Un homme malade, à l'agonie, comprend la vanité de la vie qu'il a menée (La Mort d'Ivan Illich). Une vieille noble, ayant menti toute sa vie, s'obstine dans son mensonge au moment de mourir (Trois Morts). Un homme raconte comment, après trente-cinq ans d'une existence en apparence paisible, il a basculé dans la folie (Notes d'un fou). Ce volume rassemble des récits rédigés par Tolstoï pendant plus de trente ans, de son entrée en littérature aux années de rédaction de Guerre et Paix et d'Anna Karénine. Hantés par une angoisse existentielle et portant la trace, pour les plus tardifs, de la profonde crise religieuse et métaphysique qui ébranla Tolstoï à partir de 1879, ils dépeignent les hommes, dans leur misère et leur splendeur.
Lev Nikolayevich Tolstoy (Russian: Лев Николаевич Толстой; most appropriately used Liev Tolstoy; commonly Leo Tolstoy in Anglophone countries) was a Russian writer who primarily wrote novels and short stories. Later in life, he also wrote plays and essays. His two most famous works, the novels War and Peace and Anna Karenina, are acknowledged as two of the greatest novels of all time and a pinnacle of realist fiction. Many consider Tolstoy to have been one of the world's greatest novelists. Tolstoy is equally known for his complicated and paradoxical persona and for his extreme moralistic and ascetic views, which he adopted after a moral crisis and spiritual awakening in the 1870s, after which he also became noted as a moral thinker and social reformer.
His literal interpretation of the ethical teachings of Jesus, centering on the Sermon on the Mount, caused him in later life to become a fervent Christian anarchist and anarcho-pacifist. His ideas on nonviolent resistance, expressed in such works as The Kingdom of God Is Within You, were to have a profound impact on such pivotal twentieth-century figures as Mohandas Gandhi and Martin Luther King, Jr.
Léon Tolstoï, géant de la littérature russe, maître des grandes fresques comme des drames intérieurs, signe avec La Mort d’Ivan Ilitch l’un de ses textes les plus sobres et les plus percutants. Moins connu que Guerre et Paix ou Anna Karénine, ce court roman est une gifle existentielle.
Publié en 1886, dans une période de bascule spirituelle pour Tolstoï, le livre s’inscrit dans sa quête d’un sens véritable, loin des illusions sociales et des conventions bourgeoises. C’est un récit bref, mais radical, à la frontière de la nouvelle et du roman philosophique.
Ivan Ilitch, juge bien installé, mène une vie « comme il faut ». Marié, carriériste, convenable — en apparence, tout va bien. Jusqu’au jour où une douleur mystérieuse s’installe, qui le conduira, lentement mais sûrement, à la mort. Le livre retrace cette agonie physique et morale, et surtout, la lente prise de conscience d’un homme face à la vacuité de son existence.
Tolstoï y creuse des thèmes vertigineux : (le mensonge social, la peur de mourir, la solitude, la quête d’authenticité, la révélation finale). C’est un récit implacable, sans détours, où chaque page rapproche du silence ultime.
Le style est d’une pureté clinique. Pas d’emphase, peu d’effets — une écriture tendue, directe, dépouillée, qui rend le drame d’autant plus intense. La douleur d’Ivan est décrite sans pathos, mais elle serre la gorge. C’est brutal, lumineux, universel.
On referme La Mort d’Ivan Ilitch avec le souffle court, comme après une conversation qu’on n’osait pas avoir. En écho, L’Étranger de Camus explore lui aussi (l’absurde, la mort, le refus des faux-semblants). Et pour prolonger Tolstoï, on peut lire Résurrection (culpabilité, rédemption, justice corrompue) ou La Sonate à Kreutzer (passion, jalousie, dégoût de soi) — des textes moins vastes, mais tout aussi puissants.