Les Mbara du Tchad sont, avec les Kargu, les Budugur et les Kawalke, la dernière trace visible du vieux fond de peuplement du moyen Logone. Ils appartiennent à l'ancienne civilisation du fer et de la muraille qui florissait en cette région avant l'avènement du royaume du Bagirmi. Les Mbara, gens du fer, ont été ballotés entre les fleuves Chari et Logone depuis le XVe siècle, peut-être, sous l'effet des pressions du Bagirmi, puis sous la pussée de la civilisation masa, qui a remplacé la primauté du fer par celle de la vache. Les Mbara, anciens fondeurs forgerons, ont conscience d'être les derniers représentants d'un monde qui disparaît. Acculés au Chari, ils livrent, sans grande cohésion, leurs derniers combats pour y maintenir leur place. La forge disparue, la langue mbara reste pour eux le dernier lieu d'expression de leur différence.
Les auteurs de cet ouvrage ont enseigné pendant plusieurs années à l'Université du Tchad. Francine Lafarge, linguiste, est spécialiste du groupe des langues kim (Tchad). Christian Seignobos, géographe chargé de recherche au C.N.R.S., étudie particulièrement les agro-systèmes de la zone soudane-sahélienne. Il dirige la collection « Architecture Traditionnelle » aux éditions Parenthèses. Henry Tourneux, linguiste chargé de recherche au Laboratoire de Langues et Civilisations à Tradition Orale du C.N.R.S., travaille sur plusieurs langues parlées dans le bassin du Tchad.