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Nos corps étrangers

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Quand Élisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agi­tation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convain­cus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrou­ver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahi­sons ? Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ? Dans son premier roman, Carine Joaquim décrypte les mécaniques des esprits et des corps, les passions nais­santes comme les relations détruites, les incompréhen­sions et les espoirs secrets qui embrasent ces vies.

288 pages, Paperback

Published January 7, 2021

36 people want to read

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Carine Joaquim

3 books2 followers

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13 (23%)
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5 (8%)
1 star
3 (5%)
Displaying 1 - 12 of 12 reviews
Profile Image for VibrationLitteraire.
291 reviews49 followers
March 27, 2021
☆ Dans cette histoire, nous découvrons Stéphane et Elisabeth qui vivent avec leur jeune adolescente Maëva. Ils déménagent tous les trois en banlieue parisienne pour recommencer à zéro. Stéphane a trompé Elisabeth et c'est le temps d'un nouveau départ, d'un nouvel essai de leur couple, pour eux et pour Maëva.⁠

♡ Les personnages sont bien développés et on les découvre un à un dans leurs travers et leurs troubles, dans leurs expériences heureuses et fâcheuses. Le titre est extrêmement bien trouvé et colle parfaitement à cette histoire. Nos corps étrangers, c'est le corps de Stéphane pour Elisabeth, mais aussi son propre corps qui fait parfois défaut ou encore Maëva qui explore le sien et celui d'un autre à l'adolescence. Nos corps étrangers, ça résume parfaitement ce roman, et cette fin si particulière qu'on entrevoit dès le début, qu'on aperçoit rapidement, mais à laquelle on n'ose pas tout à fait croire.⁠

☆ J'ai beaucoup apprécié la plume de Carine Joaquim qui nous dépeint avec brio des ressentis, des vies troublées de Monsieur et Madame Toutlemonde. On n'est pas dans une classe sociale particulière, on ne se trouve pas non plus dans la famille la plus précaire de France. Et pourtant, elle est clairement dysfonctionnelle.⁠

♡ Beaucoup de thèmes importants sont abordés avec non seulement, l'amour, l'adolescence, la connaissance de soi, la parentalité, les premières expériences, les migrants, le deuil, le placement familial, le harcèlement scolaire… et tant d'autres ! On va aussi parler santé mentale avec un adolescent qui présente un syndrome de Gilles de la Tourette tout à fait réaliste avec une prise en charge intéressante.⁠

☆ En bref, un roman percutant, troublant qui dépeint des vies "normales" ponctuées de dysfonctionnements. J'ai passé un bon moment dans cette lecture que je vous recommande si le synopsis vous intéresse.⁠
Profile Image for Marie-Nel.
865 reviews23 followers
January 9, 2021
Le résumé me tentait beaucoup, les thèmes évoqués me parlaient et j'avais très envie de découvrir l'histoire. Je ne distribue pas les coups de cœur à tout-va dans mes lectures, mais là, ce livre ne peut être autre chose qu'un coup de cœur. Les sujets abordés sont tellement forts, la plume de l’auteure est tellement sensible, pénétrante, incisive, l'histoire est tellement prenante en émotions, qu'il n’est pas possible autrement que ce soit une lecture forte.

 

Je ne vais pas trop revenir sur l’histoire pour ne pas trop en dévoiler. On va suivre une famille, les parents et leur fille, Stéphane, Elisabeth et Maëva emménagent dans la banlieue parisienne. Ils habitaient précédemment à Paris mais ils souhaitent vivre plus au calme. Stéphane et Elisabeth souhaitent donner un nouvel élan à leur couple et à leur vie de famille, en vivant dans une plus grande maison avec jardin et un atelier. Car Elisabeth est artiste peintre. Ils veulent prendre un nouveau départ, donner une seconde chance à leur couple qui bat un peu de l'aile, même si Stéphane continue de faire les trajets pour se rendre à son travail à Paris. Comme pour chaque couple qui déménage, le changement est plus compliqué pour leur fille Maëva, qui doit changer de collège et se faire de nouveaux amis. Mais est-ce qu'un déménagement, une remise des compteurs à zéro peut effacer ce qu'il s'est passé auparavant, les trahisons…Rien ne sera facile, pour aucun des trois membres de la famille, et parfois c’est à l’extérieur de la cellule familiale que l'on trouve du réconfort…

 

En lisant ce résumé, vous me direz que cela ressemble à beaucoup d'histoires familiales et que le sujet est assez banal. Mais c’est sans compter sur la plume de Carine Joaquim et sur sa façon de traiter le sujet, d'y mettre une force de vie dans chacun de ses personnages, une puissance qui fait que peu importe ce qu'ils font, on leur donne raison. Difficile de leur trouver des défauts, et pourtant, ils ne sont pas des saints, mais chaque faux pas qu'ils font a une explication, comme si on pouvait tout leur pardonner. Ce n'est pas une histoire familiale banale, chaque membre a des qualités, des défauts, une force en eux qui leur permet de rester debout et de continuer d'avancer malgré l'envie de tout arrêter. Et viennent alors les secrets, les non-dits, qui empoisonnent les relations, créent des tensions. Le titre prend tout son sens, ces corps qui se sont aimés, qui se sont touchés, frôlés, qui viennent de notre propre corps, ces corps peuvent devenir de véritables étrangers les uns envers les autres. Ils ne se reconnaissent plus, ont oublié l’intimité qui pouvait exister entre eux, et deviennent des étrangers. Et bien souvent, c’est également notre propre corps que l'on ne reconnait plus et devient un inconnu, notre esprit ne va plus avec lui, il se dédouble de notre esprit et on ne se rend pas compte de ce qu’il devient. Cette histoire est loin d’être banale ou du déjà vu, elle véhicule des messages forts sur la vie et surtout pourrait être vécue par chacun de nous. C’est ça aussi qui est très fort, c’est que nous avons tous en nous une part de Stéphane ou Elisabeth ou Maeva, et donc nous nous retrouvons à travers eux.

 

Il est impossible de ne pas s'attacher à ces trois personnages dès les premières lignes, on a envie de les connaitre plus, de tout savoir d'eux, on a envie qu'ils aillent mieux, qu'ils se sentent mieux dans leurs vies. Cela ne va pas être simple, pour chacun d'eux, pour les parents dans leur vie de couple, de parents, au travail, intimement, et pour la jeune collégienne dans sa vie de jeune adolescente, dans ses rapports avec ses parents, avec son corps, avec ses copines ou copains, ses premières amours. Chaque membre de la famille doit faire avec ses ressentis et les concilier avec les autres. Je me suis très vite attachée à chacun d'eux. Carine Joaquim les a très bien travaillés, ensemble et en même temps séparément. Je veux dire par là, qu'ils ont à la fois une histoire ensemble et une histoire séparément, elle les a très bien dissociés et en même temps réunis. Ce qui fait qu'on s'attache à chacun d'eux avec la même force, on s'attache à leur histoire personnelle, à leur place dans la famille. Et ce qui est très fort, c’est que malgré leurs actes qui sont parfois répréhensibles, on n’éprouve aucune mauvaise pensée envers eux, comme si c’était normal et logique. On les excuse, on leur pardonne. Et ça c’est grâce à la façon dont Carine Joaquim nous les raconte.

À ces trois personnages, vont venir s'en greffer d'autres que j'ai fortement appréciés également, Sylvain, Maxence, Richie, pour ne citer qu'eux, sont pour moi des personnages importants et forts. Ils apportent un plus indéniable à l’histoire, il ont eux aussi leurs souffrances et leurs propres vécus qui sont très intéressants à suivre. Ils m'ont beaucoup touchée et je les ai vraiment quittés à regret à la fin. D'ailleurs, parlons-en de cette fin, sans dévoiler quoique ce soit bien sûr. J'ai eu des doutes sur un certain sujet, et je ne m’étais pas trompée, mais par contre, je ne m'attendais pas à une telle réaction et aux conséquences qu'elle allait avoir. Là, je suis tombée de haut, en quelques mots, l'histoire tourne au drame familial, drame que je n'ai pas vu venir et qui ne peut que vous marquer. Et là, vous ne pouvez que vous dire que oui, nos propres corps peuvent être de véritables étrangers pour nous-mêmes.

 

Tout cela est mené avec beaucoup de délicatesse par la plume de Carine Joaquim. Le style d’écriture est magnifique, tellement subtil, et en même temps parfois dur. Elle est très réaliste dans ses descriptions de sentiments, ou des personnages et leurs réactions. Elle ne cache rien, montre tout dans sa réalité, et en même temps, reste pudique et délicate. C’est vraiment très bien écrit, il y avait longtemps que je n'avais pas lu un écrit d'une telle qualité littéraire chez un jeune auteur.

L’histoire se lit très bien. L'envie de savoir comment tout va se terminer, si tout va bien se passer ou se résoudre, est tellement forte que l'on a du mal à quitter la lecture et en même temps, j'avais envie de la faire durer pour rester un peu plus longtemps avec ces personnages. C’est un cruel dilemme de vouloir ralentir sa lecture et de vouloir lire plus vite pour savoir. Moi, je n'ai pas pu résister et j'ai lu sans m’arrêter. Et même quand je reposais ma liseuse, ma tête était encore dans l'univers du livre, avec les personnages, me demandant ce qui allait leur arriver. Je me suis totalement immergée avec eux et ça, c’est grâce à la plume de l'auteure.

Elle véhicule également plein de messages sur la vie, je ne peux pas tous vous les citer, au risque de spoiler certains thèmes. Vous vous rendrez compte en lisant que Carine Joaquim traite de beaucoup de sujets de notre société actuelle, avec les conséquences qu'ils peuvent avoir sur notre vie. Tout le monde peut se retrouver dedans, tout le monde a connu ou a vécu des expériences similaires, ou a connu des personnes ayant vécu la même chose. Et là, on ne peut que se demander quelle aurait été notre réaction, et on comprend alors mieux celle des personnages du roman. Et tout cela, sans aucun jugement de la part de l'auteure et donc de notre part aussi, pas de leçon ici, comme cela pourrait être, et c’est grandement appréciable. Et malgré le drame, malgré les douleurs, le final est porteur d'un très beau message d'espoir sur la vie et est même positif. J'ai eu la sensation de reprendre ma respiration et de voir les nuages se dissiper.

 

J'ai une nouvelle fois été bien bavarde dans cet avis. C’est souvent comme ça quand j'aime un roman. Et encore, j'aimerais tellement vous en dire plus, mais ce serait trop en révéler, et ce serait dommage. J'espère juste avoir réussi à retranscrire avec mes mots toute l’émotion que j'ai ressenti à la lecture de cette histoire, que je ne vais pas oublier de sitôt. Je pense que chacun des personnages est gravé en moi, on a tous en nous une part de Stéphane, d'Elisabeth ou de Maeva…

Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman, et je dirais même qu'il faut absolument le lire. Si il ne fallait lire qu'un seul livre en ce début d’année, ce serait celui-là. Carine Joaquim est une auteure à connaître et à suivre. J'ai lu ce livre en numérique, mais je vais très certainement l’acquérir, j’aimerais beaucoup l'avoir en format papier dans ma bibliothèque pour le relire, ou lire certains passages, pour le prêter. Et puis la couverture est tellement belle, et correspond tellement au contenu, toute en sobriété et en même temps très puissante. N’hésitez surtout pas à partir à la rencontre de Stéphane, Elisabeth et Maeva.

Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
741 reviews236 followers
January 11, 2021
Déménager dans une grande maison et investir un atelier situé dans son grand jardin : voilà la grande idée de Stéphane pour « effacer les fautes commises et repartir sur de nouvelles bases. » Élisabeth se laisse séduire, Maëva l’adolescente du foyer fulmine. Élisabeth occupe cette dépendance au fond du jardin pour recommencer à peindre, seul moyen pour elle d’exprimer ses émotions. Stéphane accepte les contraintes de longues heures de transports en commun pour rejoindre son travail, Maëva entre dans un nouveau collège qu’elle déteste, comme chaque ado qui se respecte. Changer de lieu pour changer de vie… Quelque chose qui s’apparente à un semblant de vie normale reprend son cours, mois par mois, trimestre scolaire après trimestre scolaire.

En surface, tout est lisse. En profondeur, les cœurs sont rugueux, les personnalités accablées, les esprits tourmentés. « Ce cirque n’était pas nouveau. Après le retour de Stéphane à la maison, quelques années auparavant, ils s’étaient accordés tacitement sur le rôle dévolu à chacun, et tous l’avaient joué à la perfection. Le gentil mari repenti. L’épouse digne. La jolie petite fille bien coiffée qui racontait ses journées d’école en se persuadant que ça intéressait vraiment quelqu’un. Et en coulisses, ça dégueulait dans la nuit, ça pleurait sous la couette, ça fuyait de tous les côtés. Rien n’avait plus jamais été étanche » Le vide croît chez Élisabeth, le souvenir excite Stéphane, la révolte gronde dans le cœur de Maëva. Toutes ces émotions bouillonnent dans un immense chaudron et le lecteur attend, tout en sachant que le moment viendra, où tout cela débordera.

« Nos corps étrangers » a été une expérience de lecture inédite. C’est d’abord un roman qui séduit par la beauté de la plume. Carine Joaquim possède une écriture empathique, derrière chaque mot se cache une émotion qui frappe le lecteur. Derrière chaque thématique, la vulnérabilité des êtres s’échappe des pages pour parvenir jusqu’à nos âmes totalement ouvertes, accessibles, réceptacles des ébranlements qui s’abattent sur les protagonistes. « C’est dans l’improvisation, sans doute, que se cache le bonheur, dans ces moments infimes où la joie s’invite, d’autant plus précieuse que personne ne l’attendait. » Pourtant, aucune improvisation dans ce texte où chaque évènement a une raison d’être et sert un propos à venir.

J’ai été très perturbée par le nombre de thématiques abordées dans ce roman assez court, 233 pages. J’en ai noté huit, ce que je trouvais énorme. Je me suis demandée si Carine Joaquim aurait pu construire son roman différemment, sans trouver de réponse à mon questionnement. J’avais donc des réserves, mais aussi de nombreuses interrogations. J’ai eu la chance de discuter avec l’auteur, lui demandant de m’expliquer la genèse, ce qu’elle avait voulu exprimer en condamnant presque le lecteur à l’asphyxie. D’une part, elle a m’a ouvert les yeux sur ces thématiques, les reliant entre elles dans cette chose qu’on appelle la vie. Les évènements qui frappent les quatre personnages principaux sont simplement les affres du quotidien. Ils sont tous pris dans leurs vies, différentes selon les personnages, mais bien réelles, si bien que l’essentiel, le drame qui se joue, la tragédie qui se prépare devient invisible. Forte de ces explications, j’ai donc relu le roman, ce qui ne m’arrive jamais et je l’ai vu sous un angle totalement différent. J’ai saisi la mécanique, compris différemment les nombreuses ouvertures qui finalement convergent vers un seul but, compriment et étranglent peu à peu un seul personnage pour converger vers une fin qui laisse réellement le lecteur exsangue, abasourdi et assommé. Ceci me conforte grandement dans mon désir de toujours savoir comment un auteur a pensé son roman, quels étaient ses buts, comment il a envisagé le déroulement et surtout sur quels axes il a travaillé pour parvenir au résultat escompté. Je trouve cela éminemment passionnant et dans ce cas précis, cette discussion a considérablement éclairé ma pensée et délié le nœud que j’avais dans mon esprit.

Je ne peux révéler la thématique centrale de ce récit. Juste vous dire que c’est une thématique forte, tabou, incomprise. Que Carine Joaquim a ajouté sa pierre à l’édifice pour nous aider à comprendre le mécanisme qui se déploie petit à petit, l’état de sidération, l’incompréhension de la personne concernée, mais aussi celle des autres !

Ce roman intense vous broie, mais sans que vous le voyiez venir. Sous les silences, le détachement, les difficultés de vie personnelles finalement banales, la fin du récit vous assomme. J’ai aimé la façon dont Élisabeth reprend vie, elle qui « avait appris à poser un sourire sur son masque quotidien. », elle qui, au travers de la peinture laisse s’exprimer des émotions alors qu’elle « glissait petit à petit dans des vêtements trop amples, rapetissait, s’effaçait du monde avec le plus d’élégance possible. » Son art « c’était la vie qui revenait peupler ses paysages intérieurs. » C’est un beau personnage de femme qui semble invisible, mais dont la sève intérieure n’est pas encore gelée et qui renaît lentement à la vie.

Carine Joaquim a une façon exceptionnelle, qui vient des entrailles, de décrire les émotions et les ressentis, quel que soit le sexe ou l’âge des protagonistes. Les vibrations adolescentes sonnent extrêmement justes et les questionnements parentaux sont pertinents « Sa honte était immense, et en même temps une puissante colère grandissait en elle. Pourquoi les enfants devenaient-ils ces inconnus capables de choses inimaginables, dont elle devait ensuite répondre en tant que mère ? » Les relations de couple qui se délitent, par rancune silencieuse, temps qui passe ou secrets inavouables sont dépeintes avec exactitude et précision. Le ton est juste, les mots sont judicieusement choisis et le phrasé est non seulement mélodieux, mais aussi saisissant.

Ce roman est une belle ode aux femmes, aux incomprises, aux malmenées, à celles qui crèvent de l’intérieur à cause d’émotions trop intenses, à celles qui semblent invisibles, mais rayonnent, à celles qui n’y croyaient plus et qui pourtant renaissent. Carine Joaquim a la plume raffinée et poétique pour embraser son propos. Je lui souhaite beaucoup de succès avec ce livre, et les suivants.
Profile Image for Virginie.
111 reviews
January 11, 2021
« Nos corps étrangers » raconte la vie d’une famille parisienne. Le père, la mère et une ado de 15 ans. Rien d’extraordinaire. Le couple bat de l’aile, et la famille déménage en banlieue sur l’impulsion de Stéphane, qui souhaite se donner une chance de se rapprocher de sa femme Élisabeth et de sa fille, Maëva. Cette dernière ne voit pas d’un bon œil le déménagement et exprime son mécontentement avec toute la puissance que l’adolescence lui confère. Évidemment, elle va dans le collège local.

carine joaquim - nos corps étrangersEt le collège, c’est le fil rouge des romans de Carine Joaquim. Dans chacun de ses romans, l’intrigue se déroule à un moment ou un autre, dans un collège. Et pour cause, elle est professeure d’Histoire-Géographie en banlieue parisienne. Alors les adolescents, elle les connaît par cœur. « Nos corps étrangers » peut-être interprété de plusieurs façons. Et alors que nous suivons principalement trois protagonistes, les trois membres de la famille, Carine donne un sens différent à ces mots pour chacune des intrigues.

Elle écrit simplement des histoires complexes et profondes. Quotidiennes. Sociales. Les thèmes abordés sont toujours actuels, mais difficiles. Je ne vous dévoilerais pas dans cette chronique ceux que l’auteure aborde dans ce roman, ce serait vous en dévoiler les différentes intrigues. Je peux juste vous dire que le livre traite de plusieurs sujets de société, avec justesse, sans parti-pris, mais avec une émotion rare. Sujets avec lesquels se débattront des personnages complets et complexes, dans une ville qu’ils ne connaissent pas, peuplée d’inconnus.

Et l’adaptation sera compliquée, pour Maëva évidemment, qui quitte ses ami(e)s et sa maison d’enfance, pour Stéphane, qui supporte les longs trajets quotidiens, mais aussi pour Élisabeth, qui a arrêté de travailler, et tente difficilement de se remettre à la peinture pour oublier les affres d’un mariage raté. La plume de Carine Joaquim est là pour exposer les faits. Pour interpeller et faire réfléchir, sans juger. Pour montrer que ça n’arrive pas qu’aux autres. Et que rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. Cette auteure a le talent particulier de raconter une histoire comme on prend une photo. Elle met en scène des personnages. Elle ajuste les lumières, règle les contrastes, s’assure d’avoir le bon cadre, et clic-clac Kodak ! À chaque lecteur, ensuite, d’interpréter, avec sa sensibilité, la photo.



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Profile Image for Annesophiebooks : Les Lectures d'Anne-Sophie.
191 reviews50 followers
January 10, 2021
Parfois on tombe sur un roman auquel on ne s’attend pas. Dont on ne se méfie pas.
Une quatrième de couverture qui nous semble prometteuse, un résumé qui nous donne envie de découvrir l’histoire.
Par curiosité, sans en attendre de l’exceptionnel, mais en l’espérant prenant et bien tourné, on en commence la lecture.
Et de temps à autre il se produit une sorte de déclic, dès le premier paragraphe ou le premier chapitre.

Avec Nos Corps Étrangers ça a été plus que ça. Pas seulement le déclenchement de quelque chose, non, bien au-delà.
Comme une sorte de communion avec les mots inscrits devant moi, due à l’harmonie de l’histoire et de la plume...
Au premier abord, vous penserez peut-être lire la banale histoire d’un couple. D’un couple commun, qui rencontre des problèmes presque courants. Une histoire comme cent milles autres.
Mais très vite, vous comprendrez votre erreur : il n’y a rien de banal ni de commun dans ce roman, absolument rien !

Elisabeth, Stéphane et Maëva vont vous bousculer.
Leur vie, leurs erreurs, leurs problèmes, vont vous écorcher.
Quant à la plume de Carine Joaquim, elle va vous transporter.
Loin, et longtemps.

Combien de sujets sont abordés dans ce roman ? J’ai arrêté de les compter, subjuguée par la transcendance que leur apporte la plume de l’auteure.
Aucune erreur n’est banale. Chacune a ses conséquences, sur soi-même et sur les autres.
L’infidélité, la vengeance, l’envie, le rejet de l’autre, l’égoïsme, le mensonge, sont autant de détonateurs qui peuvent potentiellement faire exploser une situation.
D’autant plus quand ils sont semés au sein même d’une famille déjà fragilisée.

Alors, que va-t-il se passer à la page suivante ? Et à celle d’après ? Et au prochain chapitre ?
Vous voudrez savoir, vous essaierez de deviner.
Mais rien, absolument rien, ne vous préparera à la toute fin.

Un roman qui remue, qui frappe, qui marque, qui reste, longtemps, très longtemps après l’avoir terminé.
Un premier roman tout simplement magistral.
À lire, le plus vite possible, pour découvrir un nouveau talent littéraire incroyable, et une histoire inoubliable.

Bravo Carine Joaquim, régalez-nous encore, très rapidement, avec un autre roman !
Profile Image for Céline Roany.
Author 3 books25 followers
January 18, 2021
Tu as déjà entendu cette expression : “c’est un livre coup de poing” / “c’est un film coup de poing? Ca veut dire que tu vas t’en prendre plein la tête.

Nos corps étrangers, de Carine Joachim c’est mille fois pire. C’est comme une balle dumdum, ces balles (interdites depuis 150 ans) qui sont spécialement étudiées pour éclater et faire un maximum de dégâts.
Ca n’est pas comme si je n’avait pas été prévenue par Katia ou Laurine, c’est même ce qui m’a donné envie d’y jeter un œil. Parce que, comme tu sais, normalement, je n’aime pas les romans noirs. Et celui là, il est noir de chez noir, même le fin fond d’un tunnel bouchée des deux côtés aura des allures de jardin printanier à côté.

Et ça m’a retourné les tripes comme rarement elles ont été retournées, au point que j’ai arrêté de le lire le soir. Je ne peux même pas dire que j’ai aimé : quand tu rentres en empathie avec des personnages qui sont en haut d’une pente et qui dégringolent, tous, pendant tout le livre, tu ne peux pas dire que tu aimes. Ça bouleverse. Ça remue. Ça brasse.

Le tour de force de tout ça (je ne vais pas te casser les pieds avec mes trucs habituels sur la structure, l’intrigue, l’histoire ou le style), c’est que l’histoire de nos Corps étrangers est tristement banale, racontée avec des mots aussi simples que cette famille que l’enchainement de décisions va mener… à la fin du livre. De tous ces mots simples, Carine Joachim fait surgir une surprenante poésie, rend chacun des personnages non pas attachants (ils prennent des décisions stupides, ils sont lâches, résignés, plutôt misérables et égoïstes) mais réels, proches, vivants, comme s’ils se tenaient juste là, comme s’il suffisait, à chaque instant, de tendre la main pour toucher leur manche.

Nos corps étrangers est un livre incroyablement puissant, incroyablement prenant, un livre qui t’amène à comprendre aussi, pourquoi, parfois, le monde dérape.
Profile Image for Frey.
960 reviews66 followers
March 15, 2021
Le livre s'est lu d'une traite, le style est sympathique, l'écriture fluide et malgré quelques longueurs au milieu de l'histoire, ce premier roman est une belle réussite et ce malgré la fin très graphique et les traits assez grossiers du scénario.

L'histoire quant à elle est tristement banale, des personnes comme on en croise tous les jours, une famille faussement soudée, des histoires de bureau, le collège, métro-boulot-dodo. La dépression, aussi, les tromperies, l'harcèlement scolaire. Les personnages sont assez peu attachants, ils agissent de manière stupide, mesquine, lâche, méchante, mauvaise, égoïste. C'est ce qui les rend si identifiables, on a tous connu un de ces personnages, probablement qu'on en a été un, également.

On sent également que le métier de l'autrice parle au travers de ses mots, qu'elle y met ses convictions personnelles mais également ses observations en tant que professeure. J'aurai pouvoir aimé dire qu'elle forçait le trait pour ajouter du pathos mais il y a suffisamment de faits divers marquants pour se dire que "pourquoi pas, après tout ?".

666 reviews5 followers
February 27, 2022
Une grande maison en banlieue pour tenter de prendre un nouveau départ, sauver son couple et retisser des liens qui se sont dénoués : c'est le pari que font Elisabeth et Stéphane, au grand dam de Maëva, leur fille adolescente, obligée de fréquenter un « collège de pèquenots ».
Pari réussi ou non ?


Thème assez banal au départ mais l'auteure va en ajouter de nombreux autres : l'anorexie, l'adultère, le handicap, l'intégration, le harcèlement scolaire, les migrants sans papiers, l'adolescence et ses premiers émois....ce qui fait quand même beaucoup (trop) pour un court roman de 232 pages !


J'avoue avoir eu du mal à m'attacher aux personnages et à un récit un peu trop prévisible. Loin d'une montée crescendo du suspense, l'auteure a voulu manifestement créer un choc avec une fin très violente qu'on voit venir mais qui surprend par son côté un peu gore ...

Livre emprunté suite à de très bonnes critiques. Disons que je suis passée à côté .
Profile Image for Alicia Carmel.
2 reviews
July 8, 2023
Sujets abordés : maladie syndrome de Gilles de la Tourette / harcèlement / amour de collège /infidélités / immigration / déni de grossesse

Au fil de la lecture, en lisant un paragraphe, celui ci peut nous ramené à une situation différente se passant avec d'autres personnages présents dans le livre.

Un roman magnifique !
Profile Image for Lucie Fvz.
253 reviews7 followers
May 4, 2021
Spectaculaire, édifiant et effroyable.
Profile Image for Prisca R.
14 reviews
August 19, 2023
Cette fin à demi prévisible mais 100 fois plus terrible que ce qu’on attendrait.

La tristesse de cette vie vécue machinalement.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Displaying 1 - 12 of 12 reviews

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