« Comme autrefois la peinture, les récits, les contes, le cinéma d’horreur sert d’exutoire, permet de conjurer, de refouler, de sublimer et peut-être de comprendre » Une approche didactique passionnante de la philosophie à l’appui des grands succès du cinéma d’horreur : du Nosferatu de Murnau en passant par Scream et le célèbre Exorciste de Friedkin, l’auteur se concentre sur les interrogations suscitées par le malaise provoqué par le genre horrifique. Ainsi, de la réjouissance sado-masochiste adolescente au questionnement sur la radicalité du mal, cette présentation vivante et insolite tente d’explorer la richesse, aussi bien esthétique qu’éthique, que nous offre le cinéma d’horreur. De Job à Freud, nous constatons qu’il s’agit là d’un spectacle grave capable de toucher universellement.
J’ai trouvé cet ouvrage très abordable et intéressant à lire. Il pose la question du « pourquoi » les films d’horreurs sont des œuvres légitimes voire nécessaires ; ce qui est une question sans cesse remise sur la table concernant leur étude et leur création. On trouve alors ici tout d’abord des points d’ancrage du genre comme des films-clefs (et d’ailleurs le corpus étudié est assez complet et varié, comprenant des films qui ne sont pas assez mentionnés dans les études mais qui y ont définitivement leur place !) et des figures emblématiques (le vampire, le monstre, le psychopathe…). Puis, l’œuvre laisse place à l’étude esthétique, éthique, philosophique, psychologique de l’horreur et de ses productions. Beaucoup de Freud mais cela ne m’a pas rebuté puisque sa théorie est souvent utilisée (voir, par exemple, Clover et son fameux Men, Women, and Chain Saws) même si cela ne reste qu’un point de vue théorique parmi les autres. La philosophie introduite qui pose surtout des questions ontologiques est très facilement assimilable et enrichit considérablement le propos et la réflexion. D’ailleurs, les références bibliographiques propres au genre de l’horreur et à son analyse sont très pertinentes et permettent réellement d’avoir une liste de lecture pour aller encore plus loin. Cette œuvre est une lecture que je conseillerais à celles.eux qui voudraient se lancer et approfondir leurs connaissances, que cela soit pour le plaisir ou pour des travaux de recherche !
J’ai lu La Philosophie du cinéma d’horreur de la docteure et professeure de philosophie Olivia Chevalier-Chandeigne. Elle s’y intéresse au cinéma d’horreur, à notre fascination pour celui-ci et à notre rapport à l’horreur. Si le sous-titre indique « Effroi, éthique et beauté », sachez que le livre ne s’intéresse réellement qu’aux deux premiers. (Surtout à l’effroi.) Enfin, je me dois de vous prévenir que le livre est vraiment très court, avec ses 150 pages.
Je vais commencer par le plus gros point noir de La Philosophie du cinéma d’horreur : son titre. En dehors de quelques passages dédiés à Rousseau et Descartes, le contenu est plutôt vide de philosophie. L’autrice a clairement développé une forme d’obsession pour Freud, qui, je le rappelle, n’était pas philosophe. (Oui, je sais que l’on a tendance à rapprocher la psychanalyse de la philosophie, mais elle n’est même pas reconnue comme une science. Sans parler des différents travaux qui font se casser la gueule à la théorie freudienne.) Freud ne s’étant, par ailleurs, jamais défini comme un philosophe, il me paraît improbable de titrer La Philosophie du cinéma d’horreur quand on s’appuie sur des concepts dépassés pour la plupart. Dès le premier tiers du bouquin, j’ai clairement senti que quelque chose clochait.