Mon jumeau et moi sommes orphelins. À 16 ans, nos problèmes consistent à se trouver une petite amie, arriver à l’heure au bahut et éviter le plus possible devoirs et tâches ménagères. Quant à notre avenir, il nous tend les bras et ne dépend que de nous… Du moins, c’est ce que nous avons toujours cru.
Mais les certitudes n’existent que pour être balayées… par les éléments, qu’une partie de la population peut contrôler par magie. Nous y compris, semble-t-il. Mais ce nouveau pouvoir, en plus de chambouler notre quotidien, implique trop de choses : des vérités qui dérangent, une cible permanente sur notre tête et un choix qui me semble impossible : tuer ou être tué.
Bienvenue dans la communauté des Chuchoteurs, des êtres à part qui manipulent l’eau, la terre, l’air et le feu. Des êtres qui côtoient les cryptides, des créatures mythiques tout droit sortis de nos contes et légendes. Des êtres qui s’entretuent pour toujours un peu plus de pouvoir…
Pour échapper à cela, je ne peux compter que sur un oncle bourru, mon frère Lucas, mon ami Yannick et mon… chien. Aussi fou que cela puisse paraître, il est mon meilleur atout, un as dans la manche qui passe son temps à dormir, baver et à éviter étrangement tous les sujets importants…
Je regrette clairement de ne pas avoir commencé ce livre plus tôt !
C’est une Urban Fantasy qui réunit tous les éléments de ce que j’aimais quand j’étais au lycée, mais que je n’arrivais plus à trouver ces dernières années.
On y retrouve deux lycéens jumeaux (l’histoire en suit surtout un), qui découvrent qu’ils peuvent manipuler les éléments, mais surtout qu’un chasseur est aux trousses de leur famille. Ils doivent apprendre à maîtriser leur pouvoir et l’augmenter rapidement s’ils veulent avoir une chance.
Ils peuvent aussi s’associer à des animaux qui peuvent pour certains évoluer (on dirait des Pokémons c’était trop stylé) et qui peuvent avoir des pouvoirs spéciaux. Une fois le lien créer, ces créatures peuvent communiquer avec leur “maître” et elles ont chacun leur petit caractère, c’est trop marrant !
Bref, le tome 1 était génial, il va falloir que je me procure la suite maintenant 👀
Après avoir traîné pendant plusieurs mois dans ma PAL, je me suis enfin lancé dans ce premier tome (oui l'annonce du tome 3 m'a un tantinet boosté).
La première partie de ce roman était un peu longue selon moi, puisque l'auteure pose les bases de ses personnages ainsi que leur relation, même si les éléments anormaux commencent à arriver assez rapidement. J'ai beaucoup plus aimé la seconde partie, beaucoup plus fluide et active !
J'ai beaucoup aimé les mentalités des jumeaux, puisque même si ils sont très proches ils ont une réflexion bien différente et parfois quasiment opposé.
J'ai beaucoup aimé aussi l'originalité fantastique de l'auteure, je ne m'attendais pas à ça et ça a été un très bonne surprise pour le coup !
C'était tellement bien! J'ai adoré en apprendre plus, au fil de ma lecture, sur les cryptides et leurs pouvoirs. Le fait d'inclure certains mythes dans l'histoire était vraiment bien trouvé, et rendait le récit encore plus captivant (Gros big up à Melchior et à Orion❤🔥).
Quand les Éditions du chat noir avaient annoncé la sortie du roman, Le prince des oubliés, le résumé ne m’avait pas emballé en raison des archétypes et du fondement initial plus que commun. Des orphelins découvrant tout à coup l’existence de leur héritage magique ! Cependant, la chronique d’Ombre Bones m’a fait changer d’avis. J’ai profité deux fois de la présence d’Estelle Vagner à la Foire du livre de Bruxelles. L’une pour introduire le premier tome dans ma pal, l’autre pour l’en sortir afin de prendre la suite si l’aventure me convainquait.
Comme expliqué dans l’introduction, la situation initiale de l’histoire est un trop fortement exploité dans le genre. On a deux orphelins qui se découvrent des pouvoirs hérités de leurs parents. Ils vont devoir s’entraîner afin d’échapper à leur meurtrier désireux d’augmenter sa puissance dans le monde des Chuchoteurs. L’originalité de cet univers repose selon moi sur le système magique élaboré par l’autrice, car il exploite la divergence des points de vue sur une même situation. Une différence due à notre subjectivité.
D’un côté, nous avons les Chuchoteurs. Des êtres capables de manipuler les éléments en murmurant des ordres précis et de s’associer à un cryptide ou de tuer ces créatures pour gagner en force. De l’autre, les humains ignorants leur existence malgré les incidents provoqués par les sorciers. Le subconscient altère la réalité afin de protéger son possesseur, de le confiner à ce qui est connu et rationnel, ce qui engendre deux explications distinctes d’une même situation. La romancière joue sur ce concept avec subtilité et humour.
Jonah et Lucas sont obligés d’appréhender cet héritage auprès de leur oncle qui les élève depuis la mort de leur parent. Intraitable, Martin les entraîne avec une discipline de fer et beaucoup de non-dits qui se révéleront terrifiants et traumatiques. L’adolescence est une période de construction de soi. On se projette dans l’avenir, on rêve, on bâtit son identité. En découvrant leur véritable nature, les jumeaux voient leurs projets voler en éclat.
Leur relation vacille à cause de leurs craintes et de leurs caractères. Jonah (dont nous suivons majoritairement le point de vue) est doux, calme, gentil et curieux. C’est l’introverti du duo. Il doute, mais ne dévie pas de ses principes ! Il trouvera des solutions étonnantes et rafraîchissantes dans le genre du fantastique pour traverser les épreuves. Le chemin qu’il choisit n’est pas de tout repos !
Lucas est le protecteur. Celui qui défend Jonah depuis l’enfance. C’est son obsession, car c’est la seule famille qu’il lui reste. D’un naturel bravache, il cache ses blessures et est sans doute le plus faible du duo, en dépit des conceptions véhiculées par notre société.
L’amitié a sa part belle dans ce roman en la personne de Yannick. Un personnage secondaire dont le traitement est bien plus approfondi qu’attendu. Enthousiaste et curieux, c’est un survivant du harcèlement. S’il incarne le copain qui dégaine la plaisanterie à chaque instant, il se révèle être un ami fidèle sur qui on peut compter en toute circonstance.
En bref, malgré un postulat de départ vu et revu, Le prince des oubliés intègre judicieusement dans son univers des concepts comme la différence de point de vue sur un événement vécu par plusieurs personnes. Il valorise des caractéristiques malmenées par notre société en prouvant la pertinence d’actes bienveillants pour survivre aux desseins du mal. Les choix d’Estelle Vagner pour développer son récit m’ont convaincue.