This book provides an up to date, high-level exchange on God in a uniquely productive style. Readers witness a contemporary version of a classic debate, as two professional philosophers seek to learn from each other while making their cases for their distinct positions. In their dialogue, Joshua Rasmussen and Felipe Leon examine classical and cutting-edge arguments for and against a theistic explanation of general features of reality. The book also provides original lines of thought based on the authors’ own contributions to the field, and offers a productive and innovative inquiry into on one of the biggest questions people ask: what is the ultimate explanation of things?
In simple terms, this book is a conversation about the ultimate foundation of reality. And it's a conversation you'll want to pay attention to. Rasmussen and Leon are both knowledgeable and careful thinkers, and in this exchange the bring out the best in one another. Rasmussen is a Christian. Leon is an agnostic. But they join together to investigate life's deepest questions, albeit from much different angles.
The book is organized into three sections. The first section explores the need for a foundation of existence. The second section explores the idea that this foundation is personal. The third section explores the idea that this foundation is good. Rasmussen and Leon alternate chapter by chapter. But rather than merely responding to arguments and raising objections, each author builds off of and adapts the arguments of the other. This is what makes this book truly unique because the goal is not to win an argument, rather, the goal is to engage in the best thinking possible.
Rasmussen provides several unique and thought-provoking arguments. Two such arguments are his "Geometric Argument" and his "Argument from Arbitrary Limits." Leon ultimately cautions against our ability to reach conclusions about the foundation based on our understanding alone. To put it another way, he expresses serious doubts about the legitimacy of any argument reasoning from the familiar to the unfamiliar, with the foundation being quite unfamiliar. In the end, Leon argues that some form of naturalism is the best explanation of this foundation, while Rasmussen argues in favor of some form of theism (though he does leave the door open for some form of naturalism as well).
Insofar as an assessment of the respective arguments goes, for most of the book I find Rasmussen to be more convincing. He is meticulous with his arguments and careful not to overstate his case. Leon is similarly careful, but most of his arguments are best understood as cautions rather than rebuttals to Rasmussen's. With that understanding, they are helpful in keeping the arguments honest, and they may lower one's confidence in the argument, but they nevertheless don't render the arguments more plausibly false. So the scales probably still tip toward Rasmussen.
The one exception to this is Leon's arguments against the goodness of the foundation. Here he presents myriad formidable challenges to the idea that the foundation is personal and good. He also succeeds in weakening the force of many prominent theodicies - such as Alvin Plantinga's "Free Will Defense." Rasmussen's response is to craft a hypothetical narrative as an example of a "Storyteller Theodicy." This may be personally compelling, but intellectually doesn't pack the same punch as Leon's arguments.
Ultimately, I highly recommend this book. In fact, if you're at all interested in philosophy of religion it is an essential read. It is intellectual inquiry of the highest caliber. But be warned that regardless of where you fall on the belief spectrum, this book will make you uncomfortable at times. It is also a more advanced read. So be sure to devote enough time to properly wrestle with the arguments in each chapter.
Très bon dialogue (échange, débat ?) sous forme d'une "enquête" sur l'existence de Dieu entre un théiste (chrétien, Joshua Rasmussen) et un athée (Felipe Leon). Rasmussen est l'un des meilleurs défenseurs de l'existence de Dieu, en particulier des arguments cosmologiques (de la contingence) et un spécialiste sur la conscience. Leon est un des meilleurs philosophes athées qui s'est très bien documenté sur les preuves théistes, rien à voir avec d'autres athées complètement ignorants (Richard Dawkins, Thomas Durand le zététicien de la Tronche en biais) ou piètres (Comte-Sponville, Onfray).
1) On a une série de chapitres où chacun répond à son tour chapitre par chapitre. Les deux auteurs n'ont pas pour but premier de défendre leur position ("leur boutique") mais de comprendre du mieux possible la position de l'autre, de cheminer ensemble et de critiquer les arguments opposés avec respect.
2) Ils se posent deux questions : A) Y a t-il un fondement ultime à la réalité, au monde qui nous entoure ? Ils sont tout deux d'accord (où au moins, Leon est prêt à concéder ce point). B) Quelle est la meilleure explication, le type de fondement ultime qui explique le mieux la réalité dans tous ses aspects ? Un être surnaturel personnel bon : Dieu ou une entité impersonnelle purement naturelle ? Rasmussen défend la première option, Leon sans être matérialiste (il reconnaît l'existence d'une substance au-dessus de la matière) la seconde.
3) Dans ce but, ils vont aborder quasiment tous les domaines de la réalité : la contingence (le fait qu'une chose aurait pu ne pas exister), la complexité du vivant, le réglage fin (des constantes physiques) de l'univers, la conscience, la morale (le bien et le mal), la raison (les principes de la logique), le mal et la souffrance (le problème du mal).
4) Chacun reprend grosso modo les arguments classiques mais les formule avec la rigueur de la philosophie analytique et en prenant en compte le débat actuel. Le gros de la défense de Rasmussen s'appuie sur une nouvelle version de l'argument de la contingence avec ce qu'il appelle l'argument géométrique et l'argument des limites arbitraires. Puis il reprend une théodicée du plus grand bien pour répondre au problème du mal de manière originale avec sa "théodicée de la grande histoire". Leon quant à lui reprend les arguments de la contingence pour montrer que l'univers se suffit à lui-même (Spinoza, Bertrand Russell, Oppy) pour s'expliquer et le problème du mal.
5) Le livre rappelle que le débat ne devrait pas se limiter au théisme classique (conception classique de Dieu dans les trois monothéismes) vs le naturalisme conservateur (“Il n’existe absolument rien d’autre que la matière.”). Il y a tout un spectre avec de nombreuses positions entre ces deux extrêmes (des théismes “hérétiques” avec un Dieu “moins fort” et des naturalismes qui acceptent autre chose que la matière).
6) En particulier, Leon apporte beaucoup de lumière sur la diversité des positions athées possibles : il y a plusieurs naturalismes possibles, certains plus matérialistes que d’autres, certains pas aussi simplistes (Spinoza), certains laissent même de la place aux choses immatérielles (David Chalmers). Il y a aussi ceux qui adhèrent à un platonisme athée (Erik Wielenberg) : ils reprennent la théorie des idées Platon mais sans situer ces idées en Dieu comme la tradition chrétienne mais plutôt dans un espace abstrait impersonnel.
7) Les points à améliorer pour Rasmussen (selon mon humble avis) : En concédant au naturalisme que toute la réalité est faite d’une seule et unique même substance (pour Rasmussen c’est le fait d’être rationnel), il enferme ainsi Dieu qu’il appelle l’Esprit maximal avec toute la création ce qui porte atteinte à la distinction entre Créateur et création. A la majesté infinie de Dieu. De plus, peut-être qu'il' exagère en voulant intégrant (trop) le naturalisme dans son théisme : il n’utilise clairement pas l’expression “cause matérielle” dans le même sens que Leon. Face aux objections de éléments négatifs de la création (viols, tortures, souffrance animale, diversité des religions, les prières non-exaucées), il aurait quand même pu parler parler de la Chute (avant laquelle il n'y avait pas de mort et de souffrance humaines).
8) Il faudrait sincèrement que je prenne mon temps pour relire les arguments. Mais j'ai trouvé Leon sur la forme plus rigoureux que Rasmussen tout en étant très clair. Rasmussen lui illustre son propos avec de nombreux exemples mais je l'ai moins compris dans l'ensemble. Son argument des limites arbitraires me semble correct mais Leon m'a challengé sur beaucoup de points. Sur la finalité (que l'ordre de l'univers révèle un "designer" intelligent), Rasmussen me convainc, pas Leon.