La philosophie passait jadis pour la reine des sciences. Que sa place au soleil du savoir soit contestée n'est pas tout à fait récent ; il est plus surprenant que se chargent désormais du réquisitoire les professionnels de cette discipline. Or la dénonciation du vide de la philosophie semble de plus en plus servir d'unique contenu à certains propos qui se prétendent philosophiques. Tel est le nouveau ton supérieur.
A l'étudiant perplexe, déjà peut-être désabusé, s'adresse ce livre. Il voudrait, autant qu'il le peut, l'affermir dans cette pistis, cette confiance en la philosophie faute de laquelle, selon Platon, l'exercice de la réflexion est altéré, compromis dès le départ. A une époque où le mot de métaphysique fait sourire, où l'expression de connaissance scientifique est devenue un pléonasme, celle de connaissance philosophique une imposture, il importe plus que jamais, si nous ne consentons pas à ce que s'éteigne une irremplaçable lumière, de nous fortifier à la puissance intacte de la tradition.