J’ai longtemps pensé que j’étais incapable de lire un livre, d’être touché par un tableau ou une pièce de théâtre. Quand on grandit dans un milieu populaire, on est convaincu que la culture et l’éducation ne nous concernent pas vraiment. Aujourd’hui, je veux m’adresser à l’enfant qui croyait dur comme fer qu’il ne porterait jamais de costume, à celui qui était persuadé qu’il s’exprimait mal, qu’il était ignorant, qu’il ne ferait pas d’études. Je veux lui dire, droit dans les yeux, ce qu’on a oublié de lui dire : peu importe ce que l’on sait ou pas, la seule chose qui compte, c’est la curiosité. La culture n’est pas une affaire de classe, la culture parle de nous, la culture, c’est nous.
Peut-on parler de coup de cœur pour un livre comme celui-ci ? C’est le récit d’un parcours, d’un jeune de banlieue jusque sur les bancs de Sciences-Po. C’est une leçon de vie, une vérité éclairante et consternante, sur la société dans laquelle on vit. Une société qui exclut et stigmatise. Une société qui voudrait faire croire que la culture est réservée à une partie de la population. C’est faux, évidemment. L’auteur nous raconte sa curiosité, sa liberté, et son combat pour faire de sa différence une force. On ne devrait pas avoir à choisir entre les baskets et le costume. Entre les paroles de Kerry James et les mots de Proust, Abdelilah Laloui nous pousse à aller de l’avant !
J’ai découvert ce livre complètement par hasard sur les rayons de mon libraire. Le titre m’a appelé et je me suis de suite rué sur la lecture de cet ouvrage que j’ai terminé dans la même journée. Très rapidement Abdelilah nous plonge dans cette environment que certains d’entre nous ont connu ou entendu parlé. Le départ vers le “bled” comme on dit. On moment que l’on déteste jeune mais que l’on regrette et repense à plus tard avec beaucoup de nostalgie. Mais ce livre n’est pas à propos des vacances au Maghreb mais plutôt de celui d’un jeune homme et de son parcours admirable au sein d’une des institutions les plus inaccessibles au commun des mortels. Je salue Abdelilah pour son par parcours admirable et un jour je ferai lire ce livre à mes filles pour qu’elles s’inspirent de ce puissant témoignagne.