Au début ce livre a été une bonne surprise, certains passages m'ont malheureusement moins plu, carrément qui m'ont gâché ma lecture et qui m'ont rendu très mal à l'aise.
Freya est une jeune femme qui revient auprès de sa meute après des vacances de plusieurs mois. A son retour elle doit assister à l'enterrement de sa mère, mais elle ne pense pas que sa mère soit réellement morte de l'étrange maladie qui touche les loups. La disparition de sa mère, en plus des questions que se la pose, crée un problème dans la hiérarchie de la meute, Freya va-t-elle reprendre la direction de la meute et avec qui ? Caïn son petit ami de toujours ou Lev l'Alpha d'une autre meute. De plus, pourra-t-elle arrêter le Ragnarök qui arrive ?
Au début, j'ai eu un peu peur, car l'histoire se passe en Norvège, écrite par une autrice française. Par moment on voit que les références sont faites par une française et pas une norvégienne, je pense à la phrase marquante de la bande dessinée Iznogoud. De plus, je ne me suis pas sentie dépaysée. Donc, je ne sais pas si c'est un manque de cohérence sur la Norvège de la part de l'auteur ou si c'est moi qui suis incapable de voir le travail sur ce pays, car je ne le connais pas. Je suis curieuse d'avoir des retours sur ce point.
J'ai trouvé les personnages franchement classique voir même un peu trop déjà vu, l'autrice ne sort pas des sentiers battus clairement. On a l'héroïne qui ne peut pas se transformer qui veut prouver qu'elle est capable et se découvre des pouvoirs insoupçonnés. On a le mec jaloux, imbu de lui-même qui sait ce qu'il veut et qui ne se remet pas en cause. Et forcément, l'alpha viril, mystérieux et ténébreux. On est clairement dans les archétypes.
Mon gros problème avec ce livre c'est qu'un passage nous parle d'un acte répréhensible, mais on ne va jamais rentrer totalement dans le cœur du sujet. Comme on le dit souvent j'aime qu'on appelle un chat un chat, ce n'est pas le cas ici. En plus sur booknode personne ne parle de ce problème, au point de me demander si je n'avais pas lu de travers. Verdict non je ne suis pas folle (j'ai demandé des avis complémentaires).
SPOILER : Caïn la viol, le mot n'est pas utilisé et je ne sais pas si autrice ne voit pas la scène comme un viol ou elle essaye de minimiser la situation pour faire durée son triangle amoureux, ou si c'est l'héroïne qui se voile la face. A ne pas précisé la teneur de l'acte, ça peut causer un amalgame (attention dans les deux cas on nous parle bien d'un acte répréhensible, mais pas de viol). Surtout qu'on ne va pas présenter Caïn comme quelqu'un qui ne respecte pas le consentement, mais plus comme quelqu'un qui pense d'abord à ses intérêts personnels et sa volonté de diriger. Donc, déjà on ne met pas le personnage masculin en porte-à-faux pour son crime. Pendant la première moitié ce n'est jamais le viol qui lui est reproché, mais son ambition. Dans la deuxième moitié, on lui trouve des excuses, on essaye de nous le rendre attachant et repentant, pour moi c'est un échec. Mais c'est surtout que pendant tout le début, c'est très mal présenté du point de vue de l'héroïne, en fait on nous cache ce qui s'est passé, mais on ne ressent pas la gravité du viol, le ressentie de la victime, on sait qu'elle n'est plus très à l'aise avec lui (dans le sens où elle reste avec lui même si elle ne l'aime plus, pas dans le sens tu m'as violé et tu me dégoûtes).Ce que j'ai ressentie c'est plus de l'ordre de la trahison que du viol. De plus, j'ai l'impression qu'elle n'essaye même pas de prendre ses distances avec son violeur, elle est partie 3 mois mais à son retour rien ne change, elle veut faire sa vie avec son violeur (charmant). En gros tout ça pour dire que je trouve que ce n'est pas très bien présenté. C'est de la culture du viol. J'aime que les auteurs et autrices utilisent le mot viol, car c'est un mot hyper fort, mais ça permet au lecteur qui n'a pas encore parfaitement les notions de consentement de bien comprendre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas. Si le mot n'est pas dit le doute est permis alors même si auteur à bien le viol en tête, juste le dire une fois à un moment, pas forcément après les faits, pas forcément de la bouche de la victime mais qu'on est le mot. Il faut appeler un chat un chat, j'en ai marre de se tabou de mettre des viols dans les fictions, mais ne jamais dire que c'est un viol. Je sais que ce n'est pas présenté comme positif : "ignominie" ... mais pourquoi ne pas dire viol ? C'est une vraie question, car le point des mots est important alors pour moi ne pas dire viol c'est minimisé et surtout on enlève aussi tout le côté juridique, illégale, répréhensible par la loi. Alors, on va me dire qu'ils ont forgé un lien d'âme sœur, mais ça ne change rien le côté métamorphe ne justifie pas cette scène et encore moins la suite de leur relation.
Le triangle amoureux, c'est clairement tout ce que je déteste ! L'héroïne a deux prétendants, un qui me révulse énormément, je le hais viscéralement donc à chaque moment de partage entre eux je suis mal à l'aise (lien avec le spoiler) et l'autre, je vous laisse découvrir. Le doute de l'héroïne ne fait que m'énerver, vraiment à un point inimaginable. Je n'ai jamais lu un triangle amoureux qui tient moins la route que ça.
SPOILER : Donc, d'un côté on a un dragueur invétéré qui joue sur plusieurs front et de l'autre un violeur. Ok elle est liée à Caïn, c'est avant le viol, mais ça reste quand même bancal, car il en a un que je veux voir disparaitre, alors quelle face sa midinette avec lui me rend folle. D'un côté on a une relation toxique présentée comme charmante et de l'autre une relation qui repose sur l'honnêteté ou du moins jusqu'à ce qu'on apprenne qu'il drague toutes les alphas. En plus ça fait mal d'entendre que Freya doit s'estimer heureuse d'avoir Caïn, franchement personne doit s'estimer heureuse de faire sa vie avec son violeur, le fait qu'elle soit potentiellement stérile ne change rien. C'est triste et énervant de lire ce genre de choses ça n'aide pas à valoriser la femme bien au contraire. Par conséquent, j'ai du mal à voir en Freya une héroïne que j'ai envie de suivre, j'ai surtout envie de l'envoyer en thérapie et de lui apporter mon aide.
Pour ce qui est de l'univers, j'aime beaucoup cette utilisation de la mythologie nordique, surtout qu'on sort de la mythologie grecque qui commence à être extrêmement utilisé donc ça change sans être pour autant innovant.
J'ai aussi énormément aimé la construction du livre, on a des intrigues secondaires, on arrive à bien cacher des informations et faire monter le suspens. Franchement il y a un vrai travail d'écriture et de construction de l'histoire, ça fait plaisir de voir qu'on essaye de mettre en place des choses un peu complexes dans ce premier tome. Enfin si nous mettons de côté tout le côté relation amoureuse et comme c'est une romance paranormale c'est la majeure partie du livre.
La plume est fluide et elle arrive à nous embarquer dans son histoire. Dommage qu'il y ait une scène qui met totalement bloquée.
En gros ce livre a un bon univers mais c'est totalement gâché par les relations des personnages. Ce livre est un échec pour moi et ne correspond pas à ce que moi je souhaite lire, bien au contraire c'est un melting pot de tout ce que je ne supporte pas de lire. Les relations de l'héroïne détruisent tout le positif du livre.
SPOILER : La seule logique que je vois à ce roman c’est de faire en sorte que l’héroïne perdent pied.