cadeaux, c’est au lecteur de faire des liens entre les époques et les personnages. Bravo, Joël! J’attends ton prochain roman ;).
Il y a quelque chose comme un excellent ouvrage quelque part dans Plessis. Peut-être aurait-il fallu un angle différent? Choisir un autre personnage principal? Cet espèce d'enquêteur un peu niais nous tappe rapidement sur les nerfs. Plessis est pourtant truffé d'anecdotes et de détails historiques absolument passionants - le problème, c'est tout le reste. Vers la fin, le temps de quelques pages à peine, on se retrouve dans la tête du Duplesssis de Joël Bégin et vraiment, on voudrait y rester: on a enfin l'impression d'entendre la voix de l'auteur, le portrait qu'il voulait faire de ce personnage - mais c'est trop peu (et ça ne justifie certainement pas les 400 autres pages).
L’auteur nous transporte en 1959, dernière année de ce qu’on appelait la grande noirceur, dans ma ville natale : Trois-Rivières. Paul-Émile Gingras, jeune policier, doit enquêter sur la mort suspecte du grand Maurice Duplessis. À travers des histoires fictives, drôles et familières, l’auteur expose le climat corrompu et conservateur de l’époque. Il y avait beaucoup de noms à démêler. Je me perdais souvent dans tous les personnages. En revanche, l’auteur parvient brillamment à recréer le Québec des années 50. Je vous recommande ce livre si vous désirez faire un voyage dans le temps.
Même si le personnage princial de Gingras ne me faisait ni chaud ni froid, ça n'a rien enlevé à mon plaisir de lire cette fresque semi-historique avec ses différentes lignes de récits qui s'entremêlent pour former un tout éclaté et abracadabresque. L'auteur a une excellente plume et un humour très juste. Je me suis souvent esclaffée en raison des paroles des personnages ou des tournures de phrase.
J'ai sorti mon crayon et j'ai fait comme mes élèves, une liste des personnages pour suivre... J'ai quand même beaucoup aimé le style d'écriture de l'auteur et son humour. Bien que le personnage principal, Gingras, soit plus ou moins «aimable», j'ai quand même réussi à m'y attacher. Par contre, j'avais l'impression de ne pas avoir assez de références politiques du temps de Duplessis pour bien saisir toutes les subtilités du roman. Belle découverte!
C'est particulièrement bien écrit, mais je ne comprends pas trop où ça s'en va. Une galerie étourdissante de nouveaux personnages est cavalièrement introduite, sans contexte aucun, à chaque 2-3 pages environ. Ça devient rapidement ingérable, et surtout générateur de confusion et de frustration.
Peut-être que mon cerveau n'est tout simplement pas conçu pour ce genre de récit.
Un roman ambitieux et réellement délectable par moment. L’écriture est colorée, enracinée dans le parler québécois de l’époque. La recherche historique est indéniablement louable, les références du passé sont bien accueillies pour les friands d’histoire québécoise et la réinvention des évènements est distrayante.
Ceci étant, le roman est - par de nombreux moments - confus et dense, avec une kyrielle de personnages qui, de par leur passage éphémère dans l’intrigue ne nous marquent pas.
L’écriture est originale et le ton se veut ironique, un peu dans le style d’un Jacques Ferron, mais ça frôle un peu trop le caricatural à mon goût. Ce qui m’a moins plu, c’est que l’intrigue part dans tous les sens, en déployant les personnages et les fragments de récit dans un ordre qui m’a semblé plutôt aléatoire.
Belle écriture, style qui sort de l'ordinaire, belle fresque de l'époque. J'ai dévoré les 300 premières pages. Ce fut malheureusement l'inverse pour les 100 dernières pages. Vu la quatrième de couverture, j'aurais cru à une enquête un plus présente. Je recommande à des mordus, comme des enseignants d'histoire ou de littérature.
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J’ai pas compris grand chose de ce roman. MAIS malgré ça, j’ai eu envie de continuer à lire jusqu’au bout, ce qui en dit beaucoup sur le talent de l’auteur. J’ai l’impression que l’auteur a choisi le mauvais genre pour faire briller son style… Je lirai son prochain. En espérant qu’il soit mieux ficelé!
on sent que Joël Bégin a eu un plaisir fou à imaginer cette fiction quasi-historique, c'est déjanté, c'est tragico-comique. mais pour ceux qui n'ont pas la référence, c'est difficile à suivre, difficile à apprécier, voire incompréhensible . j'avais du mal à distinguer le vrai du faux en ce qui concerne l'époque de Duplessis.
"C'est la vraie beauté des livres. Ils nous font réfléchir. Ils vont à notre rythme. Comme des échasses sous nos pieds. Bernard de Chartres disait que grâce à eux, on est penché sur les épaules des géants. Ne croyez-vous pas qu'il avait raison?"