Moimoimoimoimoi : le sujet contemporain n’en pincerait que pour lui-même. Ce lieu commun serait amplement confirmé par la culture populaire et certaines pratiques numériques. Mais cette évidence en est-elle vraiment une? Et si certains exemples de cette fascination de soi nous invitaient plutôt à déjouer le piège du narcissisme afin de ne pas sombrer, comme le héros du mythe grec, dans l’abysse que cache notre propre reflet?
Dans la perspective interdisciplinaire des cultural studies, cet essai s’intéresse à quelques cas typiques de figures égocentrées : les séries Girls et The Comeback, les chansons de Kanye West, Taylor Swift ou Father John Misty, la téléréalité The Real Housewives of New York City, les selfies de Kim Kardashian ou de l’influenceur Marc Fitt, les mèmes de l’« instagrammeur » Mr Left Hand. Stéphane Girard arrive ainsi à rendre à la question de notre prétendu égocentrisme – et de ses pernicieux effets – toutes ses nuances et toute sa complexité.
3,5 -- j'ai aimé le propos et les réflexions, mais la façon dont les choses sont citées (directement dans le texte plutôt qu'en annexe) a rendu ma lecture plus difficile, en plus de tout les mots techniques que j'ai dû googler. C'était dense et très factuel, je pense que je m'attendais à quelque chose plus près d'un essai.
Bien que j'aie apprécié la division du narcissisme en quatre piliers et les exemples y étant rattachés, j'ai trouvé cet ouvrage extrêmement dense et pas toujours facile à suivre. Évidemment que les cas de figures y sont centraux, donc il peut s'avérer ardu de comprendre à quoi on fait référence et les citations "in-text" ne rendent pas le tout plus léger.
Cela dit, les arguments y sont intéressants et cet ouvrage a suscité plusieurs réflexions de mon côté. J'ai particulièrement apprécié le dernier chapitre qui met de l'avant la dimension néolibéraliste associée au narcissisme, j'en aurais pris plus.
Je persiste de je signe que Stéphane Girard fait un travail incontournable sur la culture populaire et que ses essais devraient être des lectures obligatoires pour tout le monde qui s'apprête à commenter de manière cavalière un phénomène pop qu'il ne comprend pas.
Suffit de mettre ses essais entre les mains des gens qui occupent la tribune publique à parler de trucs qu'ils ne comprennent pas.
Vous savez de qui je parle.
Si vous les avez à proximité, faites leur lire Stéphane Girard.
J’ai beaucoup aimé les réflexions et le sujet, surtout parce que j’étais familière avec plusieurs des références. Le bémol principal que j’y ai trouvé est l’inaccessibilité de l’écriture: le langage utilisé y est tellement dense que franchement je me demande quel public l’auteur cible avec cette publication… Pour un livre portant sur la culture populaire, je m’attendais à une écriture permettant à ce « populaire » de pouvoir facilement en saisir le propos.