" Cette nuit, j'ai lu Célestine . Ton texte m'a bouleversée, je n'ai pas pu m'arrêter. Je te dois une nuit blanche. " Amélie Nothomb Années soixante, quelque part dans la France profonde. Célestine, orpheline dès sa naissance, est élevée par de lointains parents qui n'avaient jamais voulu d'enfants. Dix-sept ans plus tard, l'adolescente se retrouve devant la cour d'assises des mineurs. Mais que s'est-il donc passé pour que la ravissante et douce Célestine, dont l'avenir était plus que prometteur, soit jugée pour un crime dont tout semble l'accuser ? + Prix Chapel 2021 (Prix littéraire de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth) + Manneken-Prix de l'auteur bruxellois 2022
En fait j’ai l’impression que pendant 100 pages (sur 115) on remplit le livre de descriptions physiques sensuelles sur les personnages, et que soudain dans les 7 dernières pages on nous explique le pourquoi de ce qui est dit dans le résumé, mais c’est beaucoup trop expéditif. C’est comme si j’avais lu un prologue beaucoup trop long, mais qu’on n’allait jamais dans l’histoire. Il y a deux temporalités, une quand Célestine est enfant et une 17 ans plus tard, au moment du drame, et j’ai l’impression ce qu’on me raconte de son enfance n’est qu’un remplissage qui n’est pas lié à la situation de 17 ans.
J’ai eu l’impression de lire un roman écrit pas un homme qui a soif de sexe. Sur 115 pages, je pense qu’il y en a au moins 30 qui ne parle que de descriptions physique des personnages. Ça nous explique comment les hommes du village peinent à se retenir en voyant Célestine, tant elle est belle. On nous montre comment naître avec des oreilles décollées et des dents de travers c’est être « une horrible fille » (dans la narration, pas un personnage). Comment l’habillement de Célestine révèle sa sensualité qui rend jalouse toutes les femmes avec des envies de meurtres et des rêves de ça.
Bref, j’ai l’impression qu’on a mis des descriptions physiques qui ne servent pas à grand chose (en tout cas pas à « l’intrigue » pour passer le temps et tout nous jeter dessus (avec grande violence, on parle de viol explicite, TW!) lors des 10 dernières pages.
« Naître après le décès de ses parents… Vous n’allez quand même pas m’dire que c’est la façon d’faire du commun des mortels ! » ****
Effectivement, si l’on considère qu’elle est venue monde grâce à une césarienne pratiquée en urgence par un vétérinaire local lors de l’accident de voiture de ses parents, on peut affirmer raisonnablement que les débuts de Célestine dans le monde sont à tout le moins inhabituels et peu enviables. Heureusement, la suite est moins dramatique : Célestine est recueillie par de lointains parents dans un petit village français et sa beauté et son intelligence semblent la promettre à un bel avenir. Comment expliquer dès lors que Célestine se retrouve dix-sept ans plus tard devant la Cour d’assises pour mineurs ?
Au fil du roman, le lecteur suit le parcours de l’enfant, puis de la jeune fille, avec en toile de fond le contexte social et audiovisuel de l’époque. Célestine est une héroïne forte et fragile à la fois, attachante, et tout au long de l’histoire, cette question lancinante : qu’a-t-il bien pu se passer pour que tout bascule ?
La découverte de ce roman, reçu en service presse, est une agréable surprise. Je ne savais pas à quoi m’attendre et il ne m’a fallu que quelques heures pour lire cette histoire courte mais dense. Une tranche de vie qui aurait pu être banale, dans un petit village des plus ordinaires, avec des êtres qui le sont tout autant, mais ce serait oublier les noirceurs et les pulsions de l’âme humaine…
La fin nous prend par surprise et à titre personnel, je l’aurais aimée moins abrupte et plus développée. Cela dit, ce côté abrupt sert le propos et il s’agit donc d’une réserve purement subjective.
L’écriture de Sophie Wouters est à la fois agréable, vive et spirituelle, avec çà et là quelques touches d’humour cynique comme je les aime. Je terminerai par une comparaison élogieuse qui ne m’a pas quittée tout au long de ma lecture : je n’aurais nullement été surprise d’apprendre que « Célestine » avait été écrit par notre compatriote Armel Job, tant au niveau de la forme que du fond. Un bon premier roman et un auteur à découvrir J
Voici une lecture particulièrement déroutante. Je suis incapable de dire si j'ai aimé ce petit livre d'à peine 130 pages. Nous allons suivre quelques passages du procès de Celestine, mais c'est surtout sa vie qui va nous être dévoilée. Ses espoirs, ses rêves, ses envies, stoppés en plein vol pour la plupart. L'écriture est particulière, un peu comme si quelqu'un nous racontait l'histoire de Celestine d'un point de vue extérieur, tout en sachant très précisément ce qu'elle ressent à chaque instant. Nous voyons la petite fille devenir jeune femme, nouer des amitiés, tomber amoureuse, se rebeller "juste ce qu'il faut". Mais alors qu'elle essaie de s'épanouir "malgré tout", des événements l'en empêchent. Il y a des scènes particulièrement difficiles à lire. Les 3 dernières pages terminent le livre en apothéose, tout va très vite alors que les premières pages sont plutôt lentes. Je ne m'y attendais pas du tout, et j'ai été surprise. Je n'ai pas passé un super moment, mais je ne me suis pas ennuyée. Je n'ai pas aimé, mais je n'ai pas... pas aimé. Je l'ai lu, c'est tout.
livre trop court pour tout ce qu’il s’y passe et il n’y a pas la forme, parfois il y a énormément de description et parfois on a plein d’actions qui se suivent rapidement l’histoire est vide et le procès très mal amené
Quel magnifique premier roman ! Je comprends mieux la phrase de la quatrième de couverture d'Amélie Nothomb "Cette nuit j'ai lu Célestine. Ton texte m'a bouleversée, je n'ai pu m'arrêter. Je te dois une nuit blanche!" . Comme Amélie, j'ai été happée et bouleversée par le destin de Célestine, à lire de toute urgence !
Années 60 dans un village de la France profonde, un tragique accident coûte la vie de ses parents. C'est le vétérinaire qui donnera le jour, par césarienne à Célestine , un triste début de vie. La pauvre orpheline va être recueillie par de la famille lointaine, c'est Berthe et Aristide, couple sans enfant qui vont s'en occuper.
Elle sera élevée avec la télé qui fait son apparition dans les foyers et la religion un point auquel Berthe tient énormément.
1973, Célestine a 17 ans, elle se retrouve devant la cour d'Assises des mineurs accusée d'un crime. Mais que s'est-il passé pour qu'elle en arrive là ?
C'est ce que le roman va nous apprendre petit à petit en alternant passé et présent.
Comment cette douce et ravissante Célestine car elle est belle comme un coeur, une créature de rêve, sublime de beauté et de sensualité a pu se retrouver là?
Sophie Wouters explore les faiblesses humaines avec brio dans ce texte court et dense à la fois. Sa plume tantôt teintée d'humour, de poésie ou de noirceur est magnifique. L'écriture est touchante, sincère, troublante.
J'ai beaucoup aimé "Célestine", une femme forte et fragile à la fois. J'ai adoré retrouver les souvenirs télévisuels des années 60 ; "ma sorcière bien aimée", Léon Zitrone, Denise Fabre, toute une époque retracée avec humour et brio.
Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir et savourer cette petite pépite.
Un premier roman primé par le Prix Chapel.
Ma note : 9,5/10 ♥♥♥♥♥
Les jolies phrases
Comme dans ses rêves nocturnes où elle parvenait en battant ses bras dans l'air, tel un oiseau le fait avec ses ailes, à quitter le sol et survoler la pièce où elle se trouvait, elle était arrivée à le faire en cette église. Elle s'y était parfois retrouvée sur un nuage où elle flânait dans un champ de coquelicots avec Pompidou, Sébastien et sa chienne Belle, et d'autres fois, elle en était redescendue pour suivre ses petits camarades et répéter sagement leurs paroles. Comme elle le faisait aussi merveilleusement bien à la marelle, elle était donc arrivée à se balader avec une grande habilité entre ciel et terre.
Sa voix à la fois douce et très légèrement rauque était d'une gentillesse et d'une froideur subtilement dosées. Elle semblait bien souvent observer la vie d'un nuage, effet que ses yeux gris-bleu voilés par la brume qu'elle dégageait de son long fume-cigarette assorti à son grain de peau ne faisaient qu'augmenter.
Elle avait réalisé très tôt la grande loterie que représentait le hasard de la naissance et n'était donc pas habitée, contrairement à son cher mari, par la moindre once de snobisme.
Et c'est là, enfermées toutes deux dans la chambre de Célestine et étendues sur son lit, que la petite propriétaire de ces lieux ressentit pour le première fois depuis sa venue au monde l'étrange besoin de s'épancher. Les remous de son coeur avaient sans doute fait déborder les sentiments qui l'habitaient.
Elle lui faisait penser à certaines oeuvres du musée du Louvre qu'il avait cru connaître dans les moindres recoins et qui n'avaient pourtant cessé de le surprendre en lui révélant à chaque visite un nouvel élément ou un détail d'importance qui les rendait plus belles encore.
Il est bien connu que l'amour a le pouvoir d'embellir les plus malchanceux et d'illuminer chaque personne touchée par sa grâce.
Le vouvoiement permet indéniablement d'exprimer les choses avec délicatesse et politesse mais a tout autant le grand pouvoir de rendre certains propos plus durs encore qu'ils ne l'auraient été avec le tutoiement.
C’est l’histoire de la petite Célestine, orpheline élevée par une vieille tante et son mari dans la campagne profonde des années 60-70. Célestine grandit : elle est d’abord tout mignonne puis jolie puis ravissante au point que tous les adolescents et les hommes du village la reluquent sans vergogne. En plus elle est intelligente, bien élevée, elle a du cœur et de l’empathie et « un pouvoir d’adaptation qui en sidérerait plus d’un ! »dixit la mère du garçon bien né dont Célestine est amoureuse.
Pourquoi donc la retrouve t-on alors, dès les premières pages, devant la Cour d’Assise des mineurs alors qu’elle a 17 ans ? On ne le saura qu’à la toute fin du livre mais on s’en doute quand même avant !
Un très court roman qui se lit très vite. Le sujet n’en est pas particulièrement original et j’ai personnellement trouvé les personnages un peu caricaturaux et l’opposition campagnards rustres et gens de la ville riches et cultivés un peu forcée.
Finalement ce qui m’a plu davantage c’est le rappel des années 1960/70, à travers les émissions de télé (La séquence du spectateur, Belle et Sébastien, Ma sorcière bien aimée, Guy Lux et Léon Zitrone…), les pubs (les montres Kelton !) et l’atmosphère un peu Chabrolienne dans ce petit village où tout le monde épie tout le monde et commère à tout va ! Pas trop convaincue non plus par la fin de l’histoire…
Bref, une petite récréation entre deux livres plus riches. 2,5/5
"Années soixante, quelque part dans la France profonde. Célestine, orpheline dès sa naissance, est élevée par de lointains parents qui n’avaient jamais voulu d’enfants. Dix-sept ans plus tard, l’adolescente se retrouve devant la Cour d’assises des mineurs. Mais que s’est-il donc passé pour que la ravissante et douce Célestine, dont l’avenir était plus que prometteur, soit jugée pour un crime dont tout semble l’accuser ?"
C'est assez étrange car je ne saurais dire si j'ai aimé cette lecture ... ou pas ... En effet, Célestine est attachante avec un début de vie très compliqué. On la suit dans son évolution jusqu'à l'adolescence et on a peur pour elle, on ressent un dégoût profond dans les actes qu'elle va subir mais à côté de ça j'ai aussi aimé les références à Léon Zitrone, Denise Fabre ... Mais j'ai trouvé la fin trop rapide, trop "brusque". Je pense que la fin aurait méritée quelques pages supplémentaires.
Grosse déception pour moi que ce premier roman de Sophie Wouters. Bien que le début ait semblé prometteur, la suite n'a pas tenu ses promesses à mes yeux. Il me semble que tant la narration que l'écriture laissent à désirer. Ainsi, un personnage peut s'exprimer dans un langage très vulgaire puis subitement passer à un registre beaucoup plus élevé. Ce roman est court mais m'a paru vraiment long, avec un final bref et décevant. Quant aux personnages, je n'ai à aucun moment réussi à m'y attacher.
Célestine est née après la mort de ses parents. Élevée par une tante et un oncle lointains, elle va très vite devenir une sublime jeune fille avec la tête bien faite et qui saura bien se débrouiller pour arriver là où elle le souhaite.
Un conte sur les périls qui guettent les jeunes filles. Le loup n’est pas toujours caché au fond des bois
A very short but incredibly intense story that immerses us in Célestine's youth in a small French village in the 1960s.
We feel a great deal of sadness and anger for all the adults who hurt her in her younger years. The ending is harsh and shocking, and as the pages turn, we feel the drama creeping dangerously closer.
J'ai beaucoup aimé lire l'histoire de Célestine, son enfance et son adolescence. Par contre, la fin n'était pas du tout celle à laquelle je m'attendais et j'aurais souhaité que le roman se termine autrement. J'ai ressenti du dégoût et de l'injustice pour Célestine, qui ne méritait en aucun cas ce destin souillé par des hommes qui se comportent comme des animaux.