Baptiste est parti pour les Etats-Unis il y a soixante ans, en laissant son fils aux soins de sa belle-soeur et sa belle-mère dans les Pyrénées. Michel pense que son père l’a abandonné. Quand Tine, la belle-soeur, décède, Zellie la fille de Michel trouve des lettres de Baptiste : qu’est-il devenu depuis tout ce temps ? Ce sont ces quelques phrases qui résument l’intrigue de ce roman qui plaira aux amateurs de secrets de famille et de romans sur la vie quotidienne au XXe siècle.
Je m’attendais à un roman entièrement épistolaire mais ça n’a pas été le cas : on alterne entre les lettres de Baptiste à son fils Michel, et des chapitres en majorité du point de vue de Zellie, la fille de Michel. Cette double narration apporte beaucoup au récit car ça permet différents points de vue et de voir l’évolution des personnages à la lecture même de ces lettres, ce qui n’est pas forcément possible dans un roman épistolaire au sens propre du terme. Lettres de Washington Square est une belle et triste histoire sur l’amour d’un père pour son fils, son exil aux Etats-Unis, sa reconstruction et les conséquences des secrets au sein d’une famille. Ça traite également des racines, du sentiment d’appartenance à une patrie, de la construction et du sentiment d’abandon.
On y découvre, en même temps que Michel et Zellie : Ellis Island, l’immigration, le fameux « tout le monde peut réussir aux Etats-Unis », la diaspora française, … C’est passionnant car c’est un passé pas si lointain, que nos grands-parents ont pu vivre et ça permet de se sentir encore plus proches de ces personnages si attachants. J’ai adoré chacun d’entre eux, y compris les personnages secondaires, de la même manière que Michel s’est attaché à eux à la lecture des lettres de son père.
Le roman est porté car une écriture qui alterne entre descriptions et dialogues, juste ce qu’il faut pour ne pas s’ennuyer. Et même si j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le roman, une fois que j’ai eu dépassé la centaine de pages, j’ai tout dévoré, je voulais savoir si Baptiste et Michel pourraient se revoir avant la fin. Une belle découverte donc, que je recommande chaudement !