De 66 à 44 avant J.-C., les crises à Rome se succèdent et s'aggravent jusqu'à embraser le monde méditerranéen tout entier. L'historien grec Appien d’Alexandrie se montre fasciné par le spectacle de ces passions politiques déchaînées, par cette scène perpétuellement changeante sur laquelle défilent des acteurs illustres et consommés, dans toutes sortes de rôles : César l’audacieux, Pompée le rusé, puis le désemparé, Cicéron le vaniteux, Clodius l’impétueux, Caton le vertueux, Antoine le débrouillard, Lépide le maladroit… Le destin se joue de tous les héros et leur réserve une grande diversité de fins tragiques auxquelles se mêlent des épisodes grotesques.
Philippe Torrens est professeur agrégé des lettres et docteur en histoire ancienne.
Appian of Alexandria (/ˈæpiən/; Ancient Greek: Ἀππιανός Ἀλεξανδρεύς, Appianós Alexandreús; Latin: Appianus Alexandrinus; ca. AD 95 – ca. AD 165) was a Roman historian of Greek ethnicity who flourished during the reigns of Emperors of Rome Trajan, Hadrian, and Antoninus Pius.
He was born circa 95 in Alexandria. He tells us, after having filled the chief offices in the province of Aegyptus (Egypt), he went to Rome circa 120, where he practised as an advocate, pleading cases before the emperors (probably as advocatus fisci), that in 147 at the earliest he was appointed to the office of procurator, probably in Egypt, on the recommendation of his friend Marcus Cornelius Fronto, a well-known litterateur. Because the position of procurator was open only to members of the equestrian order (the "knightly" class), his possession of this office tells us about Appian's family background.
His principal surviving work (Ῥωμαϊκά, known in Latin as Historia Romana and in English as Roman History) was written in Greek in 24 books, before 165. This work more closely resembles a series of monographs than a connected history. It gives an account of various peoples and countries from the earliest times down to their incorporation into the Roman Empire, and survives in complete books and considerable fragments. The work is very valuable, especially for the period of the civil wars.
The Civil Wars, five of the later books in the corpus, concern mainly the end of the Roman Republic and take a conflict-based approach to history.
Le deuxième livre des guerres civiles romaines d'Appien décrit la période suivant la dictature de Sylla, dont on découvre qu'elle n'a pas entièrement réduit l'esprit séditieux des ambitieux, mais l'a au contraire enflammé. La conjuration de Catalina, par ailleurs largement décrite par Salluste, et dont les décisifs discours de Cicéron nous sont parvenus, sont évoqués, et replacés dans le contexte global de l'époque. Mais outre Cicéron, la figure qui se détache brusquement est celle de César, le célèbre général qui incarne plus qu'aucun autre l'archétype de l'ambitieux populiste. Moins que ses conquêtes, ce sont les événements qui suivent sa décision de tourner les armes contre sa patrie qui intéressent Appien, et la terrible guerre qui va l'opposer à Pompée. Les dés sont jetés. Les républicains, pressés par l'audace de César vont tout perdre en cédant à la précipitation, malgré une situation bien meilleure. Volant de part et d'autre de l'immense territoire qu'il a lui même augmenté, il met au pas un à uns les adversaires qui se dressent devant lui, faisant preuve d'une chance sans exemple. Veni vidi vici. Appien est un maître psychologue, il redonne vie à ces personnages hors du commun.