Christian Bobin is a French author and poet. He received the 1993 Prix des Deux Magots for the book Le Très-Bas (translated into English in 1997 by Michael H. Kohn and published under two titles: The Secret of Francis of Assisi: A Meditation and The Very Lowly
"Il va tête nue. La mort, le vent, l'injure, il reçoit tout de face, sans jamais ralentir son pas. À croire que ce qui le tourmente n'est rien en regard de ce qu'il espère. À croire que la mort n'est guère plus qu'un vent de sable. L'humain est ce qui va ainsi, tête nue, dans la recherche jamais interrompue de ce qui est plus grand que soi. Et le premier venu est plus grand que nous: c'est une des choses que dit cet homme. C'est ce qu'il s'épuise à nous dire, l'homme qui marche: ne me regardez pas, moi. Regardez le premier venu et ça suffira, et ça devrait suffire.
Il va droit à la porte de l'humain. Il attend que cette porte s'ouvre. La porte de l'humain, c'est le visage. Voir face à face, seul à seul, un à un. Celui dont je n'accueille plus le visage - et pour l'accueillir, il faut que je lave mon propre visage de toute matière de puissance - celui là, je le vide de son humanité et je m'en vide moi-même".
"Ce qu'il dit est éclairé par des verbes pauvres: prenez, écoutez, venez, partez, recevez, allez". "Il ne parle pas pour attirer sur lui une poussière d'amour. Ce qu'il veut, ce n'est pas pour lui qu'il le veut. Ce qu'il veut, c'est que nous nous supportions de vivre ensemble. Il ne dit pas: aimez-moi. Il dit: aimez-vous. Il y a un abîme entre ces deux paroles. C'est peut-être le seul homme qui ait jamais vraiment parlé, brisé les liens de la parole et de la séduction, de l'amour et de la plainte". p.16
" Sa puissance à lui, c'est d'être sans puissance, nu, faible, pauvre - mis à nu par son amour, appauvri par son amour. Telle est la figure du plus grand roi d'humanité, du seul souverain qui ait jamais appelé ses sujets un à un. Le monde ne pouvait pas l'entendre. Le monde n'entend que là où il y a un peu de bruit ou de puissance. L'amour est un roi sans puissance."
"L'homme qui marche est ce fou qui pense que l'on peut goûter à une vie si abondante qu'elle avale même la mort. Ceux qui emboîtent son pas et croient que l'on peut demeurer éternellement à vif dans la clarté d'un mot d'amour, sans jamais perdre souffle, ceux-là, dans la mesure où ils entendent ce qu'ils disent, force est de les considérer comme fous. Ce qu'ils prétendent est irrecevable. Leur parole est démente et cependant que valent d'autres paroles, toutes les autres paroles échangées depuis la nuit des siècles ? Qu'est-ce que parler ? Qu'est-ce qu'aimer ? Comment croire et comment ne pas croire? Peut-être n'avons-nous jamais eu le choix entre une parole folle et une parole vaine".
Un livre « éclairant » ! Un livre qui nous amène dans questionnements philosophiques, existentiels. Avec une tentative de « réponse »... Un livre plein de sens magnifié par l’usage de la brièveté. Magnifique, éclairant ; « sensé » et spirituelle. Très belle réécriture biblique -Jésus - à la manière si poétique de Bobin.
“ Lui, ha quel cuore di bambino che nulla sa di distinzioni. … come se non ci fosse né virtuoso, né canaglia, né mendicante, né principe, ma solo, ogni volta, due esseri viventi faccia a faccia, e in mezzo ai due la parola, che va, che viene “.
Petit livre avec des pensée fragmentaires et souvent très originales dont la ligne directrice est l'homme Jésus qui dans sa marche/ses démarches nous regarde et est l'expression de la présence de l'amour divin ... Je confesse que je n'aime pas tellement le genre bobien de prose et de poésie mélangés.