L'espionne Romarine a un rêve : plus tard, elle sera espionne ! Ça tombe bien, son quotidien fourmille de mystères à éclaircir : comment convaincre sa soeur Boubouillasse d'arrêter de fumer ? Qui est la jeune fille aperçue dans la chambre de Noël, son grand frère ? Pour le savoir, Romarine va devoir ruser !
L'espionne fonde son club En classe, Romarine a fondé un club d'espionnage avec ses cinq amoureux. Leur première mission : découvrir le prénom de madame Maillard, la maîtresse ! Romarine met tout en oeuvre pour le savoir avant Angelo, le nouveau, son ennemi juré...
L'espionne joue à l'espion Romarine est persuadée que ses nouveaux voisins cachent quelque chose de suspect. Avec son club, elle commence l'enquête dans l'escalier, mais sa voisine la prend pour un garçon et l'invite à rendre visite à son fils ! Romarine joue le jeu, mais, attention, ce n'est pas facile de se faire passer pour quelqu'un d'autre. Les quiproquos s'enchaînent.
J'ai été très déçue par ce livre, pour deux raisons différentes, l'une banale l'autre non. La seule chose que j'ai vraiment aimé sont les adorables illustrations d'Églantine Ceulemans, une illustratrice dont j'admire beaucoup le travail. Je suis également, habituellement, une grande admiratrice de Marie-Aude Murail, dont j'adore quantité de livres. Je n'ai pas lu le roman adapté ici en roman graphique, je ne peux donc donner mon avis que sur cet ouvrage précis. Pour commencer, je me suis ennuyée. J'adore lire des livres jeunesse de tous âges, là n'est pas le problème. Simplement l'histoire m'a paru fade, les personnages peu nuancés, les dialogues plats, des notions dépassées sur le genre. Enfin, si ça avait été les seules choses à me gêner dans ma lecture, j'aurais conclu à une adaptation peu convaincante et passé mon chemin. Mais il y a un message dans ce livre destiné aux enfants, un message récurrent et si malsain que je n'arrive toujours pas à comprendre comment il peut tout simplement exister ! Je m'explique : la jeune héroïne a un cercle d'amis, qu'elle réunit autour d'elle dans ses plans d'espionnage. L'un d'entre eux n'existe que pour "faire de l'humour" aux dépens de son intellect. Apparemment, si j'ai bien compris, le fait qu'il soit inclus dans la bande, et aimé malgré tout, excuse ? justifie ? annule ? les effets des "blagues" à répétition concernant ses facultés intellectuelles.
Pour plus de clarté, voici les trois passages que j'ai relevés :
1) Petite bulle explicative au-dessus de la tête de l'enfant (de 8 ans environ) : "Emmanuel, un peu lent du cerveau"
2) "Couché, Rantanplan !" [nom d'un chien très bête dans les BD Lucky Luke] + bulle "C'est comme ça qu'il l'appelle parce qu'il le trouve lent du cerveau"
3) Bulle "Celui-là il faut vraiment qu'on se cotise pour lui acheter un cerveau"
Voilà. C'est de l'humour me direz-vous ? Est-ce acceptable de faire de l'humour sur les capacités intellectuelles d'un enfant ? Peut-on rire de tout ? Et surtout peut-on vraiment faire rire un enfant lecteur à propos d'un enfant qui peut être déficient mentalement, affligé d'une dys, ou simplement très naïf ? Est-ce acceptable, souhaitable ? Est-ce une bonne prévention du harcèlement scolaire ?
Je suis très choquée qu'un tel message puisse encore de nos jours passer dans une lecture destinée à de jeunes personnes. Quand on sait combien notre personnalité est formée par nos lectures, comment peut-on proposer un tel message à des enfants ?! Ce petit livre était destiné à mon filleul, jamais je ne lui offrirais ! D'ailleurs je me demande bien ce que je vais en faire...