Après avoir longtemps refusé d’y toucher, les sciences sociales découvrent que la société marche aux désirs et aux affects. Mais quand on voit que l’économie, bien dans sa manière, poursuit son fantasme de science dure en s’associant maintenant avec la neurobiologie, on devine que le risque est grand que le « tournant émotionnel » porte à son comble le retour à l’individu et signe l’abandon définitif des structures, institutions, rapports sociaux, qui, par leur construction, sont coupables de ne pas faire de place aux choses vécues.Comment articuler les émotions des hommes et le poids de détermination des structures? Comment penser ensemble ces deux aspects également pertinents, et manifestement complémentaires, de la réalité sociale – que rien ne devrait opposer en principe? Tel est le projet du « structuralisme des passions » que Frédéric Lordon expose dans ce livre brillant et roboratif. Mobilisant les textes de Spinoza, mais aussi de Marx, Bourdieu et Durkheim, il s’efforce de penser la part passionnelle des structures du capitalisme et de leurs crises historiques successives.Économiste devenu philosophe, Frédéric Lordon s’attache au fond par ce travail à la « réfection de nos sous-sols mentaux ». Parce que la destruction du socle métaphysique de la pensée libérale est un préalable indispensable à la transformation politique des structures.
Frédéric Lordon est un économiste français né le 15 janvier 1962. Il est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE).
Un conjunto de textos vinculados por el enfoque spinoziano de ciertos problemas sociológicos centrales y su uso para reflexionar sobre el capitalismo, especialmente, en su encarnación denominada "neoliberal".
Un essai en demi-teinte. Frédéric Lordon fait preuve d'une puissance d'analyse et exégétique tout à fait remarquable (surtout lorsqu'il s'agit d'analyser la pensée spinoziste). Les passages ayant attrait à l'épistémologie sont intéressants et nécessaires au développement de la thèse de l'auteur, quoique parfois attendus. Le problème principal du livre réside dans une glose et un "jargonnage" outrancier qui diminue la puissance de la démonstration. L'essai se complaît alors dans la répétition, la déclinaison sans fin des concepts, chaque fois formulés d'une manière différente. Je soupçonne un goût prononcé de l'auteur pour les élucubrations théoriques, ce qui rend l'ouvrage peu accessible, et ce, non pas par nécessité conceptuelle, mais plutôt par snobisme intellectuel.