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Prédations

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Quand tout sera privé, nous serons privés de tout ! Ce slogan, vu dans les manifestations contre la réforme des retraites ou en défense de l'hôpital public, à l'hiver 2019-2020, est le révélateur d'une prise de conscience collective : alors que les controverses autour des privatisations n'ont longtemps intéressé que des cercles restreints, désormais des mobilisations citoyennes nombreuses s'opposent à ces opérations de prédation, considérant qu'il serait irresponsable d'abandonner des biens publics aux logiques concurrentielles.
Depuis 1986, la France est frappée par les privatisations. Avec le temps, le séisme a pris de l'ampleur et, après les banques, l'industrie et la finance, de nombreux secteurs stratégiques et services publics sont cédés aux appétits privés (aéroports, autoroutes, EDF) et d'autres sont directement menacés (Sécurité sociale, hôpital public, université, La Poste, SNCF). Le modèle français est démoli par pans entiers au profit d'une marchandisation généralisée.
Le nouveau capitalisme, plus tyrannique que le précédent, ne connaît pas de bornes, et ce livre apporte de nombreuses révélations sur l'affairisme qui a constamment accompagné ces cessions. Toutefois l'analyse de ce processus montre que toutes les grandes vagues de nationalisations du xxe siècle ont débouché sur des échecs. C'est pourquoi il invite à former un nouvel avenir loin du capitalisme (comme du communisme) d'État : celui des communs.

220 pages, Paperback

Published September 3, 2020

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Laurent Mauduit

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Profile Image for Ianis Roche.
46 reviews
January 20, 2022
Très bonne synthèse sur le phénomène de privatisation des biens publics en France depuis la première privatisation qui remonte à 1986. Le livre parvient parfaitement à retranscrire la victoire complète du "virus néolibéral" qui, du laboratoire chilien, a progressivement contaminé le monde entier. Le livre se place du point de vue des dirigeants politiques français en attaquant aussi bien la droite que le PS. Mauduit ne remet absolument pas la culpabilité sur l'UE et sur les injonctions de Bruxelles, mais sur le choix libre et réfléchi du personnel politique, qui par lâcheté ou par intérêt, a progressivement brader toutes les richesses de la France. Chaque chapitre se présente de la même façon : l'auteur introduit un penseur de gauche ou une oeuvre littéraire qui servira de fil conducteur ou de clé de lecture pour le reste du chapitre. Les titres sont parfois un peu trompeurs. Voici donc ce que vous y trouverez : une chronologie de la victoire de la pensée néolibérale, une mise à jour des liens troubles entre le monde politique, le monde de la haute administration et le monde économique, le récit des privatisations (rampantes parfois) de la FDJ, des autoroutes, des aéroports, des télécommunications, d'EDF, de GDF, de la Poste, de la SNCF, de l'assurance maladie, des mutuelles et autres organismes complémentaires, des retraites, des EHPAD, des médicaments, de l'enseignement (le cas de la Toulouse School of Economics), de la télévision avec l'exemple de TF1, de l'ONF, des impôts. Tous ces récits sont parfaitement clairs et l'on y retrouve le talent de journaliste de l'auteur. On est littéralement scotché par tous ces scandales et l'on assiste impuissant à l'effritement de tout ce qui fait notre richesse. Les deux derniers chapitres traitent des solutions. Mauduit suggère que la renationalisation n'est pas forcément la bonne solution en présentant une histoire des renationalisations qui ont finalement aboutit la plupart du temps à une privatisation ou à un capitalisme d'État. Le dernier chapitre ouvre donc la voie des communs en s'appuyant sur les travaux les plus récents. Je regrette que cette partie soit si peu étoffée et on reste sur notre faim. Il me reste plus qu'à livre la grosse somme de Dardot et Laval ...

Mention spéciale à la pire citation que j'ai lue depuis longtemps, et qui doit convaincre définitivement les sceptiques sur le projet de la droite (dont fait partie Macron sans l'ombre d'un doute). C'est Denis Kessler, à l'époque n°2 du MEDEF qui disait dans une interview du 4 octobre 2007 donnée à Challenges : « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » Tout est dit ...
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