- Voilà. Bon, ben faut pas lire ça, hein.
- Mais pourquoi t’as fait ça ?! Tu es fou !
- Euh… C’est qu’on me proposait plein de détails crapoteux, le grand déballage, et tout. C’est Finkie qui le disait à la radio, samedi dernier. Pis j’y peux rien, les ragots sur BHL ça me fait rire, et les éminences grises de chez Grasset, ça me fait rêver.
- Et t’en as eu pour ton argent ?
- Bof. Isi Beller s’en prend plein sa face de psychiatre. On revoit le documentaire de Blumberg & Friedmann avec un autre œil, rétrospectivement. (Faut dire que phoniatre lacanien, aussi, ça sent l’ornithorynque et Le cas Dominique.) Mais c’est surtout la relation père-fils, et le duel d’ego, autour de quoi gravite le « roman ».
- Mais y a du cul, au moins, non ?!
- Nan, c’est la loose. Rien de croustillant sur Carlita, peinte en déesse au cul ovale, et qui en ressort immaculée. Sensualité zéro.
- Qu’est-ce qu’il y a à sauver, alors ?
- Oh, quelques jolies pages sur certaines figures de professeurs du lycée, hussards vénérés et qui rachètent à elles seuls Enthoven pour son pensum. Et pis la candeur courageuse avec laquelle il exprime sa dette morale à Sylvester Stallone ou Saint Seiya. Quelques pages sur la vie à HIV ou rue d’Ulm, aussi – mais qui n’intéresseront que les binoclards. Et pour le reste, c’est écrit à la va-comme-je-te-pousse, mû par un narcissisme à la fois affolant et fragile, et baigné d’une naïveté d’écolier – ainsi, pour l’envoi final, du remerciement en alexandrins.