Le souvenir d’une amitié absolue et pourtant étiolée de l’enfance, le retour pour arpenter et confronter le territoire familial, l’apprentissage et l’éveil d’un corps ralenti, au dos longtemps objet médical. Trois temps racontent les recoins du placard, celui dans lequel on enferme les trans, les queers, les anormales. Ils sont écrits par la haine, la violence, la pauvreté, la prison, l’hégémonie, mais à cela y répondent l’impitoyable poésie du corps, le lien organique et sensible au sol, la mémoire locale et rurale, la tendresse et la force du devenir, le rire et la rage de se tenir debout. Car Luz Volckmann le rappelle : « Le Placard nous réduit. Or, j’ai l’orgueil du peuple des géants. »
Une très belle découverte ! Un livre à savourer doucement, à lire à voix haute, à relire et souligner. Je n'ai pas tout compris, j'avoue, mais j'ai essayé de me laisser bercer par les mots et leur beauté. J'ai particulièrement apprécié la troisième nouvelle, peut-être car je l'ai trouvée moins hermétique.
Trois nouvelles sur trois moments de la vie de l'auteur dans la campagne française. Adolescence pleine d'ennui, transidentité, violence, handicap. Sur des sujets lourds et sans en amoindrir les souffrance, Luz Volckmann crée une poésie envoutante. La lecture peut en être un peu difficile, mais l'expérience est magistrale.
Puissant, poétique et sublime. Les mots servent la puissance des émotions, la dernière partie est ma préférée, incroyable! Un peu dur de s'accrocher par moments du fait de la langue très métaphorique et poétique.
Dans ce premier roman, Luz Volckmann parle des corps minoritaires, des corps a-normaux, ceux qu'on met au placard, ce placard dans lequel on balance en vrac les homosexuel-les, les personnes trans, les handicapé-es ... Ce placard duquel il faut sortir, souvent en se faisant violence. Luz Volckmann parle de se revendiquer, de la colère comme arme nécessaire et à laquelle on ne peut pas échapper. Elle parle de fierté, mais aussi de corps maltraité, infantilisé, parce que corps handicapé. Elle parle de tout ça dans une belle langue poétique, qui souligne autant le poids des non-dits que la nécessité de dire.