Je ne me rappelle pas la dernière fois que j'ai lu un livre en arabe mais j'ai beaucoup entendu parler de celui là et il fallait que je le lise. Il fallait que je sache et comprenne pourquoi un tunisien irait se jeter dans la gueule du loup? pourquoi il renoncerait à tout, non pas pour avoir un avenir, mais pour tuer...
Et ce livre répond en partie à cette question.
Ce que j'ai apprécié dans le livre, c'est la chronologie que l'auteur a suivi pour raconter l'histoire. Au début il commencé par la vie en Syrie, dans Daesh. Ensuite, il est revenu en arrière pour expliquer les raisons qui ont poussé ou encouragé ce jeune homme de 25 ans à quitter sa famille et rejoindre l'"état islamique".
J'ai également aimé qu'il ait décrit les sentiments et les questions que cette homme s'est posé à lui même durant sa jeune vie. Car il n'était pas toujours sûr de ce qu'il faisait, et doutait toujours de ce qui l'entourait.
Je vais maintenant parler de ce que j'ai moins apprécié dans le livre.
Je me suis attendue à avoir en plus de la personne qui racontait son histoire, un commentateur dans la personne de l'auteur. J'aurai aimé avoir les sentiments, ou l'avis de l'écrivain, dans certaines situations. Qu'il se pose des questions; qu'il soit plus présent dans son récit, qu'il brise le mur entre le lecteur, et le livre. Je ne voulais pas seulement un livre narratif, je voulais un livre qui discute avec le lecteur.
Je n'ai également pas aimé la fin ouverte, je voulais savoir comment cette personne qui a jeté sa vie en l'air vit maintenant? En quoi il pense? Qu'est ce qui remplace le vide que Daesh a laissé dans sa vie?
Enfin, je suis désolée de dire que j'ai connu des gens comme ce jeune homme, qui pensaient comme lui, qui partageaient ses croyances tordues de la religion. Mais ils ont eu la chance d'aimer la vie plus que la mort. Je pense que ce qui les sauve c'est leur conscience de leur faiblesse.
Pour moi, le seul moyen de combattre ce lavage de cerveau est de cultiver les gens, de les encourager à lire, à comprendre, à se poser des questions, à philosopher... Malheureusement, je ne vois pas du tout l'état prendre des mesures préventives et inculquer aux jeunes l'amour de la connaissance, le pouvoir que les livres ont sur les esprits... Ce genre de pensées que les extrémistes adoptent de vont pas s'effacer par l'intimidation. Il faut enraciner l'humanité dans les coeurs des jeunes, et les convaincre que l'amour et l'acceptation de l'autre est la seule clé vers un monde meilleur