Fuir — échapper au pire, même si c'est aller vers le médiocre.
Voilà qui semble être l'incessant parcours d'Emmy.
Autant son passé est léger en informations, autant il pèse lourd sur le présent de cette femme archi-discrète qui ne se plaint jamais de rien. Qui ne réclame jamais rien.
Et pourtant, personne ne sait mieux qu'elle prendre soin des délaissés et des esseulés de la terre. De ceux qui n'attirent plus le regard ou l'attention des bien portants.
Ces désertés que la société isole dans des conditions minimalistes.
Jacky, une des personnes affaiblies dont s'occupe Emmy, s'avère une alliée inattendue. C'est avec un regard respectueux et perçant qu'elle observe la préposée aussi efficace que silencieuse.
Sans Jacky, cette batailleuse acharnée qui sait clouer le bec aux mensonges et démolir les préjugés, cette femme qui ne craint plus rien, sans Raymonde et ses trésors culinaires parfaitement à l'image de son humanité, que serait le destin d'Emmy, cette femme étrange et pourtant si attachante, cette femme venue du fond noir de notre passé, celle dont même le prénom provient d'un malentendu?
Avec ce roman plus poignant que jamais, Marie Laberge nous happe et, d’un trait vif, nous propulse au cœur des ténèbres et au-delà, dans un récit qui suscite en nous l’étonnement, l’impuissance, la révolte, mais surtout l’espoir.
Marie Laberge est née à Québec (Québec, Canada). Elle étudie chez les Jésuites, puis s'initie à la danse avec Ludmilla Chiriaeff. Après des études en journalisme, qu'elle abandonne en 1970, elle se consacre aux activités théâtrales et entre au Conservatoire d'art dramatique de Québec, d'où elle obtient un diplôme en 1975. Elle joue dans différentes pièces de théâtre à Québec, avant de faire de la mise en scène et de l'enseignement en art dramatique. En 1981, elle quitte Québec et s'installe à Montréal. En 1983-1984, elle enseigne et est directrice du département de théâtre de l'université Laval.
En tant que dramaturge, elle signe vingt pièces, dont la plupart sont jouées au Québec et dans divers pays européens. Parmi les plus notables, soulignons
L'Homme gris, jouée en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Lettonie, dans les langues respectives de ces pays, Oublier (prix de la meilleure production théâtrale de Bruxelles 1987-1988), Aurélie, ma sœur (produite en 1994 au Gate Théâtre de Londres), Le Faucon, présenté en 1996 au Festival des Francophonies en Limousin à Limoges. Elle est aussi scénariste, administre le Théâtre du Trident (1977 à 1980) tout comme le Centre d'études en art dramatique (1978 à 1981), dont elle est la présidente de 1987 à 1989.
Marie Laberge écrit cinq romans avant de rédiger la trilogie intitulée Le Goût du bonheur (Gabrielle, Adélaïde et Florent), qui se vend à plus de 500 000 exemplaires.
En mai et juin 1995, elle rédige le préambule de la Déclaration d'indépendance du Québec en collaboration avec Gilles Vigneault, Fernand Dumont et Jean-François Lisée, entre autres.
En 2006, elle écrit une chanson pour Céline Dion intitulée Le temps qui compte, mise en musique par Jacques Veneruso. Cette chanson parait sur l'album D'Elles, sorti le 21 mai 2007.
Entre 2009 et 2011, Marie Laberge publie un roman épistolaire - Les lettres de Martha - une correspondance qu'elle entretient personnellement 26 fois l'an avec ses lectrices et lecteurs inscrits.
Un peu long à décoller mais un coup embarquée, les personnages sont attachant et la critique sociale prend le dessus. Encore une belle oeuvre sur la condition des femmes par cette auteure que j'apprécie beaucoup.
Des allers-retours entre le passé et le présent qui ont fait en sorte que ça m'a pris du temps à m'accrocher, mais une protagoniste attachante et une fin poignante d'émotions.
C’est le premier roman que je lis de Marie Laberge. Je ne sais pas s’il est représentatif de son œuvre, mais il ne me donne pas le goût d’en lire d’autres. Je n’ai pas aimé le style de l’auteure et je crois que ce roman aurait gagné à être mieux structuré. Même si les thèmes abordés m’intéressaient, je trouvais certains détails répétitifs et je n’arrivais pas à m’attacher au personnage principal. TRAVERSER LA NUIT a été pour moi un véritable somnifère.
Wow,! Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un livre avec une prose aussi riche. Cela fait tellement de bien de se laisser bercer par l’écriture de cette auteure qui nous amène à vouloir ralentir notre rythme pour en profiter au maximum. Une histoire simple et émouvante qui ne laisse pas le lecteur indifférent. Quel brillant ouvrage.
I read this book in its original French publication language. A quick English summary: I chose to read this book firstly because the cover caught my attention, and then because the summary on the back gave the cover even more meaning. Marie Laberge’s Traverser la nuit is a beautifully haunting tale of one woman’s desperate journey to erase her very existence and empty her life of all meaning. But why this quest for emptiness? The beauty of the story is the because!
Une histoire qui saute un peu partout sur la ligne du temps, qui nous dévoile aussi des sursauts d’émotions et des contradictions profondes à l’intérieur du personnage principal d’Emmy.
De Parti. That’s it. à Merci. Mais non. Emmy est une femme de peu de mots. Une femme perplexe et remplie d’émotions qui l’angoissent. Il faut refuser toute attention.
Le titre, traverser la nuit, évoque plusieurs passages de cette histoire. Car pour Emmy, tout semble si compliqué et demander tellement d’effort. Petit à petit, le mystère d’Emmy se dévoile, expliquant pourquoi tant de choses d’apparence si anodines sont devenues remplies de difficultés et de retenues, et surtout pourquoi elle se sent et se croit si vide de tout, si vide tout court.
Traverser la nuit, c’est aussi traverser la vie, en essayant toujours de s’y faire et de se défaire, de tout faire pour oublier pour en bout de ligne se rappeler... de se perdre pour enfin se trouver!
À travers de multiples bonds sur la ligne du temps, petit à petit, Marie Laberge nous aide à découvrir Emmy, et surtout, nous rappelle qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. C’est bien sûr une bien vieille leçon de morale, mais une réalité qu’on oublie trop facilement de nos jours! Même les préposées aux soins et au ménage sur lesquelles ont se fient tellement aux pires moment de nos vies, ont leur propre histoire, leur propre traversée.
Et au cours de ces trajets, on rencontre souvent des personnages clés, des panneaux de signalisation humains, tels Jacky et Raymonde Pépin!
Une très belle lecture qui, même si elle aurait pu être plus longue, parvient tout de même à nous toucher profondément.
Bienveillance envers son héroïne, envers ses écorchées. Voilà ce qui me vient à l’esprit Quelle belle écriture et quelle maîtrise de la langue qu’a Marie Laberge. Et le titre est parfait! J’ai adoré et j’ai dévoré ce roman.
Je trouve dommage de ne donner que 2 étoiles à un Marie Laberge. Mais j'ai été incapable de m'attacher au personnage principal même si je comprends que sa vie a été vraiment difficile.
Emmy, cinquantenaire, vient de tout laisser derrière elle. Elle trouve refuge chez Raymonde Pépin qui loue des chambres dans sa propre maison. Cette proprio bienveillante prend sous son aile cette femme discrète et silencieuse. On sait peu de choses d’Emmy. Elle a grandi dans un orphelinat; son enfance esseulée a laissé des blessures qu’elle traîne depuis. Elle s’est enfuie du pensionnat à l’âge de 13 ans, notamment pour échapper aux agressions sexuelles commises par un prêtre de l’endroit. Ensuite, elle vit de petits boulots en petits boulots : laver, nettoyer, rendre service. Toute sa vie, elle a eu l’impression de n’être rien. Engagée sans papier dans une résidence privée pour personnes âgées, Jacky, une vieille dame allumée dont elle s’occupe, voit la bonté en elle. Chacune à leur façon viendront changer la vie de l’autre.
Petit roman qui se lit rapidement et qui interpelle le lecteur sur les priorités de la vie en cette triste période de pandémie. Le personnage d’anti-héros d’Emmy est central. C’est dans sa simplicité qu’elle touche les autres. En faisant d’Emmy l’héroïne, l’autrice va à contre-courant. Ces femmes qui manquent autant d’estime de soi, qui n’exigent rien, qui ne démontrent pas d’agressivité, sont rarement l’héroïne de roman. C’est un hommage que leur rend Marie Laberge.
Citations: « Quand on arrive au bout de sa vie, on se rend compte qu’on a accordé une importance démesurée à des niaiseries. » p. 30
« Regretter, c’est accorder de l’importance à ce qui n’est plus. » p. 133
« Naître rien ne veut pas dire ne rien devenir, n’être rien. Si les damnés, les exilés, les méprisées de la terre trouvent une issue et recommencent une vie, rien ne l’oblige à macérer dans son passé et à le répéter. Rien, sauf sa conviction intime de ne pas valoir la peine, de n’être encore et toujours que ce qu’elle était au départ: rien. » p. 173
Encore une fois, la magie a opéré avec ce roman de Marie Laberge ! J’ai débuté ma lecture avec un sentiment partagé : autant j’avais adoré mes précédentes expériences de lecture de l’œuvre de Marie Laberge, autant ce roman me semblait très sombre et me faisait donc un peu peur…
L’écriture est comme toujours magnifique, à la fois poétique, concise. La langue est belle et les mots sont choisis avec soin. Là où nombre d’auteurs Québécois ont tendance à vouloir utiliser de l’argot Québécois dans leurs dialogues, Marie Laberge met un soin particulier à l’ensemble du livre.
Alors oui, le thème est très dur, très sombre mais en même temps, il dégage une grande force et une belle lumière. Le destin de la jeune Emmy est tragique, horrible, inhumain mais il est raconté avec beaucoup d’humilité et de retenue. Chaque épreuve vécue dans son enfance représente un fardeau de plus en plus lourd à porter. Elle ne sait pas comment être heureuse, on ne lui a jamais appris. Elle ne sait pas non plus aimer ni être aimée. Cela aussi elle doit l’apprendre. La carapace qu’Emmy s’est forgée pendant toutes ces années va petit à petit se fissurer au fur et à mesure des belles rencontres qu’elle va faire. D’abord Jacky puis Raymonde.
C’est un livre qui raconte les horreurs que certains humains ont pu commettre, sans concession mais avec beaucoup de grâce et de pudeur. C’est surtout un livre porteur d’espoir, qui démontre la force et le courage de cette jeune femme qui a été détruite au plus profond d’elle-même. C’est enfin un livre qui raconte un pan honteux de l’histoire Canadienne, pour ne pas oublier : celui des pensionnats autochtones.
Marie Laberge fait partie de mes auteurs préférés. Sa plume est encore et toujours impeccable et enivrante.
Je me suis parfois perdue dans la chronologie des événements par la façon dont le récit est structuré. Les thèmes abordés m’ont moins rejoints qu’à l’habitude.
Somme toute, les oeuvres de Marie Laberge restent incontournables au Québec. Je ne conseille pas Traverser à ceux qui veulent découvrir cette auteure, car ils resteraient sur leur faim…
3.5 Histoire touchante qui se découvre au fil des pages. Emmy s’occupe de Jacky, une vieille dame, qui s’attachera à elle. Plus tard, elle quittera un mari violent pour s’établir à Joliette. Elle prendra une chambre chez Raymonde. Elle a toujours subi, croyant que c’est ce qu’elle méritait. Elle n’a jamais parlé de son passé. C’est donc ce passé qu’on découvrira.
Fond de l’histoire sombre qui nous ramène à notre malheureux passé et qui montre les effets sur une personne. J’ai aimé suivre Emmy dans son histoire. Le but est un peu plus long, mais dès qu’on embarque on a hâte d’en savoir plus. L’espoir présent tout au long de l’histoire fait du bien ainsi que la fin positive.je recommande.
Sur les 175 pages du livre, ça m’a pris au moins les cent premières pour l’apprécier...Je n’ai pas été capable de m’attacher au personnage principal. Ceci dit, les propos des personnages secondaires sur les réflexes de fuite et la peur des autres m’ont fait réfléchir.
3.5 ⭐️ J’ai mis beaucoup de temps à m’accrocher à l’historie, que j’ai mise de côté et reprise à plusieurs reprises. Par contre, une fois accrochée, je voulais connaitre la fin de ce récit. Une histoire dure, mais belle.
J'ai versé plus d'une larme. Des réflexions humaines universelles, une écriture tellement sensible, une personnage attachante malgré qu'elle cherche à fuir tout lien affectif. Des femmes lumineuses malgré la dureté du récit.
Une histoire singulière, plus difficile de s’attacher aux personnages. C’est gris et empreint de solitude. Je ne l’ai pas dévoré, mais ça se lit bien. Je ne le recommanderais pas particulièrement.
Je dirais 2 étoiles 1/2...je suis une grande fan de Marie Laberge, mais, sans trop pouvoir expliquer pourquoi, ce roman ne m'a pas touchée/intéressée réellement.
J’ai beaucoup aimé. Quelques longueurs selon moi à certains endroits (surtout vers la fin), mais j’ai été surprise par une telle écriture de Marie Laberge.