C'était très intéressant, surtout parce que le concept de solastalgie m'intéresse beaucoup (donc avis biaisé de ma part). En revanche, il a créé trop de néologismes et ça perd son discours novateur. On dirait qu'il est juste là pour jouer sur les mots et inventer des concepts.
J'ai fortement apprécié la partie sur la solastalgie fictive avec l'exemple d'Avatar (ça m'a d'ailleurs replongé dans l'univers de Thiziri d'Alexiane de Lys qui s'inspire énormément d'Avatar dans son livre). On est plongé dans un écosystème avec des êtres vivants en symbiose, c'est magnifique, ça fait rêver jusqu'à ce que les humains arrivent pour tout détruire au nom de la recherche d'un minerai. Plusieurs spectateurs ont ressenti de la solastalgie pour un univers qui n'existe pas, mais ils étaient profondément affectés de la destruction de Pandora. Mais on se rend pas compte que c'est juste une métaphore de ce qui se passe dans notre monde parce que même si on ne peut pas se connecter avec nos tresses aux êtres vivants, on est tout de même interconnectés aux écosystèmes et aux milieux qui nous entourent. Et on est en train de tout détruire.
J'ai trouvé qu'Albrecht se contredisait quand il affirme ne pas penser que la Terre est vivante, qu'il ne pense pas qu'il faudrait la personnifier mais en conclusion qu'il faille la considérer comme une amante. En plus si je peux me permettre son argument n'a pas de sens quand il considère notre microbiote digestif, ça voudrait dire dans son raisonnement qu'il ne faudrait pas nous personnifier? Parce que à ce que je sache on est autant un tout que la terre elle-même ? De fait, son argument ne tient pas la route.
Après j'avoue que y'a des concepts que j'ai pas compris (type l'eco-sexualité). Mais sinon ça reste un bon livre pour philosopher des émotions liée à la Nature (là aussi je suis pas d'accord avec la traduction qui implique que ce sont les émotions de la Terre et non de l'Homme alors que l'entièreté du livre est anthropocentré).