"S'il avait été condamné à mort, je ne l'aurais pas sauvé", telles furent, dit-on, les terribles paroles prononcées par LouisXIV à l'égard de Nicolas Foucquet, surintendant des Finances, homme d'affaires et mécène, politicien de haute volée, bâtisseur génial du château de Vaux-le-Vicomte. Remontant aux sources les plus sérieuses, laissant aux documents et aux actes précis tout leur pouvoir d'évocation, Georges Bordonove fait revivre avec passion et perspicacité la prodigieuse destinée et la mort chargée d'énigmes de celui qui fut l'un des personnages les plus considérables de son temps. Au fil d'un récit mené tambour battant, où le burlesque côtoie sans cesse le tragique, surgissent autour de lui, étonnamment vivants, Mazarin, LouisXIV, Anne d'Autriche, Louise de La Vallière, Madame de Sévigné, Molière, La Fontaine, et bien d'autres grands personnages de l'Histoire. Que savait donc Foucquet ? Quel secret d'État, touchant sans aucun doute à la personne même du roi, détenait-il ? A-t-il succombé sous les coups d'ennemis irréductibles, ou bien a-t-il inconsciemment tissé lui-même la toile inexorable qui devait le condamner à devenir un mort vivant ?
Georges Bordonove est né à Enghien (Seine-et-Oise) en 1920. Licencié ès lettres et en droit, il fait une double carrière : administrative (Affaires culturelles) et littéraire comme romancier, essayiste et historien. C'est d'ailleurs l'histoire qui, en dehors d'études sur Vercingétorix, Les Templiers ou encore Les Rois fous de Bavière, lui inspire les thèmes de ses ouvrages de fiction. L'imagination s'y appuie sur une solide documentation, que ce soit pour évoquer les Gaulois dans Deux Cents Chevaux dorés (Prix des Libraires 1959), les Albigeois dans Le Bûcher, le XIXe siècle dans Chien de feu (Prix Bretagne 1964) ou le XXIe dans Les Quatre Cavaliers (prix de l'Académie française 1962).