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Le Siècle de Jeanne

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C'est l'histoire d'un homme, d'un écrivain dont la cinquantaine a sonné, qui quitte Montréal pour Paris. C'est l'histoire d'un homme qui a aimé deux femmes puis les a abandonnées avant de chercher à les retrouver. C'est aussi l'histoire d'un père qui a mal aimé sa fille et qui le regrette. C'est l'histoire d'un grand-père qui découvre enfin l'amour inconditionnel, grâce à Jeanne, sa petite-fille.

Exilé à Paris pour quelque temps, Alexandre jette des cailloux dans la Seine en pensant à sa petite-fille. Il attend plus ou moins Clara qui ne viendra pas. Il attend peut-être surtout de comprendre pourquoi il a si mal aimé les femmes qu'il a aimées. “Dieu sait que je suis toujours prêt à vendre mon âme pour une seconde de beauté et qu'il n'y a pour moi aucune autre beauté, pas même celle d'une page de Virginia Woolf ou d'un paysage au crépuscule, qui puisse me terrasser plus que celle d'une femme. D'où vient alors que je préfèrerais lancer des cailloux dans l'eau ou ramasser des petits bouts de bois avec Jeanne plutôt que de me fondre dans une femme, fût-elle ce mélange parfait de chair et d'esprit d'où surgissent à chaque instant le mouvement et le marbre, la courbe et l'horizon, la vie et le souvenir ?” Yvon Rivard, (Les silences du corbeau, Prix du Gouverneur général) oscille dans Le siècle de Jeanne entre roman et essai, poésie et récit, menant sur près de 400 pages une quête philosophique et existentielle où se lit dans un style presque classique l'urgence et la gravité de vivre et d'aimer. Un très beau roman. --Pascale Millot

398 pages, Paperback

First published April 4, 2005

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About the author

Yvon Rivard

18 books4 followers
Yvon Rivard est conseiller littéraire et cinématographique. Il a enseigné à l’Université McGill jusqu’en 2008, et a fait paraître plusieurs essais – L’imaginaire et le quotidien (1978), Le bout cassé de tous les chemins (1993 ; prix Gabrielle-Roy), Personne n’est une île (2006 ; prix Jean-Éthier-Blais), Une idée simple (2010), Aimer, enseigner (2012 ; Prix littéraire du Gouverneur général du Canada), Exercices d'amitié (2015) – et romans – Mort et naissance de Christophe Ulric (1976), L’ombre et le double (1979), Les silences du corbeau (1986 ; Prix littéraire du Gouverneur général du Canada), Le milieu du jour (1995 ; Grand Prix du livre de Montréal), Le siècle de Jeanne (2005 ; Grand Prix du livre de Montréal) et Le dernier chalet (2018).

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Displaying 1 - 1 of 1 review
Profile Image for Czarny Pies.
2,957 reviews1 follower
June 9, 2024
C'est un peu bizarre qu'un anglophone en 2024 écrit la première critique sur la site GR d'un roman québécois sorti en 2005. En même temps je fais seulement la neuvième évaluation. Le moins que l'on puisse dire est que "Le siècle de Jeanne" d'Yvon Rivard, un auteur qui avait 19 ans plus tôt gagné le prix du Gouverneur-Général, n'a pas réussi a chercher un grand public. Le but de ma critique est de souligner le fait que "Le siècle de Jeanne" est bel et bien un très mauvais roman qu'il a eu le sort qu'il a mérité.
Alexandre, le protagoniste et narrateur, qui est vraisemblablement l'alter ego de l'auteur, est un porte-malheur. Tout le monde dans son entourage a un moment donné tombe dans des difficultés et par la suite ont énormément du mal à s'en sortir. Alexandre semble avoir crée ou contribué aux problèmes. Pourtant il répond toujours aux appels de secours.
Rivard pose la question si Alexandre qui à ses propres yeux est un grand intellectuel est vraiment fait pour les relations avec des vrais personnes. Il avoue avoir tendance à "scénariser" (p. 271) sa vie. La personne avec laquelle Alexandre est le plus proche est Virginia Woolf la romancière anglaise. Hölderlin le poète allemand est en deuxième place.
Le roman présente toute une série de malheurs. Alice la fille d'Alexandre est au volant d'une voiture lors d'un accident ou meurt son amant. Plus tard, Alice devient alcoolique. Françoise la femme d'Alexandre a été la victime d'un viol et n'est pas confortable dans role d'épouse. Clara sa maitresse est alcoolique et fait plusieurs tentatives de suicide. Pour clôturer le roman la chatte Charlotte disparait grâce un moment d'inattention d'Alexandre.
Alexandre croit que c'est Jeanne sa petite fille et la fille d'Alice qui lui montre ce que c'est le vrai amour. L'ambition d'Alexandre annoncé dans les premières pages est de bien aimer Jeanne comme un bon grand-père et ainsi de se racheter d'avoir mal aimé tous ses autres intimes. On ne sait pas s'il a réussi ou non. À la fin du roman, Jeanne est toujours enfant ne semble pas avoir eu des crises dans la vie bien sa mère boit trop.
Le crime d'Alexandre est qu'il est trop distant de ses proches. Il préfère dialoguer avec Virginia Woolf son amie imaginaire que de parler avec les membres de sa famille ou sa maitresse. Il accepte la philosophie de Woolf selon laquelle le ciel n'existe pas et la vie n'est qu'une longe marche avec la mort comme compagnon. La seule fixité c'est de la vie vient des rares prises de conscience où on s'aperçoit soudainement de la beauté et de la transcendance de l'existence. Pour Woolf comme pour Alexandre le simple fait de voir les enfants heureux jouer à la plage peut donne lieu à une telle prise épiphanie.
Alexandre réussit presque a se justifier mais j'ai trouvé "Le siècle de Jeanne" extrêmement long.
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