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Petites-Cendres ou la capture

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Juste avant les premières lueurs de l'aube, dans une petite ville du sud des États-Unis, un policier à cheval s'approche d'un itinérant noir couché dans la rue, vieil homme usé par la misère et par les drogues. Celui-ci apostrophe violemment le policier, lui rappelant toutes les injustices que ses ancêtres ont subies aux mains des Blancs. Le policier n'a qu'une envie, capturer cet homme et l'emmener finir sa nuit en prison. De quel droit ose-t-il s'en prendre à lui? N'est-il pas après tout le représentant de l'ordre auquel doivent se soumettre tous les citoyens de ce pays? C'est alors que s'interpose un travesti qui vient de finir sa soirée dans un bar, le Petites-Cendres que les lecteurs de la grande série Soifs connaissent déjà. Il tente de parlementer avec le policier, il couvre le vieil homme de son corps, comme un bouclier, tandis qu'il voit la main du policier serrer la crosse de son revolver dans sa gaine. Il se dit que le policier blanc n'osera jamais tirer ainsi sur un pauvre homme sans défense. Mais en est-il vraiment certain? Pendant que se joue ce drame, répétition inlassable d'une guerre vieille comme l'Amérique, la nuit bouge, animée par toute une galerie de personnages : deux garçons qui se sont lancés par jeu dans la mer gonflée par la tempête; une adolescente, Lucie, qui pousse le fauteuil roulant de son père, vétéran blessé à la guerre, qui ne veut sortir que la nuit; Lou et Philli, ce jeune homme et cette jeune femme qui veulent changer de sexe puis se marier ensemble, et que le soleil levant trouve endormis, enlacés, sur la plage. Entrer dans un livre de Marie-Claire Blais, c'est voir le monde s'ouvrir devant nos yeux. Si la romancière reste fidèle à sa longue phrase, elle travaille ici sur un plan plus intime, à l'intérieur d'un plus petit « format », dirait-on si elle était peintre, dans une manière qui n'est pas sans rappeler celle des « peintures noires » de Goya.

Paperback

Published March 2, 2020

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About the author

Marie-Claire Blais

92 books80 followers
Marie-Claire Blais naît à Québec en 1939. Elle publie à l’âge de vingt ans un premier roman, La Belle Bête, dans lequel elle analyse avec une âpre lucidité les ressorts psychologiques d’une relation violente, pleine de haine et d’envie, entre une jeune femme trop laide et son frère, simple d’esprit mais si beau que l’on ne voit que lui. Cette violence, cette sauvagerie resteront présentes dans tous les livres et le théâtre de Marie Claire Blais. Son lyrisme très personnel permet à l’auteur de traverser les apparences pour révéler les monstruosités de la vie.

Aussitôt remarquée, Marie-Claire Blais reçoit une bourse de la Fondation Guggenheim et se met à écrire Une saison dans la vie d’Emmanuel, ouvrage pour lequel elle obtiendra le prix Médicis en 1966. Dès lors, son œuvre se déploie à une vitesse surprenante et compte à ce jour plus de vingt romans, cinq pièces de théâtre et plusieurs recueils de poésie. Des séjours prolongés aux États-Unis, en France et en Chine notamment, des bourses et de nombreux prix, dont le prix France-Québec en 1976, ont aidé Marie-Claire Blais à s’adonner entièrement à une œuvre authentique et exigeante. Citons pêle-mêle, Tête blanche (1980), L’Insoumise (1966), David Sterne (1967), Manuscrits de Pauline Archange (1968), Une liaison parisienne (1975), Visions d’Anna (1982), Pierre (1986), Un jardin dans la tempête (1990), Dans la foudre et la lumière (2001), Naissance de Rebecca à l'ère des tourments (2008) et Mai au bal des prédateurs (2010).

Enfances solitaires, innocences bafouées, révoltes, inusable tendresse sont autant de thèmes qui jalonnent l’œuvre d’un auteur qui n’imagine pas de réalisme sans transfiguration poétique. Québécoise dans l’âme, Marie-Claire Blais est une militante convaincue pour la francophonie. Ses ouvrages ont été traduits en de multiples langues et publiés au Canada anglais, aux États Unis, en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, en Italie, au Danemark, en Hongrie, au Japon, en Norvège et en République tchèque.
Deux fois boursière de la Fondation Guggenheim (1963 et 1965), Marie-Claire Blais a reçu, pour l’ensemble de son œuvre, les Prix France-Québec (1966), Prix Canada-Belgique (1976), Prix Athanase-David (1982), Prix Duvernay (1988), Prix Nessim Habif de l’Académie royale de la langue et de la littérature françaises de Belgique (1990), Prix international de l’Union latine des littératures romanes (1999), Grand Prix littéraire international Métropolis Bleu (2000), Prix W.O. Mitchell (2000), Prix littéraire de la Fondation Prince Pierre de Monaco (2002), Prix Gilles-Corbeil décerné par la Fondation Émile Nelligan (2005) et le Prix Matt Cohen du Writer’s Trust of Canada (2007).

En marge des prix littéraires reçus, elle a été élue en 1986 à la Société royale du Canada (Académie des lettres et des sciences humaines) et, en 1992, à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique devenant la première écrivaine québécoise à siéger dans une académie littéraire européenne. Elle a rejoint l'Académie des lettres du Québec en 1994 et, en 1999, elle a reçu les insignes de Chevalier des arts et des lettres (France).

Parallèlement à ces honneurs, elle a aussi reçu l’Ordre du Canada (1975), la Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada (1992), l’Ordre national du Québec (1995), a été nommée Woman of the year for services to literature and creative writing (1995-1996) par The International Biographical Centre of Cambridge, England, et reçu le Degree of International Letters for Cultural Achievement fiction, creative writing (1997) par The American Biographical Institute.

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Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Audree R.
267 reviews19 followers
August 27, 2020
Ce roman a tout d’un chef d’œuvre pour moi : un génie de notre littérature qui est au sommet de son art, une forme éclatée qui dérange puis séduit, une symphonie de personnages qui ne peuvent laisser indifférent, qui vivent et ressassent les enjeux de notre temps de façon juste et sublimée. Un livre qui « fesse », qui fait réfléchir et qu’on ferme avec nostalgie. Reproduire celui-ci au théâtre serait délicieux.

La forme: un roman de 200 pages qui tient en environ 8 longues phrases, les dialogues et la narration entrecoupées de virgules, aucun paragraphe. Le lecteur doit être persévérant un brin (ça vaut la peine!), puis une fois habitué on comprend que cela sert le récit.

L’histoire se déroule en un maximum de 2-3h, à la sortie d’un bar qu’on devine à Key West, une dizaine de personnages qui n’ont pas toujours de liens entre eux s’y retrouvent et on passe de la tête de l’un à l’autre. Il y a tant de thèmes abordés avec douceur et brio qu’il est dur d’en faire le tour : le racisme, la haine, la transphobie, l’amitié, le viol, la maladie, le mariage, la guerre, l’empathie, la déportation d’immigrants...

Des personnages tous captifs de l’Histoire, de leur corps ou de la vie. Magistral.
Profile Image for Magalie Côté.
22 reviews
December 30, 2020
Un roman choc qui aborde des sujets sensibles : grossophobie, racisme, privilège blanc, violence sexuelle, violence policière, amour, désir sexuel, santé mentale, LGBQ2S+, et autres.
Un roman à plusieurs narrateurs.trices et plusieurs personnages où tout se chamboule et s’enchaine sans cesse puisqu’il n’y a que cinq points dans tout le livre.
Pas de chapitre, difficile de prendre des pauses de lecture.
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

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