Brun va mourir. Il laissera bientôt ses terres à son fils Mo. Mais avant de disparaître, pour éviter la faillite et gommer son image de pollueur, il décide de couvrir ses champs de gigantesques éoliennes. Mo, lui, aime la lenteur des jours, la quiétude des herbages, les horizons préservés. Quand le chantier démarre, un déluge de ferraille et de béton s’abat sur sa ferme. Mo ne supporte pas cette invasion qui défigure les paysages et bouleverse les équilibres entre les hommes, les bêtes et la nature. Dans un Jura rude et majestueux se noue le destin d’une longue lignée de paysans. Aux illusions de la modernité, Mo oppose sa quête d’enracinement. Et l’espoir d’un avenir à visage humain. Avec Mohican, Éric Fottorino mobilise toute la puissance du roman pour brosser le tableau d’un monde qui ne veut pas mourir.
Éric Fottorino is a French journalist and writer. He is the winner of the Prix Femina, 2007, for Baisers de cinéma. After having been a reporter for the daily newspaper Le Monde, then becoming editor-in-chief and executive editor, he was appointed president of the directory group of the La Vie-Le Monde group in January 2008. He was removed from this latter office in December 2010.
His biological father, Maurice Maman, was of Moroccan and Jewish origin and was a gynecology student when he met his mother. The ultra-Catholic family of his mother, Monique Charbrerie, was opposed to their marriage. The young Eric was raised without his father. When he was 9, his mother married Michael Fottorino, a physiotherapist. It’s at this time that he took the name of Eric Fottorino. It was only years later that he managed to contact his biological father.
In 1984, after studies at the Faculty of Law at the University of La Rochelle and then at the Institut d'études politiques de Paris, Eric Fottorino started as a freelance reporter for Libération and La Tribune de l’économie.
He joined the daily newspaper Le Monde in 1986, initially as a news desk editor, tracking records of incoming source material, eventually moving on to work with agricultural and African source material. He then became a reporter (1995-1997) before becoming editor-in-chief in 1998, then a chroniqueur (a journalist who writes as a specialist in a particular domain) in 2003.
J'ai beaucoup aimé ce roman d'Eric Fottorino qui nous donne un aperçu de l'histoire de l'agriculture sur tout le 20e siècle (et qui remonte même encore plus loin à la fin du livre).
L'histoire se passe dans le Jura où Brun se meurt doucement d'une leucémie, sûrement causée par les pesticides qu'il a épandus sur ses terres, avec peu de protection, pendant toute sa vie. C'est qu'après la 2e guerre mondiale, il fallait produire et produire encore, sur le modèle des grandes fermes américaines, pour nourrir le monde. Alors les tracteurs sont arrivés, les remembrements et l'abattage des haies pour agrandir les parcelles, les produits phytosanitaires pour éradiquer les "mauvaises herbes" et enchaîner les cultures sans relâche. Une révolution après l'agriculture de "survie" incarnée par son père Léonce et ses savoirs ancestraux, son labeur du quotidien rythmé par les dictons.
Le fils de Brun, Mo (pour Maurice) a passé les 35 ans et vit toujours avec lui aux Souleillans. En opposition avec la vision de son père, il teste sur quelques parcelles une agriculture plus respectueuse de la nature. Mais quand les traites s'accumulent et les revenus donnent, Brun se laisse convaincre d'installer des éoliennes au milieu de ces paysages ancestraux et c'est le début de la fin...
J'ai bien aimé l'histoire et l'écriture, simple dans le style mais très riche au niveau du vocabulaire. Cela m'a fait penser au livre "Nature humaine" de Serge Joncour. Le livre parle aussi de transmission, de nature, des rapports parents/enfants, des devoirs qu'on se crée, de la liberté de penser et d'agir qu'il n'est pas toujours aisé de mettre en œuvre même quand on devient adulte, et même quand nos parents ne sont plus.
La première et deuxieme parties m'ont moyennement plu. J'avais du mal à comprendre le choix du personnage et c'était un peu énervant. J'ai beaucoup aimé la troisième partie. C'était touchant. Je me suis sentie emportée par la narration. Et la troisième apporte une conclusion qui, comparée au reste du livre n'est pas "réelle" et donc m'a déçue. Alors que j'avais envie de donner 4 étoiles, j'ai redescendu ma note.
Sinon c'est bien écrit, ça se lit bien. C'est au niveau de l'histoire que j'ai été frustrée.
Un roman du terroir où se dévoilent des décennies de labeurs et d’amour pour un domaine agricole jurassien à travers le combat de 3 générations : Léonce, l’ancien pétri de gestes et coutumes ancestrales luttant pour survivre, Brun, l’agriculteur du renouveau technologique avec ce qu’il porte de promesses et de déceptions et Mo, la jeunesse héritière de ce savoir qui cherche à trouver un nouvel équilibre. Une déclaration d’amour à cette nature nourricière et à ceux qui au fil des jours tentent de réussir le compromis de la cultiver sans l’exploiter face aux pressions des multinationales jamais en panne de mirages. On retrouve effectivement une similitude avec Nature humaine de Serge Joncour!
Un paysan du Jura, victime des pesticides qu'il a épandu sur ses terres durant des décennies, apprend qu'il n'a plus que quelques mois à vivre. Pour sauver sa ferme de la ruine, il fait installer à contrecoeur sur son terrain des éoliennes qui dénaturent le paysage somptueux où il a grandi. Mais son fils, unique héritier du domaine, va faire en sorte de rendre à la terre de ses ancêtres sa splendeur perdue. Un magnifique roman sur la transmission et les mutations de la condition paysanne.
Belle écriture, mais on ne comprend pas ou veut en venir l auteur. Quel monde agricole aime t il? Celui de Martine à la ferme, celui des écolos bios? Éoliennes pas éoliennes? Pas clair
Très beau roman sur la beauté des paysages, la transmission et surtout le besoin de ralentir cette course effrénée à la consommation qui consume la nature et les hommes
J'ai été fort ému par ce portrait des exploitants d'une ferme du Jura, et de la relation entre Mo et son père, Brun, avec qui les conceptions de l'agriculture s'entrechoquent. Magnifiquement écrit, nuancé et ambitieux, tragique et beau. Les phrases chantonnent, et le lecteur se retrouve en immersion totale, sentant la brise du vent sur sa joue, visualisant les brins d'herbe qui ondulent doucement. Un immense coup de coeur pour moi.
Très beau roman sensible avec de belles descriptions d’un monde paysan disparu des magnifiques paysages du Jura et des difficultés du monde rural face à l’évolution des techniques comme l’implantation d’éoliennes Pas bcp d’action mais sensualité et beauté de la nature et du travail de la terre