Après des années d’absence, Jacky Toudic est de retour à Besançon pour s’occuper de sa mère malade d’Alzheimer. Les vieux souvenirs et copains resurgissent. Les vieux travers aussi. En effet Jacky ne gagne pas sa vie comme les honnêtes gens. Son métier : faire Mathieu Kassovitz. Car Jacky est son sosie parfait, et vu que Jacky est escroc, ça fait un bon combo. Depuis des années, se faisant passer pour l’acteur, il monte des arnaques très lucratives. Ce retour au bercail pourrait être l’occasion de se mettre au vert, mais c’est compter sans sa rencontre avec la volcanique Zoé, avocate aux dents longues, qui en a décidé autrement." Depuis Regarde les hommes tomber, le film d’Audiard, tout le monde me demande si je suis Mathieu Kassovitz. Un jour, j’ai décidé de répondre oui. Et ça m’a ouvert beaucoup de possibilités."Durant vingt-cinq ans Jacky Schwartzmann a enchaîné les petits boulots, autant pour gagner sa vie que pour observer ses contemporains. Il est maintenant auteur et scénariste de bandes dessinées et de longs-métrages. Son parcours à la fois schizophrène et formateur lui a inspiré Demain c’est loin (Seuil, 2017) plusieurs fois primé.Il revient cette fois avec Kasso, un polar décapant !
Connaissez-vous la chanson « L’aquoiboniste », écrite par Serge Gainsbourg et chantée par Jane Birkin ? Non ? Alors, avant toute chose, rendez-vous sur une plateforme pour l’écouter. Ensuite, seulement, vous pouvez ouvrir « Kasso ».
Notre narrateur, Jacky Toudic, 47 ans, célibataire, sans enfants, est de retour à Besançon, sa ville natale, pour s’occuper de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Son père est mort depuis deux ans, il est fils unique, il doit donc tenir le rôle d’aidant pour sa mère malade.
Jacky est un personnage complexe, oscillant entre l’anti-héros et le comique. Son métier de « sosie » de Mathieu Kassovitz est à la fois absurde et génial. Il ne cherche pas à imiter l’acteur pour une quelconque gloire personnelle, mais plutôt pour se livrer à des arnaques sophistiquées et lucratives. Ce côté « arnaqueur professionnel » rend son personnage intrigant et permet à l’auteur de jouer avec les codes du roman noir et du thriller. Jacky (le personnage, pas l’auteur…) n’est ni totalement bon ni totalement mauvais, il est le reflet d’une société où les frontières entre le bien et le mal sont floues, et il semble souvent plus préoccupé par son intérêt personnel que par les conséquences de ses actes.
Son retour à Besançon est l’occasion de remettre en lumière son passé et de se confronter à des gens et des événements qui ont marqué sa vie. Tentative de rédemption ou fuite en avant, c’est au choix, mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’arrive pas à s’éloigner de ses mauvaises habitudes.
Le roman de Jacky (l’auteur cette fois…) explore plusieurs thèmes intéressants de manière subtile et originale. L’élément central du roman est cette usurpation d’identité de Mathieu Kassovitz. Jacky devient l’acteur, il vit de ses arnaques et bâtit sa vie sur un mensonge. Le retour de Jacky à Besançon est aussi l’occasion pour lui de se confronter à la maladie de sa mère, Alzheimer. C’est un sujet poignant qui touche la fragilité humaine, l’inéluctabilité du temps qui passe, et la difficulté d’accepter la perte de la mémoire. Tout au long du roman, Jacky semble fuir ses responsabilités, mais le présent le pousse désormais à se confronter à lui-même. Les tentatives de rédemption sont omniprésentes, même si elles restent souvent éphémères et confuses.
« Les problèmes de mémoire de Maman sont totalement élastiques et, je dois le dire, incohérents, en tout cas pour moi. Il n’y a pas d’un côté la mémoire immédiate qui serait niquée et l’ancienne qui serait épargnée. On dirait plutôt qu’on lui a secoué la tête, que les cellules se sont mélangées et qu’elle a le Rubik’s Cube tout décoiffé. »
Zoé, l’avocate « volcanique » et ambitieuse, est un personnage fascinant, presque un miroir de Jacky. Alors que Jacky cherche à éviter les complications, Zoé, elle, est déterminée à obtenir ce qu’elle veut, sans ménagement. Cette rencontre va provoquer chez Jacky une série de décisions qu’il n’avait pas anticipées. La jeune femme joue le rôle de la tentatrice, celle qui va dérégler les plans de Jacky, tout en mettant en lumière les zones d’ombre de sa personnalité. Sa relation avec Jacky fait avancer l’intrigue de manière dynamique.
La plume de Schwartzmann est à la fois fluide, percutante, et souvent caustique. Il sait jongler avec les dialogues incisifs et les descriptions de manière à rendre l’histoire vivante et prenante. L’humour noir est omniprésent, notamment à travers la personnalité de Jacky, qui sait tirer parti des situations les plus désastreuses avec une certaine ironie.
Le ton du roman est un mélange de comédie et de drame, et l’auteur n’hésite pas à basculer entre les deux, ce qui garde le lecteur sur ses gardes. L’aspect dramatique, notamment lié à la maladie d’Alzheimer, est traité avec une grande sensibilité, tandis que l’aspect comique, lié aux arnaques de Jacky, est presque absurde et réjouissant.
Le cadre de Besançon joue un rôle important dans le roman. La ville devient un personnage à part entière, celle qui est chargée de la mémoire de Jacky et de son passé. Les lieux sont décrits de manière à évoquer à la fois la nostalgie et la modernité. Besançon est une ville de contrastes, un peu comme le personnage de Jacky, tiraillé entre son passé et son présent. Ce retour aux sources est une tentative de fuir le chaos, mais il finit par en faire partie intégrante.
« Mes craintes étaient infondées. Je n’ai pas parcouru vingt mètres que l’accent franc-comtois des piétons que je croise me fait déjà saigner les oreilles. Parce que les gens d’ici n’ont pas la bouche comme ailleurs. Et une fois en ville, je constate que, définitivement, peu de choses ont évolué. »
Cette lecture m’a marquée par une alternance captivante entre des moments de pur rire et des instants d’émotion profonde. Ce va-et-vient constant entre le comique et le dramatique est l’une des forces majeures du roman, et c’est ce qui m’a permis de passer un très bon moment de lecture.
« Kasso » est un roman où le lecteur est constamment en tension, partagé entre le rire et la réflexion, et c’est ce qui en fait une œuvre originale et captivante. L’auteur parvient à mêler des thèmes complexes tout en offrant au lecteur une lecture fluide et agréable.
« J’ai toujours eu confiance en toi. Tes capacités. Je t’ai regardé grandir, tu sais. J’ai préféré assister à toi plutôt que de t’assister. Tu comprends ? »
Roman déjanté, ecriture saccadée, de l'humour L'histoire se passe en grande partie à Besançon dont l'auteur est originaire. Il est question de lieux, de rues, de bistrots que j'ai connus. J'y retrouve aussi le langage parfois propre aux gens de la région... ce qui a grandement contribué à mon plaisir de lecture.
Sans être vraiment un polar ni un thriller mais plutôt un roman noir, "Kasso" est tout d'abord un récit très surprenant et vraiment original.
Une histoire d'arnaque autour du sosie de Mathieu Kassovitz, dans la ville de Besançon, au milieux de personnages hauts en couleurs, qui imposent de fortes personnalités.
J'ai avant tout le reste apprécié l'écriture, elle est forte, tranchante, sans demi-mesure, c'est souvent très drôle même dans des situations non risibles, un humour noir décapant, des punchlines qui font mal et une nonchalance et un franc parlé assumés, décomplexés, une écriture coup de poing.
Un récit qui se lit d'une traite car une fois débuté, on ne le lâche plus. Ça file à cent à l'heure, c'est rocambolesque et sérieux à la fois.
A lire d' urgence pour ceux qui aiment quand un récit sort vraiment de l'ordinaire, est décalé, et bien-sûr ceux qui n'ont pas peur d'un langage assez fleuri.
Jacky Schwartzmann est un auteur que je ne connaissais pas mais que je vais suivre.
C'est toujours avec bonheur que j'ouvre un roman de l'auteur. Mais celui-ci m'a légèrement déçu : j'avais deviné une partie du fin mot de l'histoire. Mais je n'ai pas boudé mon plaisir de lecture, adorant les personnages qui vont boire un coup à la morgue parce que l'un d'entre eux est légiste ; Yann et son costume de statue de la liberté ; Elder sorte de Florent Manaudou de la défonce (p.82) J'ai aimé les réflexions du narrateur sur les petites villes : quand tu y as grandi, tu ne les connais que trop (où aller et à quelle heure, quel garagiste entube moins que les autres... p.69) J'ai aimé son avis sur ceux qui se veulent en marge, citent Julos Beaucarne ou Dick Annegarn, se voulant hors-système et surtout contre. J'ai aimé que le narrateur fasse référence à Romain Slocombe, le mec qui écrit des polars. J'ai adoré la vieille voiture dont le lecteur cassette ne passe que la chanson L'Aquoibonniste par Jane Birkin. Le café se boit sans sucre ni cuillère. Mais cette fois-ci, seuls les détails m'ont intéressés, le fond de l'histoire beaucoup moins.
Un roman policier ? Pas vraiment. Plutôt l'aventure d'un arnaqueur sur fond de critique de la société, bourrée d'un humour décalé et de péripéties loufoques. J'ai passé un moment très agréable avec les personnages et leurs paroles crues m'ont surprise, et fait rire plus d'une fois !
Dépaysant et original Un sosie d’un célèbre acteur profite de sa ressemblance pour arnaquer son prochain, puis il prend goût aux arnaques grâce à son amie