Un road-trip cocasse et romantique. Ludivine, qui accomplit pour d'autres, trop pressés ou empêchés, des pèlerinages, et qui dort à la belle étoile, voire force pour une nuit la porte d'une maison, entraîne avec elle un trompettiste lassé de tout, qui pour la suivre fera comme s'il allait à Compostelle. Le roman a obtenu le Prix de la ville de Vannes 2020 A la suite d'un burn-out qui l'empêche de jouer, Baptiste, musicien de jazz d'un certain renom, se lance dans le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Sur l'insistance de ses filles, il a accepté de se prêter à ce qu'elles espèrent être une thérapie efficace. Au tout début de son voyage, il rencontre à Sainte-Anne-d'Auray Ludivine Kirchner, une fille plutôt étrange, bohème, fantasque, touchante, qui exerce un métier étonnant. S'ensuit un road trip cocasse, déroutant – et romantique – qui va les mener d'un sanctuaire à l'autre, sur des chemins volontairement de traverse où l'on dort à la belle étoile, voire où l'on force pour une nuit la porte d'une maison ou la cabine d'un bateau. Une histoire belle, drôle, et tragique.
Une jolie histoire qui finit mal (ce n’est pas un spoiler, on l’apprend dès le premier chapitre), avec un beau texte, mélancolique et drôle, un texte qui ressemble à l’histoire qu’il narre : des phrases longues où les pensées vagabondes des personnages, attachants et à la dérive, se baladent, se perdent et se retrouvent.
Poussé par ses filles, Baptiste, musicien veuf non croyant qui n’arrive plus à jouer, se lance dans un pèlerinage vers St Jacques de Compostelle pour "se retrouver". Sur le chemin ce n’est pas lui-même qu’il trouve mais une femme plutôt étrange, Ludivine (qu’on peut appeler Lulu, tout simplement), qui va lui en faire voir de toutes les couleurs.
Je ressors de ce livre un peu mitigée, puisque j’aime l’histoire mais pas le narrateur (c’est même justement entre autres pour éviter ce type de narrateur que je limite fortement mes lectures d’auteurs hommes hétéro) qui m’a parfois mise mal à l’aise. J’ai pris le temps de relever en particulier deux passages (il y en avait d’autres que je n’ai pas retrouvés ensuite) qui m’ont fortement déplu voire choquée : "Des peintres comme Degas ou Bonnard avaient davantage compris ce qu'était une femme, une vraie femme." (Oui, parce qu’il y a des fausses femmes, sans doute ; le narrateur avait avant ça trouvé que Ludivine ressemblait davantage à un tableau de la Renaissance qu’à un mannequin anorexique qui fait la moue, comme si on ne pouvait pas dire qu’une femme était belle sans écraser les autres femmes). Il y a aussi ce passage, après lequel j’ai failli refermer le livre pour de bon : "- Madame Kerdéniel, je présume ? - C'est exact, a susurré Ludivine en illustrant sa réponse d'un clignement de paupières que j'ai jugé totalement inapproprié. Je l'aurais claquée." Quelques pages plus tôt on apprenait que l’ex de Ludivine la frappait.
En plus de ça il est toujours blasé et rabat-joie, ce que, je comprends est un choix pour marquer le contraste avec la personnalité de Ludivine, mais ça m’a agacée au bout d’un moment.
Par contre, c’est très bien écrit, facile à lire, et en tant que prof d’Histoire l’auteur n’a pas pu s’empêcher de caser des petites anecdotes historiques sur les lieux cités pendant voyage des protagonistes, ce que j’adore ! Il y a aussi eu un très beau passage sur la façon dont on traite les réfugiés en France. Et j’ai découvert dans ce livre l’étonnant métier de quéreur de pardons.
Baptiste Kerdéniel prend la route. Poussé par ses filles il a pris la décision de partir , Saint Jacques de Compostelle doit être l'ultime étape de son voyage. Fatigué de tout, il a posé sa trompette. Saint Anne d' Auray une rencontre improbable qui va changer sa route , Ludivine a croisé son chemin. Ludivine ou Lulu tout simplement.. Un roman surprenant , des personnages qui le sont encore plus. Hervé Bellec nous entraîne sur les pas d'une jeune femme à nulle autre pareille qui marche pour elle mais pas que , qui prie pour elle mais pas que, qui ... Un très grand merci aux éditions Les Presses de la Cité et à babelio pour ce cadeau livresque.