Une fois posée ma palette, après un long moment d’écoute environné de solitude et d’attente, je vois vivre sur le papier mouillé l’étrange alchimie des couleurs, je vois naître des ciels, des terres, des paysages nonpareils. Et à partir de toutes ces formes, pourquoi s’interdire de dessiner des présences, des corps, des visages, des personnages inventés à la fois oiseaux et visiteurs fantaisistes de l’ombre? Et me voici en train de peindre des cent pieds cent plumes, des sans pieds sous plumes, des porte-plume sans pieds et autres apparitions fantasmagoriques. Me vint alors à la mémoire l’expression « deux pieds sans plumes » colligée dans mon dictionnaire et désignant nos congénères et semblables.
Tout petit recueil de réflexions de l’auteur à propos de la race humaine. Si certaines m’ont paru des évidences, j’ai trouvé qu’il avait une belle plume, sans mauvais jeu de mots.