Pour ceux qui comme moi pensent que les polars français manquent un peu d’imagination, ce roman est pour vous. En effet, si l’intrigue semble un peu convenue ce que semble souligner cet excellent résumé bateau… un surprenant et osé coup de théâtre en plein milieu du roman va remettre en question cette impression. On suit tranquillement l’enquête menée par toute l’équipe, et l’on va vite s’apercevoir que la situation personnelle de cette bande de flics va interférer avec leur boulot. Au début, j’avoue que j’ai eu une impression un peu mitigée avec une description de tous les personnages, sans aucune nuance, à l’emporte pièce (pour ne pas dire avec de gros sabots), avec même des remarques misogynes en prime.
Mais justement, ces portraits s’affinent astucieusement. L’atout de cette histoire, c’est que l’autrice parvient à rendre ses personnages tour à tour antipathiques, émouvants, très inquiétants, courageux et lâches… tout à la fois, mais aussi avec plusieurs facettes déstabilisantes, tout en n’approfondissant pas avec des gros passages psychologiques qui pourraient ralentir le rythme. Il y a donc un petit côté british, avec ces personnes quelque peu fracassées qui se révèlent au détour d’un chapitre, à tour de rôle, dans une scène personnelle, mais aussi une petite touche à l’américaine avec cette enquête qui avance de façon très efficace. Dans le dernier tiers du roman, Julie Bind lance le turbo, accélérant l’action et le danger. Cela n’a rien d’original mais c’est parfaitement maîtrisé.
Une très bonne surprise, avec une fin ouverte… selon les personnages, ce qui promet une seconde enquête. Quand on ajoute que l’autrice a eu la très bonne idée de situer son intrigue en Touraine… et en Dordogne, tout en ne jouant jamais, mais alors jamais sur le côté terroir, on obtient un très bon polar passionnant de bout en bout ! Pas étonnant que ce roman ait eu un prix…