Après avoir respiré des vapeurs nocives dans l'imprimerie où il travaille, monsieur Carossa tombe malade. Par crainte d'un licenciement, il demande au médecin le silence. Et puis, un jour, il ne se lève pas. Comme un animal écrasé sur la route, il gît, à même le drap.
La force de ce livre réside dans son écriture atonale, blanche. Il semble que ce soit une caractéristique de la manière de Ravey, un auteur qui m'était inconnu jusqu'ici mais dont le style m'a séduit et que je découvre avec plaisir.
Lindbergh, un jeune garçon français vivant en province dans les années 50, regarde son père mourir d'une longue maladie industrielle, sa mère tenter de maintenir la paix et le maintien du ménage. Tout ça, c'est du quotidien à son plus simple, mais superbement raconté par une série de brèves observations.
L’écriture de ce livre est fascinante. L’auteur parvient à raconter une histoire empoignante dans une plume froide et prosaïque. Cela dit, ça ne peut pas plaire à tout le monde. De plus, le lecteur et les personnages possèdent un point commun : l’absence d’émotions. Il ne les laisse pas paraître dans les personnages. De même que pour le lecteur, le temps du présent nous empêche d’invoquer un quelconque émoi. Le livre peut être un parfait sujet d’analyse. La vision de la mort, du travail et du corps qui se dégrade est très intéressante. Trois étoiles pour cette découverte.